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jeudi 10 mai 2012

Nos politiciens sont des ignorants


En attendant de parler plus tard de ceux qu’on appelle «militants» et des abus dont ils sont victimes, intéressons-nous, pour l’heure, à ces personnes qu’on appelle les “politiciens” et interrogeons ce qu’ils savent vraiment. Alors, que savent-ils donc ces animateurs de la vie politique ? Posez-leur de petites questions d’actualité nationale et internationale et vous verrez. Je vous en propose une courte sélection.

a) Questions d’actualité nationale :
Bonjour Monsieur, Madame. C’est quoi une institution étatique? C’est quoi le PIB et/ou le PNB d’un pays? Qu’en est-il de ceux de notre pays ? A quelle réalité se réfère le taux d’intérêt? Comment mesure-t-on l’indice de la pauvreté dans un pays? Quelle est la densité de la Côte d’Ivoire? A quel taux d’intérêt sommes-nous aujourd’hui et quelles sont les prévisions de votre parti pour l’avenir de notre pays?...

b) Questions d’actualité internationale :
Monsieur, Madame, quelle est, selon vous, la solution à terme pour l’Afrique? Quel regard jetez-vous sur le Proche et Moyen Orient? Que faut-il faire pour plus de justice en matière d’échange Nord/Sud?...

 c) Les réponses :
Aussitôt que vous avez posé ces questions, détendez-vous et écoutez les réponses. Vous n’aurez absolument rien comme réponses, parce que ces “politiciens” ne savent rien eux-mêmes. Ils n’ont aucune culture, aucune expérience et ne peuvent offrir aucune réponse correcte, ni aucun bilan en la matière.
 Leur spécialité, c’est la propagande, le mensonge et le culte de la personnalité. Ceci est surtout le problème qui ronge la Côte d’Ivoire. Et, si on nomme ces gens-là des “politiciens” et non des “politiques”, c’est parce que cela convient mieux et comporte tout le sens du raisonnement.  

Bamba Abdoul Karim

mardi 31 janvier 2012

Bonne année !

Mon frère, ma sœur, je souhaite Bonne et heureuse année ! Santé de fer, d'acier, de manganèse, de bauxite, de phosphate, etc.

Que le Seigneur t'accorde tout le bonheur du monde. Que l'année nouvelle te permette de réaliser tous tes rêves, même les plus insensés.

Cette année, Dieu nous rendra visite, chez nous à domicile. Le ciel descendra à quelques centimètres de nos têtes afin que nous puissions compter les étoiles. Joyeuse année donc. Nous pouvons croiser nos bras maintenant, et si nous avons tant sommeil, dormir en nous enveloppant dans le drap de nos illusions.

Voici donc une nouvelle année. Une autre année. Bonne et heureuse année à tous et à toutes !

Personnellement, cette période d'échange de vœux m'agace un peu. Au-delà du rituel, les comportements (ceux des Africains surtout) sont trop mécaniques. On en retient chaque fois la dimension festive. L'aspect carnaval. Le moment de jouissance. On hurle, on se trémousse et on milite en faveur de tous les excès. Après quoi, on distille des "Bonne année" sans fondement.

Une nouvelle année est forcément l'occasion d'un bilan ; et un bilan s'établit en fonction d'un ou des objectifs. Il peut être individuel ou général.

Quel bilan peut faire la Côte d'Ivoire au terme de l'année qui vient de finir ?

J'observe, pour ma part, que ce bilan est à la fois négatif et honteux.

J'ai, en effet, honte de voir mon pays comme un protectorat. Honte de le voir couper en deux avec des administrations différentes. Honte de constater le pillage systématique de nos ressources par les rebelles. J'ai honte de voir les Ivoiriens affamés, errant sans espoir dans leur propre pays.

J'ai honte du sort des "déplacés de guerre". J'ai vraiment honte de voir mon pays administré depuis le conseil de sécurité. J'ai honte de la transition politique. J'ai honte face au désarroi de mon peuple. J'ai d'autant plus honte que j'ignore la fin de cette crise qui déshumanise. Joyeuse année 2012 ! Si 2011 a été une très bonne année pour la rébellion, on ne peut dire autant pour le peuple de Côte d'Ivoire.

Une année nouvelle n'a jamais été porteuse de miracle. L'année change chaque fois à la même période. Elle a chaque fois une durée de 12 mois. Ce qui compte c'est de changer de comportement face aux enjeux du développement.

Pour 2012, j'invite les Ivoiriens à ne pas réfléchir par procuration. Qu'ils revendiquent leur propre intelligence. Je souhaite qu'ils examinent, par eux-mêmes, les raisons qui motivent leur misère et qu’ils contribuent à sa résolution.

Bamba Abdoul Karim

Paru dans Le Filament N°18

mardi 22 novembre 2011

Le mariage forcé

19 septembre 2002, 3 Avril 2003. Entre ces deux bornes chronologiques, la Côte d'Ivoire a révélé au reste du monde la trame répugnante de ses contradictions internes; ses conflits d'intérêts et ses querelles byzantines. Et, au terme de sept mois de déflagration politico-sociale, le pays de Laurent Gbagbo vient d'inventer un gros gouvernement dit de "réconciliation nationale". Les télévisions françaises et anglaises notamment, ont pris soins, en dépit d'une actualité abondante, de diffuser, à travers leurs chaînes câblées, les images de ce qui ressemble à un “mariage force” entre le Président ivoirien et la rébellion. 

Le mariage forcé

Au dernier Conseil, tout le monde était semble-t-il présent, chacun confirmé dans sa nouvelle posture ministérielle. Le tout assorti d'une invitation à la rébellion de rengainer ses kalachnikovs. Après quoi, on pouvait se tenir dans la trajectoire des caméras et se faire mitrailler par les flashs en vue de l'historique photo de famille. Le énième gouvernement de la seconde République est né. Chacun en connaît la nomenclature, même si, pour tous, sa mission relève de l'énigme. Votre navigateur ne gère peut-être pas l'affichage de cette image. 

Dans cette photo, cette image à la fois irrationnelle et surréaliste, M. Gbagbo rit largement et pour cause : il est finalement resté au pouvoir (ou dans le pouvoir) sans avoir vaincu la rébellion sur le champ de bataille. Au lieu d'une attaque frontale en effet, le Président a préféré donner à manger à ses adversaires dans le grand restaurant gouvernemental. Pour y parvenir, ceux-ci ont tué énormément, enjambé les cadavres de leurs "compatriotes", plongé le pays dans le chaos et revendiqué avec l'appui de forces étrangères, ce qu'ils ne pouvaient obtenir autrement. Quel itinéraire! 

Ils entendent maintenant se gaver du trésor public ivoirien et roter allègrement. L'appétit venant en mangeant, où vont-ils s'arrêter? Vont-ils s'emparer du restaurant?... 

Observons un peu l'équipe de M. Seydou Elimane Diarra. Il est gros comme s'il ne s'agissait pas d'un Gouvernement. Il ne manque certainement pas de faire sourire. On a l'impression, en effet, de voir deux équipes de football à quelques heures d'un derby. Et pourquoi ne pas penser à un club de rugby, quand l’on sait que c'est dans un centre de ce sport qu'a été évoquée, pour la première fois, l'idée de ce gouvernement? 

Le Président ivoirien, lui, demande à ses nouveaux collaborateurs de se mettre au travail et il sourit pendant que ceux-ci ont la mine serrée, voire l'air apeuré. Mais, dites-nous : de quel travail s'agit-il? De la mise en œuvre du programme du FPI?... J'en doute fort. Car, pourquoi et en vertu de quoi le feraient Henriette Diabaté et sa guérilla? 

En tout cas, moi, ma conviction m'incline à réaliser que ces gens ont leur programme à eux. Et, au cœur de ce programme, il y a l'avènement d'Alassane Ouattara au pouvoir. S'ils ont l'impression que la réalisation de ce projet s'avère impossible dans l'actuel gouvernement, ils mettront fin au mariage, plongeront le pays dans une autre guerre qui débouchera, croient-ils, sur la prise du pouvoir intégral.

En attendant, disons félicitation à ces mariés qui n'ont guère la même appréhension de leur union, pour le moins extraordinaire, sinon forcé. 

Bamba Abdoul Karim

mercredi 26 janvier 2011

Marcoussis ou les accords du raccourci


Peut-être, saura-t-on un jour les raisons du mélodrame ivoirien. Peut-être, en identifiera-t-on également les commanditaires, tous les commanditaires; c'est-à-dire, ceux qui au delà des mannequins affamés que nous connaissons désormais, l'ont inspiré, planifié et y ont injecté des sommes faramineuses.

On a longtemps glosé en effet et une littérature abondante existe qui témoigne des objectifs visés par une cabale qui selon toute vraisemblance couronné les efforts d'une guérilla à l'identité opaque.

Je me propose pour ma modeste part de m'instruire davantage et d'exposer à terme l'opération du 19 septembre dans ses extrêmes caractéristiques. Plus qu'un pari, il s'agit d'un sacerdoce. Aussi, voudrais-je humblement prendre langue ici avec les milliers de lecteurs qui chaque jour manifestent un intérêt certain pour ce site.

En attendant, les Ivoiriens sont taraudés par l'incertitude et observent avec une gueule de bois l'émiettement de leur pays. Après avoir déposé aux pieds de l'Elysée la coupe débordante de leur préoccupation, ils se rendent compte hélas, que le pompier est un pyromane à la fois vulgaire et glouton. Linas-Marcoussis pensaient-ils en effet, devait célébrer la souveraineté de leur Etat, en magnifier les institutions avec en prime, le respect des textes qui la seconde république de Côte d'Ivoire … que non, bien au contraire.

En de petites bandes, l'on a convoyé ceux qui se sont plus dans des apparats de "représentants" : des organisations dites politiques (ou ce qui en tient lieu) mais aussi des délinquants et ceux qui les poussent dans le dos.

Dans ce centre de rugby (la symbolique est fort assommante), l'on ne pouvait que rudoyer la dignité des Ivoiriens et insulter leur intelligence. Ramenons à notre réflexion le contenu de la besace de Linas-Marcoussis: mise en place d'un gouvernement aux compétences énigmatiques, nomination d'un premier ministre inamovible voire un chef d'Etat-bis, infiltration et mise sous tutelle de l'armée nationale, mise en cause de la nature du régime lui conférant même les allures d'un régime parlementaire, etc.

Une kyrielle de dispositions donc qui arrachent aux Ivoiriens le contrôle de leur destin. Quelle pagaille! Mais alors quel activisme! Pourquoi s'est-on doté d'une loi fondamentale en 2000 s'il était aussi facile de la sodomiser? Pour le compte de qui se livre-t-on à de tels errements?

Quant au peuple de Côte d'Ivoire il semble avoir clairement signifié que Linas Marcoussis ne lui était pas opposable. Je partage ce sentiment. Après l'échec du 19 septembre, Marcoussis apparait en effet comme le chemin le plus court pour la prise du pouvoir à Abidjan.

Bamba Abdoul Karim

Paru dans Le Filament N°12
 

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