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vendredi 11 mai 2012

Présidentielles françaises : le sort de Nicolas Sarkozy


Les écarts de langage et de comportement du Président sortant de la France, monsieur Nicolas Sarkozy, sont tellement nombreux que nous n’oserons pas les énumérer tous.  Les analyser en profondeur serait aussi synonyme de perte de temps.  Or, notre temps à nous est précieux. Mais, rappelons quelques faits.
Simplement, souvenons-nous du discours de monsieur Sarkozy à Dakar à l’Université Cheikh Anta Diop en juillet 2007, en présence de monsieur Abdoulaye Wade et de centaines d’enseignants et d’étudiants qui ont applaudi à grands cris.  Nous pardonnons les professeurs et leurs étudiants parce que nous croyons qu’ils n’avaient pas compris les injures adressées à toute l’Afrique à travers eux.  Monsieur Sarkozy, ce jour-là, et parmi tant d’autres choses, a dit de l’Africain : «Le drame de l’Afrique c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire… ».  Est-ce de l’amnésie qui serait en train de guetter monsieur Sarkozy ou une autre façon d’étaler son ignorance ? La réponse à cette question nous a été donnée le samedi 14 avril 2012 dernier. 

Ce jour-là, l’homme politique extraordinaire (tant par sa taille que par ses idées et sa politique) que le monde ait connu, a demandé pardon à l’Algérie, au moment de la cérémonie de partage des médailles aux anciens combattants. Cette cérémonie cache sans doute un seul objectif cynique : la conquête ou reconquête de l’électorat arabe français.  Sinon, jusqu'à ce que le contraire soit prouvé, les Algériens sont des Africains. Or, ceux-ci, selon monsieur Sarkozy, n’ont pas d’histoire.  Nous reprenons ce que le tuteur  des tyrans africains dit: «Le drame de l’Afrique c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire… ». 
L’autre point montrant le cynisme de monsieur Sarkozy est que c’est sous sa présidence que la France est devenue un état où seule la chrétienté a de la place.  La France a perdu sa laïcité.  Il a banni le port du voile.  Des femmes ont été arrêtées.  Certaines ont été menacées de perdre la nationalité française. D’autres ont été publiquement humiliées.  Et, le peuple français, très attaché à sa liberté, a regardé les choses suivre leur cours « normal ». 
En France, le prix des denrées, y compris la baguette de pain, ont en ces temps de crise ou le chômage est à son point culminant et la zone Euro durement secouée.  Toute la France se versera dans la rue pour crier : « réparation et arrêt de travail parce que famine ».  Mais, cette France qui chante : « Liberté, Egalité et Fraternité», s’est tue devant l’abus de pouvoir de monsieur Sarkozy qui a pris sur lui la responsabilité de retirer à des millions de personnes leur droit fondamental.  Ou encore, la grande France des libertés, de toutes les libertés confondues, serait-elle restée muette si monsieur Sarkozy avait interdit le port du petit ou du grand chapeau aux Juifs français ou le port de la croix aux chrétiens dans tous les lieux ?...  

Comme les Algériens qui, en majorité sont des musulmans dont les femmes et les filles subissent les reformes de monsieur Sarkozy dans « l’affaire du voile », beaucoup de Roumains et Roumaines ont été humiliés et jetés hors du territoire français, au nom de la politique « d’une France sans déchet humain » de monsieur Sarkozy.  La question est de savoir ce que prépare le « boudeur de David Cameron » pour se racheter auprès de l’électorat roumain ?   Que fera aussi monsieur Sarkozy pour demander pardon aux Anglais résidant en France et qui voteront lors des présidentielles prochaines ?  Le connaissant, nous le voyons en train de réunir quelques « amis » journalistes et cameramen pour « une conférence de presse » pour s’adresser au peuple français dans le souci de « tout régler » comme si celui-ci n’est pas assez fatigué de le voir chaque jour sur le petit écran. 

Enfin, comme la vertu s’échappe par la cheminée lorsque la politique fait son entrée par la porte, nous sommes très convaincus que monsieur Sarkozy, spécialiste des trouvailles, inventera encore quelque chose pour éviter d’être oublié par l’histoire.   Sinon, nous lui rappelons que toutes ses simagrées et ses comédies électoralistes ont été mises à nu, que les électeurs ont déjà décidé de son sort et qu’il répondra de tous les crimes qu’il a commis.   

Sylvain de Bogou

samedi 20 novembre 2010

Afrique : Il nous en finir avec les illusions démocratiques

En lisant Le filament, une citation, parmi tant d’autres, a retenu mon attention et pose l’épineux problème de la lutte contre la pauvreté dans les pays sous développés : « celui qui vend sa voix est aussi méprisable que celui qui l’achète ».

Celui qui vend ne doit pas être logé à la même enseigne que celui qui achète.

Un chef de village analphabète pris en flagrant délit de vente de sa carte d’électeur et des membres de sa famille a répondu qu’il assumait son geste parce que son vote ne servirait à rien, étant donné que sa décision de pauvre ne peut rien changer à ce que les riches ont décidé... L’argent issu de la vente va permettre de subvenir aux besoins de sa famille pendant plus de trois mois. Cela pose le problème de l’ignorance, de l’espoir déçu.

Des concepts ont été imposés à l’Afrique : démocratie, bonne gouvernance, suffrage universel sans tenir compte des réalités africaines.

Après cinquante ans d’indépendance et 20 ans de démocratie, Il nous faut avoir l’audace de revisiter la boîte noire de nos démocraties, de faire l’inventaire des politiques d’aide au développement, d’analyser le suffrage universel qui s’inscrit dans la logique de « celui qui gagne prend tout » : autant de choses qui continuent de plonger l’Afrique dans une misère abjecte.

Les Africains doivent composer leur modernité à partir de leur identité culturelle et promouvoir les valeurs fondamentales.


En plus des valeurs économiques, vitales, affectives, si nous voulons un monde plus libre, plus respectable et plus sérieux, nous devons promouvoir trois valeurs fondamentales en plus de ces valeurs déjà reconnues : la conscience, l’honnêteté, la responsabilité.

La conscience : elle évite l’enténèbrement de l’esprit et la crétinisation de la masse, sachant que la société n’est pas un troupeau somnolent gouverné par quelques individus prenant les décisions à sa place.

L’honnêteté : elle met l’accent sur un sens élevé d’intégrité et se traduit par le fait que les biens qui nous ont été confiés ne doivent pas être employés à mauvais escient. L’honnêteté est cohérence avec soi. On ne peut être honnête avec autrui qu’en étant honnête avec soi même. En d’autres termes, celui qui est malhonnête avec autrui est malhonnête avec lui-même.

La responsabilité : elle sous-entend que nous avons de la sollicitude envers ce qui nous est confié et ce dont nous avons la garde, et que nous avons conscience des conséquences de nos actes.


Sauver l’Afrique des illusions démocratiques

Nos indépendances ont été déjà un échec ce qui nous a conduit à mettre en place des sociétés démocratiques avec beaucoup d’attachement aux « valeurs démocratiques » mais, qui ne sont que des illusions démocratiques. Ainsi donc, l’expression « Valeurs démocratiques » est un discours vide, un discours somnifère servi au peuple. Pour Alan Bloom, l’auteur de L’âme désarmée, c’est « une incantation creuse ». Il nous faut sauver l’Afrique, attaquer la pauvreté, définir les concepts de démocratie, par rapport à notre identité réelle. C’est un débat tout entier et très profond. Permettez-moi de vous adresser cette réaction à chaud. Pardonnez-moi d’avoir dit certaines vérités qui choquent et dont les politiciens n'ont pas besoin.

Madame Anne Cica ADJAÏ (Ancien Conseiller Technique Chargée de la Moralisation de la Vie Publique).

mardi 27 juillet 2010

Autopsie de la déontologie médicale en Afrique : Le cas du Sénégal

On ne peut, à moins d’être nihiliste, refuser d’admettre que des progrès appréciables ont été accomplis en matière de santé publique au Sénégal. Le maintien du taux de prévalence du VIH/SIDA, à un niveau enviable en Afrique, et les résultats probants obtenus dans la lutte contre le paludisme en sont quelques illustrations. Mais, fondamentalement, l’œuvre médicale dans les hôpitaux publics notamment, est gangrénée par une conscience médicale comateuse irrigant des attitudes professionnelles désastreuses voire criminelles. En effet, comment expliquer qu’un médecin ayant prêté serment et dépositaire d’une mission vitale de service public, puisse tourner le dos à un mourant au motif que l’établissement qu’il dirige n’a plus de place ? Ne se serait-il pas précipité sur lui pour lui apporter des soins élémentaires s’il s’agissait de son enfant ou de son conjoint ?

L’insouciance et l’écrasement de la dignité humaine, maintes fois reprochés aux Africains, ont fini par abattre la déontologie médicale. Au-delà de l’indignation que suscite ce deuil, il convient d’en faire l’autopsie pour essayer de comprendre comment des hommes et des femmes censés apporter des soins et du réconfort aux patients ont pu s’arracher à un minimum de conscience professionnelle pour hisser l’action publique médicale au pinacle de la grossièreté.

Les symptômes pathologiques de cette mal gouvernance hospitalière sont patents et la banalisation dont ils font l’objet confirme la thèse selon laquelle l’Africain, en général, n’a de respect, ni pour la vie, ni pour la mort. L’insalubrité, le népotisme et la désinvolture règnent en maîtres souverains dans les hôpitaux, centres, postes et cases de santé sous le regard passif des autorités et des usagers. Certains malades internés partagent des chambrettes malodorantes avec des souris et des cafards, témoins d’une saleté devenue ordinaire. Par exemple, à Dakar, dans certains centres de santé situés dans des quartiers chaotiques soumis à la dictature du bruit et du désordre, des badauds déambulent sottement dans les salles de soin, violant sans conscience l’intimité des malades, y compris celle des femmes en pleine séance d’accouchement.

Le Plan SESAM dédié aux personnes âgées est régulièrement piétiné. Au service d’accueil, le personnel n’a généralement aucune sollicitude envers des malades désespérés et fait preuve d’une lenteur administrative épouvantable devant des situations d’urgence. Le malade lui-même n’est pas respecté. Lorsqu’il arrive à des heures tardives, même aux urgences, il est boudé et soumis à un service minimum et désinvolte, coupable qu’il est de troubler le sommeil du personnel de garde. Le personnel médical est d’ailleurs généralement nonchalant, désagréable et parfois impoli, sauf lorsqu’il est soudoyé par les parents du malade. Lorsque le pensionnaire est une haute personnalité religieuse, politique ou économique, le personnel de service, tout en délaissant les patients ordinaires et inutiles, s’affaire autour de lui avec un zèle ostensible, dopé par l’espoir d’une récompense corruptive.

Aux malades ou à leurs accompagnants, on demande d’acheter une pléthore des médicaments dont la plupart sont manifestement inutiles. Le médecin en administre un ou deux et, anesthésié contre la honte, subtilise le reste pour le vendre astucieusement à d’autres patients.
A la cuisine, la viande fraîche et les autres aliments réservés aux malades sont quotidiennement détournés au bénéfice des employés qui les amènent à la maison pour leur ration quotidienne, sinon vendus au public. Certains employés profitent du sommeil des malades pour voler les fruits et le lait offerts par les visiteurs.
Les toilettes des salles d’hospitalisation sont horriblement sales et ce sont parfois les accompagnants qui les nettoient pour éviter que le malade n’attrape d’autres infections liées au manque d’hygiène.

Le laxisme et la permissivité dans le service public se sont donc emparés des milieux médicaux publics où l’on retrouve des balayeuses, d’anciens accompagnants de malade et des gardiens analphabètes qui, à force de rôder dans les couloirs de l’hôpital, sont devenus sages-femmes ou infirmiers de fait. Prétentieux et usurpateurs de titre, ils traitent des malades et commettent des erreurs fatales, occultées avec la complicité du médecin traitant.
Au lieu de s’acquitter du suivi correct des malades qu’ils viennent d’opérer, de nombreux médecins, détournés de la déontologie professionnelle par l’attrait du gain financier, les abandonnent à des mains inexpertes et courent vers les cliniques privées à la recherche d’interventions onéreuses. D’autres s’empressent d’effectuer une césarienne que rien n’impose pour empocher les honoraires de l’intervention chirurgicale. On ne peut pas reprocher à un travailleur de se soucier de sa situation financière après de longues années d’études, mais les préoccupations de carrière ou de gain facile ne doivent jamais primer sur des vies humaines.
Il est vrai que l’Etat doit assurer au personnel du service public hospitalier d’excellentes conditions de travail, compte tenu de la mission capitale dont il est investi. Mais, même si, dans ce sillage, les revendications du corps médical tendant à la revalorisation des conditions d’exercice de la profession sont défendables, rien ne justifie que d’innocents malades fassent l’objet de traitements désobligeants et cavaliers de la part de ceux-là mêmes qui sont appelés à les soigner et a sauver des vies humaines.
Il est vrai que les usagers ont aussi une part de responsabilité dans le désordre qui prévaut dans les hôpitaux publics. Certains malades s’amusent à consulter des charlatans et attendent d’être au bord de la mort pour aller accabler le médecin. Et lorsqu’on les retient pour hospitalisation, ils attirent une foule inutile de parents et amis affolés qui assiègent la salle d’hospitalisation et empêchent le personnel médical de faire correctement son travail. Des parents, sortis de villages lointains, campent dans le jardin de l’hôpital, le salissent, y passent la nuit alors qu’ils ne sont d’aucun secours au malade. Certains d’entre eux déposent leur baluchon au chevet du malade pour profiter des repas apportés par les proches parents.
Si de tels agissements sont particulièrement intolérables, c’est parce qu’ils sévissent dans un secteur directement lié à la vie humaine. Mais, en réalité, ils sont symptomatiques d’un malaise général et profond qui frappe le service public au Sénégal, comme dans tous les autres pays africains, et qui s’explique conjointement par le déficit d’esprit citoyen et la mauvaise éducation.

Que faire alors pour ressusciter la déontologie médicale ?
D’abord la prévention. Il faut, en effet, veiller à ce que la santé des personnes ne soit plus confiée à des bricoleurs peu conscients de la dignité humaine, bannir les recrutements douteux et recourir à des personnes de bonne moralité pour animer le secteur clé de la santé.
Ensuite, l’éducation. C’est connu, l’éducation au Sénégal est en lambeau. On a formé beaucoup de cadres et de techniciens, mais peu de citoyens. La connaissance du corps humain et des maux qui peuvent l’affecter ne suffisent pas pour faire un médecin du secteur public ; il faut, en plus, dans ce métier sacerdotal, une conscience professionnelle et civique élevée qui résiste à l’appel de la corruption et du parti pris et qui s’aligne à la préciosité de la vie humaine.
Enfin le bâton, pour frapper, avec la dernière énergie, les pseudo médecins dont la négligence a causé des catastrophes impunies.

Dr Rosnert Ludovic Alissoutin
Consultant international

Paru dans la rubrique Libre propos du Filament N°7



vendredi 23 juillet 2010

L’homme d’argent est différent de l’homme riche.

La politique ne doit pas être réservée exclusivement à ceux-là qui seraient assis sur des coffres-forts; d’autant que l’homme d’argent est différent de l’homme riche. Si la vraie richesse matérielle est portée par l’idéal de solidarité et de fraternité, l’économie de marché ne peut être que souhaitable, d’autant plus qu’elle donne l’occasion, à l’homme, de présenter les meilleurs fruits de son esprit que le marché rend visible. Et c’est avec l’économie de marché que le partage devient effectif. Dans ces conditions, le coût des échanges doit seulement être regardé comme anecdotique, si l’intention des uns n’est pas d’asservir les autres, afin d’abuser d’eux.
L’homme d’argent ramasse rapidement, l’homme riche amasse lentement

La vraie richesse est appelée à durer dans le temps et à résister à l’épreuve du temps. Le contraire est à définir seulement comme une course à l’argent, comme un gain, comme du racket. Et, c’est justement pour cette raison que je dis toujours ceci: «l’homme d’argent qui amasse rapidement est différent de l’homme riche qui amasse lentement». L’homme d’argent tient un butin, l’homme riche détient un trésor. Celui qui court pour amasser rapidement ne permet rien à personne d’autre. Celui qui marche pour amasser lentement, laisse le temps aux autres de profiter, eux aussi, du temps et de l’espace économique. Voici ce que j’appellerais la vérité différentielle, celle qui fonde la bonne économie sociale et politique. Elle est fondamentale. Si le butin appartient à son pirate, le trésor appartient à l’humanité. C’est ce que les historiens de l’art ont compris avec raison et qui justifie le concept de « patrimoine de l’humanité » au sujet des œuvres architecturales et autres.
Entendu que ’il tient déjà un butin qui devrait en principe lui suffire, il ne faut jamais porter un homme d’argent au pouvoir. Vous n’arriverez pas à faire l’inventaire de son avoir parce que, en cas de contrôle, s’appuyant sur sa mauvaise foi, il risque de se moquer de vous, en arguant qu’il n’avait pas attendu le pouvoir pour vivre dans l’opulence. Or, si vous votez pour un homme qui vous ressemble et qui vit la même condition que vous, à la fin de son mandat, vous pouvez facilement évaluer les biens qu’il aura acquis avec votre concours. Et puis, il est plus logique de laisser un des vôtres défendre vos intérêts au lieu de fournir les armes de votre propre destruction à votre adversaire.
Le pauvre existe individuellement, certes, mais le riche n’existe pas.
L’homme d’argent est incontestablement votre adversaire parce qu’il vous pille. Et, on n’est pas forcément bon gouvernant parce que l’on dispose d’immenses coffres forts. Détrompez-vous ! Par ailleurs, l’opinion internationale n’est pas favorable à un pays parce qu’il est gouverné par un homme d’argent, mais plutôt pour ce que le pays vaut en lui-même, grâce au travail de tous ses habitants. La coopération internationale ne travaille pas avec des individus, mais avec des Etats, avec l’ensemble des citoyens qui produisent les richesses. Et, la richesse est effectivement un patrimoine commun à l’humanité. C’est bien pour cela que le pauvre existe individuellement, certes, mais que le riche n’existe pas. Si le riche n’existe pas, alors le pauvre ne devrait pas exister non plus, parce qu’on ne reconnaît que l’un par rapport à l’autre, pourrait-on se dire…
En réalité, le bâtisseur de trésor n’atteint son objectif qu’avec l’effort de toute la société. Prenons l’exemple d’un édifice en construction. Chaque matin, nous voyons à l’œuvre le maçon, le plombier, le menuisier, le balayeur, l’électricien ou le peintre. Et, le travail ne sera jamais achevé sans le concours des uns et des autres. Eh bien! De cette même manière, le trésor ne s’amasse qu’avec le concours de tous. Et dans le fonctionnement de l’entreprise, il faut que l’ouvrier accepte de se lever avant le petit jour pour aller à son poste, que la standardiste accepte de recueillir messages et commandes, que le comptable soit bien regardant sur les chiffres et que le veilleur de nuit accepte de garder les usines... De même, le pompier devra toujours se tenir prêt à intervenir dans les locaux de l’activité en question, les services fiscaux apportent continuellement leur concours en rappelant au ‘premier initiateur’ ses devoirs dont l’accomplissement lui permet d’avancer tout doucement, etc.
Les mérites de la société laborieuse
Ne devient riche que celui qui travaille et c’est la société qui devient riche, dans le cadre bien précis de l’enrichissement par le travail; avec à sa tête, un animateur de la vie économique que l’on appelle ‘patron’. Ici, ‘patron’ ne veut rien dire d’autre que premier initiateur de projets économiques. Mais, l’entreprise qu’il aura bâtie grâce à l’effort de la société appartient à la société.
Que rien n’appartienne particulièrement à l’homme
En réalité, rien n’appartient en propre à l’homme; pas même sa vie dont il ne saura jamais pourquoi elle se retrouve en lui. Autrement dit, il pourrait décider d’y mettre fin à tout instant, ce qui n’est souvent pas le cas. On me dira que l’homme a le choix du suicide. Non ! Car, le suicide n’est justement pas un choix, mais un acte de désespoir. C’est un acte qui s’impose à l’homme en deuxième lieu, après le choix de la vie, après l’appel à la vie. L’homme vit seulement la vie, mais il sait que celle-ci ne lui appartient pas. Si sa vie dont il pouvait légitimement se prévaloir ne lui appartient pas, je ne vois pas ce qui peut lui rester en propre. Le chef d’entreprise sait très bien qu’il n’est pas l’inventeur de la monnaie qui fait sa force, qu’il n’est pas le créateur des hommes qui produisent sa richesse, qui du jour et de la nuit rythment sa production; de l’espace physique sur lequel est implantée son unité de production et le fait de dépenser un sous pour l’acquérir ne change rien à cette vérité. Cela lui donne seulement un droit d’occupation ou de jouissance, mais il n’est en rien le propriétaire de tout ce qu’il découvre dans la nature à la naissance ou de tout ce qu’il ne peut emporter avec lui dans sa tombe. Voilà qui devrait donc adoucir les appétits de l’homme. S’agissant toujours de l’entrepreneur, s’il est juste de reconnaître son esprit d’entreprise, sa grande capacité à prendre des risques et sa volonté d’assurer la survie et l’avenir économique de son pays; s’il est utile de lui accorder la considération et l’honneur qui lui reviennent, il faut également insister en disant que rien ne lui appartient en propre: en réalité, tout revient à la société laborieuse.

Pour l’avènement d’une vraie justice distributive
Je veux donc dire que, dans ces conditions, tout gain doit être redistribué équitablement, dans la mesure du possible. Je suis pour cette politique de redistribution des biens sociaux. Et en Afrique, fils de paysans comme nous sommes tous pour l’instant, le peu que nous avons, doit être redistribué à tous, dans la dignité et la loyauté. Plus qu’une empoignade Gauche-Droite qui pourrait paraître nécessaire à certains parce qu’elle permet, peut-être, aux acteurs de la vie politique de mieux se positionner, il est davantage question de partage et de justice distributive : c’est ce qu’on appelle la justice sociale.

Tébi Joachim Ablé, philosophe, théoricien de la Palabre africaine.

NDLR : M. Tébi Joachim Ablé ne nous dit hélas ! pas si l’on peut être à la fois homme d’argent et homme riche. Comment et à quelles conditions ?


Paru dans la rubrique libre propos du Filament N°6

mercredi 23 juin 2010

APPEL AUX INTELLECTUELS ET CADRES DU FPI ET DE LA MOUVANCE « PATRIOTIQUE et REPUBLICAINE »

De notre avis, et de celui de nombreux autres observateurs, acteurs, analystes de la vie économique et sociopolitique, beaucoup d«’intellectuels » de grande dimension, reconnus comme tels, tant au FPI que dans le courant républicain et patriotique, ont, depuis le 19 Septembre 2002, abandonné la lutte, sur le plan des réactions, des argumentations, des mises au point, des anticipations, des défenses et des éclairages, etc. Quelles en sont les explications possibles ? Sont-ce les effets assommants et déroutants du 19 septembre ? Sont-ce les problèmes de personnalité, de ressources propres ou de valeur intrinsèque ?
La réponse est simple et se présente ainsi :
Certains d’entre nous, grisés et vautrés dans une richesse fulgurante, pour le moins inespérée, dans un bien-être et un bien-vivre plus qu’inattendus, ont maintenant des préoccupations autres, qui, malheureusement les entraînent dans l’insouciance, l’inconséquence, et l’irresponsabilité ; et alors, ils se désintéressent complètement des questions urgentes, vitales, cruciales, d’intérêt général.
Pour ces gens-là, le monde s’arrête à eux. Ils manquent de vision, aveuglés qu’ils sont par leurs nouveaux statuts ; Ils manquent d’humilité et de solidarité. Et, le vrai drame, c’est qu’ils n’ont plus du tout aucune conscience des dangers qui nous menacent tous. Y compris eux-mêmes… Ils ont abandonné la lutte et sont souvent complices de ceux qui détruisent la Côte d’Ivoire... Heureusement, la Côte d’Ivoire est encore debout et restera toujours debout, contre vents et marées, contre toutes les « complotites ». Dieu est le seul juste et le vrai juge, qui tient la Côte d’Ivoire et qui nous protège de tout et en tout instant.
Je lance cet appel aux intellectuels, aux cadres et leaders du FPI et de la mouvance patriotique et républicaine. Je les invite à se ressaisir. Et, le plus tôt sera le mieux.
VIVE LA CÔTE D’IVOIRE ! VIVE LAURENT GBAGBO ! VIVE L’AFRIQUE DIGNE ET LIBERÉE !
Par Lékadou Tagro Gérard, Un Ivoirien, Un Patriote, Un Panafricaniste.


Paru dans la rubrique libre propos du Filament N°5

mardi 27 avril 2010

La Côte d'Ivoire agonise doucement…

La Côte d'Ivoire est comme un malade aux mains de plusieurs chirurgiens réputés. Pendant que ses chirurgiens se disputent sur la méthode d'incision à pratiquer sur le malade, ce dernier agonise doucement.
Je crois personnellement que le président Laurent Gbagbo est allé d'erreurs en erreurs, et cela avec la bénédiction de tous ceux qui devraient lui prodiguer des conseils justes. Je devine que, face à tous ceux qui lui lancent des éloges, très peu sont ceux qui lui donnent vraiment des conseils. Je crois que, dans la gestion d'un pays, il faut suivre des lois et des principes clairs et surtout des voies constitutionnelles. Le président Laurent Gbagbo est loin d'être un Dieu, il n'est ni génie, ni le plus intelligent parmi ceux qui aiment leur pays. Car, si en 10 ans, il a été incapable de résoudre le problème qui s'est imposé à lui, c'est qu'il n'a pas de solution véritable à cette crise... Pendant que tout ce monde de belligérants s’engraisse, le peuple souffre. Et, on a comme l'impression que ceux qui doivent aider ce peuple n'en ont cure. Je comprends peut-être un peu certains lorsqu’ils disent qu’ils sont fiers de Gbagbo. Mais, la gestion de notre pays ne saurait se résumer en un conte de Leuk-le-lièvre et Bouki-l'hyène, où Gbagbo est Leuk, et l'opposition Bouki, au point d’être fier de sa façon de se tirer d'affaire. En tout cas, ici, on parle de la vie de millions d'Ivoiriens dont chaque jour qui passe rend l’existence plus misérable. Lorsque c'est ainsi il faut de la rigueur, et suivre un principe de règlement de crise selon le modèle démocratique. Il faut impliquer les 3 branches du pouvoir (législatif, judiciaire et exécutif) à la résolution de la crise, notre crise.
Le président Laurent Gbagbo s'essaie depuis 8 ans à résoudre cette crise. On n'essaie ceci pour voir si ca va marcher, et après, on essaie cela, ainsi de suite. On ne dispose pas d’une éternité pour trouver une solution à un problème. C'est justement pour cela qu'on accorde une limite de 5 ans au mandat présidentiel, afin que, quoi qu'on veuille faire, si pendant 5 ans, il n'y a pas de solution, on va aux élections et le prochain président continue ou modifie ce qui a été commencé.

La Côte D'Ivoire, notre pays, que nous aimons tous, agonise, et nous sommes tous suspendus aux lèvres d'une seule personne, comme s'il était un démiurge. On ne gère pas un pays comme ça...
La question que je me pose à présent, c'est de savoir : est-ce que Gbagbo écoute les conseils des autres? Est-ce qu'il prend en compte les lois qui régissent ce pays? A quand remonte le dernier vote du budget de l'état par les députés?...
Je constate hélas ! trop d'arbitraires, d'improvisations, d'autosatisfactions, de panégyriques, et de d'auto gratifications chez ceux qui gèrent ce pays. Il y a un laisser-aller monstre du côté de M. Laurent Gbagbo et ses conseillers. Ils pèchent par leur manque de rigueur et leur « sens de la légalité ». Parce que, malheureusement, ils apprécient notre crise par rapport à leur antagonisme à la rébellion, plutôt que par rapport a leur responsabilité à l'égard du peuple ivoirien dont ils ont reçu la mission de gérer les affaires du pays...

La démocratie exige que le président consulte l'Assemblée Nationale ou la Cour suprême, mais qu'observons-nous ? Eh bien ! Depuis 2002, le président Laurent Gbagbo agit en solitaire, quand ce n'est pas en connivence avec la rébellion, pour le malheur des pauvres Ivoiriens. Combien de débats avons-nous eus avant de créer l'APO et ses corolaires de jumelage de conseils de ministres burkinabo-ivoiriens ? Vous savez que tout cela n'est pas normal. Chers frères, ce n'est pas en applaudissant M. Laurent Gbagbo que vous l'aiderez, c'est en lui donnant les conseils qu'il faut. Les Ivoiriens n'ont pas besoin de roi, ni de sauveur : les Ivoiriens ont besoin de normalité et d'espoir. Ils aimeraient savoir où on les mène, avoir une idée de quand et comment cette crise prendra fin. Savez vous pourquoi? Messieurs les conseillers, donnez de bons conseils à M. Laurent Gbagbo lorsque vous en avez l'occasion. Les Ivoiriens vous en seront reconnaissants.

John Tra

Un article paru dans la rubrique Libre propos du Filament N°3



vendredi 23 avril 2010

Appel aux populations et autorités ivoiriennes

Tous les Ivoiriens ont pu voir, en février dernier, un reportage présenté par Alvor Assa, journaliste de la RTI et dénonçant comment les femmes (nos mamans, nos sœurs et nos filles dont la plupart n’ont même pas 4 ans) sont violées de facon barbare à Duékoué, avec une barbarie sans nom, que nous ne pouvons plus accepter, que rien, aujourd’hui, ne peut expliquer ni justifier, étant donné que, comme le clament nos autorités, « Nous sommes sortis de la crise ; la crise est désormais derrière nous ». En plus des viols inexplicables de nos mères et de nos filles, les autochtones sont expropriées du peu des biens qui leur reste, et tout cela sous le nez et la barbe des forces de défense et de sécurité de la Côte d’Ivoire et l’ONUCI qui ont pour mission justement de protéger les populations de l’Ouest, et en particulier les peuples wê et dan qui ont assez souffert de cette guerre qu’ils n’ont pas voulue et qui, sous une forme plus pernicieuse, continue de faire rage, sans que personne ne réagisse. C’est alors l’occasion de se demander : que fait l’ONUCI ? Que font les autorités du pays ? Que reste-t-il de l’autorité dans cette région ? Que font les forces de défenses et de sécurité? Devons-nous continuer à accepter et a subir cette situation ? Que faisons-nous, nous les fils et filles de ces braves femmes de cette région ? A quand la sécurité pour tous dans notre pays
En tout cas, au nom de toute la jeunesse des 18 montagnes résidant en Europe réunis aujourd’hui après la diffusion de ce reportage que le monde entier a vu nous disons : stop ! Nous disons : assez ! Et, nous appelons les autorités ivoiriennes en charge de protéger ces populations, de doubler encore et encore de vigilance, de traquer par tous les moyens et mettre hors d’état de nuire ces malfrats et malfaiteurs de tout acabit qui troublent le sommeil et la paix dans les 18 montagnes. Mettons tout en œuvre mettre un terme rapidement a toutes ces horreurs que nul ne peut accepter sur son parent et qui n’honorent pas notre pays. Nous en appelons à la communauté nationale et internationale, et plus singulièrement au président Laurent Gbagbo. Nous attirons son attention sur la négligence notoire des forces de défense et de sécurité, de l’ONUCI. Une décision rapide doit être prise pour pallier et protéger la population des 18 montagnes. A Vous les parents, toutes communautés confondues (Guéré, Dioula, Wobé, Maouka, Baoulé, etc.) qui vivez dans les 18 montagnes, soyez soudés, mettez de coté tout ce qui nous a divisés autrefois et cultivez la paix, l’entraide. Faisons de l’union notre force et ensemble, faisons barrage a tous ceux qui sont contre la paix. Par exemple, formez des comités de sages et allez vers tous ceux ou celles qui détiennent encore les armes, les convainquez-les pour qu’ils les déposent a jamais. Vous pouvez compter sur vos enfants vivant en Europe qui ont désigné leur frère Gastien Séa pour porter vos préoccupations et votre situation devant toutes les autorités, tant nationales que internationales.

Jules Séa
Mardi 16 février 2010
hilairesea@yahoo.fr

Paru dans la rubrique libre propos du Filament N°3



 

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