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dimanche 4 mars 2012

La politique et le savoir

Il est aujourd’hui triste, très triste, de constater et d’entendre dire, dans les milieux politiques, que le savoir n’est pas important. Les sociétés secrètes deviennent, de plus en plus, la nouvelle donne qui ouvre les portes du pouvoir, du bonheur et de l’existence elle-même. Des aspirants politiques, nés de la dernière lune, refusent, de la manière la plus paradoxale et en public, de reconnaître la place prépondérante qu’occupe ‘le sachant’ dans la vie d’une nation.

Que cache l’attitude de nombreux néo-politiciens qui sont réfractaires au savoir ? Et, en quoi une telle vision représente un danger ?

Qu’est-ce que le savoir ?

Le mot savoir provient du latin ‘sapere’, qui signifie : posséder de la saveur, goûter, connaître. Avec l’évolution du temps, le mot savoir, après avoir transité par une forme figurée, a pris le sens actuel et désigne un ensemble de connaissances ou d'aptitudes reproductibles et transmissibles, acquises par l'étude, l'observation, l'apprentissage et/ou par l'expérience. Le savoir désigne également l’état d’une personne qui, en quelque sorte, est « informée » ou qui a la « tête bien pleine » et la « tête bien faite ».

De même, le savoir se rend plus visible et pratique sous le nom de « savoir-faire », « savoir-vivre », etc. C’est en ce sens qu’on appelle « intellectuel » celui dont le savoir repose sur l'appropriation effective des connaissances ou la création de concepts, en parallèle avec le développement des savoirs des sciences et de la philosophie. Par ailleurs, la notion de «savoir être», utilisée notamment dans le champ de la formation des adultes, renvoie aux attitudes et comportements qu'un sujet met en œuvre pour s'adapter à un milieu.

Le savoir est une ressource indispensable et utile à tout être humain

Le savoir est une ressource de nature immatérielle indispensable à tout être humain et utile pour l'action, la performance, la réussite : « Savoir, c'est pouvoir ! ». C’est en cela que le savoir constitue une valeur ajoutée, en rapport avec l'expérience vécue, l’environnement, les intérêts et les besoins. Cette valeur ajoutée prend l'allure d'un bien et même d'un « bien social et économique », en plus de sa dimension psychologique.

L’acquisition du savoir suppose un processus continu d’apprentissage, d’études, d'assimilation et d'organisation des connaissances par soi-même ou dans les structures et des institutions mises en place par les communautés humaines, telles que la famille, l’école, etc.

Dans ces structures et institutions, l'éducation a pour mission d'aider à l'acquisition et à l'appropriation du savoir, à la socialisation de l’individu ; l'enseignement a pour but de compléter l'acquisition de connaissances et le savoir-faire, pendant que la formation professionnelle est chargée de la transmission des savoirs professionnels. Quant à la pédagogie, elle élabore les conditions de cette transmission.

Selon les époques et les cultures, la conservation du savoir et la transmission des connaissances s'appuient sur la communication orale et l'expression écrite. Des « entrepôts du savoir » sont créés et entretenus comme mémoire collective. Ce sont : les « forêts sacrées », les temples, les sanctuaires, les bibliothèques, les centres de documentation, etc.

Le savoir et la politique

Dans l’ancienne Grèce et chez les Romains par exemple, ne faisait pas de la politique qui voulait.

Certes, l’âge était pour beaucoup dans la sélection des représentants de la nation ; mais, le savoir occupait une place si importante qu’il n’était pas permis à tous les hommes, même d’un âge avancé, de faire de la politique sans un minimum de savoir. Cela veut dire qu’on pouvait être d’un certain âge, respectable, sans toutefois prétendre à un poste politique, si le minimum de connaissances (littéraires, guerrières, historiques, scientifiques et autres) n’était pas acquis.

Cette vision qui demande au dirigeant le minimum de savoir devrait être en vigueur en Afrique et sur d’autres continents du tiers-monde.

Malheureusement, alors que le savoir occupe une place prépondérante pour faire de la politique, beaucoup d’Africains refusent d’apprendre. Ils arguent que l’on n’a pas besoin d’être bardé de connaissances, ni de diplômes, pour diriger une nation ou une grande compagnie, etc. Ainsi, la nouvelle classe des politiques africains regorge de gens qui rejettent systématiquement le savoir ou refusent d’étudier, mais qui ont recours au fétichisme, aux sociétés secrètes et/ou aux armes pour arriver au pouvoir.

En Côte d’Ivoire, avec le canon à la main comme dans un film ‘Western’, Soro Guillaume est devenu Premier Ministre, sans avoir terminé ses études et sans avoir auparavant exercé une quelconque fonction. Ailleurs, Joseph Kabila est devenu le chef d’Etat en utilisant les mêmes méthodes et en s’attachant les amitiés des francs-maçons, des rosicruciens et autres sociétés secrètes qui détruisent l’Afrique pour le compte de l’Occident. Aux Etats-Unis, M. George W. Bush est devenu président de la république avec les connections de son père qui fut, lui-même, président.

Cependant, il est à noter que tous ces parvenus n’ont pas changé leur histoire personnelle, ni celle des nations qu’ils dirigent ou ont dirigée. Entre autres, M. George W. Bush qui, comme on le sait, fut traité pour alcoolisme et pour autre comportement antisocial, fut un piètre président...

Toute personne qui ne respecte pas le savoir et qui contraint les masses à se détourner du savoir, est un ennemi de la liberté individuelle et publique.

Il est temps, vraiment temps que les politiques, et singulièrement les politiques africains, cessent d’endormir les masses. Il faut qu’ils encouragent les jeunes (et même les vieux qui le désirent encore), à aller à l’école, à apprendre, à accéder aux structures indiquées pour l'acquisition et l'appropriation du savoir. C’est en procédant ainsi que les Africains réussiront à réduire et à éradiquer l’ignorance, la misère et les souffrances et sortiront de l’état dans lequel ils sont maintenus depuis des siècles par l’Occident.

Voilà pourquoi nous estimons que M. Alassane Ouattara qui a fermé les universités en Côte d’ivoire est le premier ennemi de notre pays. Avec les armes, les occidentaux et leurs alliés kidnappent, tuent, violent des Africains et exploitent les richesses de l’Afrique sans souci et sans vergogne. Dans ces conditions, pour les Africains qui sont militairement faibles, le savoir constitue la meilleure arme de défense. Formons-nous en ayant en tête l’indépendance de l’Afrique. Sans information, sans formation, sans culture politique, sans échanges, l’Africain sera annihilé par les forces brutales qui ne connaissent ni loi, ni humanisme. Il ne faut pas perdre de vue que les lois des Occidentaux changent selon leurs intérêts du moment et selon la couleur de la personne qui discute avec eux. Retenons cela et formons-nous dans ce sens, si nous tenons à vivre et à nous libérer du joug de l’occident et de certains Africains qui sont les pires ennemis de l’Afrique.

Accéder au savoir pour constituer une force de libération pour l’Afrique

C’est grâce au savoir que l’occident se positionne en norme universelle. Combien de fois n’avons-nous pas été amenés à haïr nos cultures au profit de celles venues du Nord ?...

Il faut que nous nous réveillions. Il faut que chacun de nous joue son rôle. Que chacun, chaque soir, fasse le bilan des pas posés pour libérer l’Afrique. Que chaque africain œuvre à réduire les heurts entre nous, à annihiler les conflits qui constituent une véritable plaie et la fissure par laquelle l’Occident infiltre nos rangs facilement pour nous détruire.

Le savoir est un outil. Instruisons-nous pour nous approprier cet outil pour libérer l’Afrique.

Le savoir est une arme, profitons-en. Ceci est tellement vrai que Bergson dit du savoir : « Savoir, c’est prévoir pour agir »1.

Le savoir donne également une satisfaction personnelle et permet à celui qui le possède de devenir l’éclaireur qui sort son peuple des pénombres de l’ignorance qui l’exposait à tout danger.

Le savoir est une force, instruisons-nous pour ne pas demeurer à vie nos propres « égorgeurs »2 et de mauvais enfants pour l’Afrique.

Sylvain De Bogou

Paru dans Le Filament N°19

lundi 2 janvier 2012

Mamadou Koulibaly doit s’élever au-dessus de certaines contingences, au risque de s’enfoncer davantage dans les ténèbres de l’histoire...

Dans l’unique souci de manger ou de se mettre à l’abri, des femmes et des hommes, jadis pris pour des «ultra-Gbagboïstes», se sont directement ou indirectement liés à M. Alassane Ouattara : les uns se sont autoproclamés charismatiques ; d’autres ont carrément renié Laurent Gbagbo, comme un obstacle à leur promotion ou envergure et se projetés comme « candidats indépendants » aux élections législatives du 11 décembre 2011. Parmi eux, nous allons nous attarder un peu plus sur le cas du professeur Mamadou Koulibaly, ex numéro deux du pouvoir FPI qui vient de perdre «le test» auquel il a soumis son nouveau parti : LIDER.

Après trop de tambours, les élections législatives imposées aux Ivoiriens par la France, ses amis et ses poulains pour légaliser le putsch et les assassinats perpétrés contre la Côte d’Ivoire, viennent de sonner le glas des imposteurs et leurs acolytes. De façon générale, avec -15% d’électeurs (certains observateurs parlent de -10%), la comédie maladroitement appelée «élection» montée par les négrophobes et leurs pantins, devait être simplement et purement annulée. Mais, non, puisque nous sommes dans un monde où «La raison du plus fort reste la meilleure» et où le noir demeure un « bien meuble» (voir Le Code Noir). Alors que, l’ensemble des sociétés secrètes regroupées sous le parapluie de «Communauté Internationale» demande à la Russie de Poutine de reprendre ses élections législatives fort entachées, nous dit-on, d’irrégularités. Retenons que ce qui est applicable et appliqué ailleurs n’est pas bien pour l’Afrique et cela dans le psychique du caucasien.

Les Occidentaux parlent de l’universalité de «la démocratie» au nom de laquelle des milliers d’Africains sont assassinés quotidiennement par les armes venant de la France, de l’Angleterre, des Etats-Unis d’Amérique, etc. Cette contradiction, à d’autres occasions, sera débattue. Pour l’instant, revenons à ce que nous avons promis en début de notre mot.

M. Gervais Coulibaly, chef d’un nouveau parti qui n’avait que pour slogan de campagne «celui qui aime Gbagbo n’a qu’à voter pour moi», a été simplement rattrapé par sa couardise et son ingratitude à Yopougon. Les électeurs, sans «bombes françaises», lui ont montré la route de sa retraite politique anticipée. Comme M. Gervais Coulibaly, tous les ex-députés du FPI devenus « indépendants » pour, à la fois plaire à M. Alassane Ouattara, sauvegarder leurs biens parfois mal acquis et « manger aussi », ont été sanctionnées par la population qui n’a vu en eux rien qu’une bande de traitres pensant uniquement à leurs ignobles intérêts personnels.

Le professeur Mamadou Koulibaly, ce grand intellectuel que l’on voyait comme le successeur du président Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire clamait que les législatives du 11 décembre dernier constituaient, pour son parti «un test». Le professeur vient de mordre dans la poussière à Koumassi où il était candidat. Au grand économiste, nous rappelons que, nous avons encore le mauvais souvenir du goût amer des P.A.S (« Programmes d’Appauvrissement Structuré » de M. Alassane Ouattara, un autre économiste) dont il est l’allié, au-delà de toutes apparences.

Au candidat qui vient d’échouer lamentablement, nous voudrions poser les quelques questions suivantes et l’entendre : M. le professeur, auriez-vous le courage de reconnaître que vous avez été fait, politiquement au moins, par le FPI et le président Gbagbo ? M. le professeur, pourriez-vous accepter que les diplômes que nous avons n’accouchent pas forcement du charisme politique, encore moins de la popularité politique? Auriez-vous la force de dire ouvertement aux Ivoiriens, à travers les journaux dans lesquels vous avez coutume de vous épancher et de faire de l’esbroufe que votre parti, LIDER, ne représente rien sur le terrain ?... Pourriez-vous tout déverser dans la rue (même tout ce qui s’apparente aux secrets d’Etat sous d’autres cieux) pour vous libérer et faire taire les rumeurs qui n’arrangent personne. Surtout, que personne, de grâce, ne nous dise pas que c’est une affaire de fesses qui vous conduit à en vouloir terriblement au président Gbagbo...

Les faits sont là : le professeur Koulibaly était absent à l’investiture de Gbagbo Laurent, mais, présent à la parodie organisée pour mettre M. Alassane Ouattara sur le trône. Le professeur Koulibaly a même le privilège d’avoir tiré le professeur Paul Yao N’Dré de sa cachette pour le ramener au pays et introniser M. Alassane Ouattara. Le professeur Koulibaly n’a jamais rendu visite, ni au président Gbagbo à Korhogo, ni à la première Dame qu’il a prétendue défendre dans son «Gbagbo a oublié Simone…», ni à ses camarades militants en prison. A Gagnoa, avec une outrecuidance incomparable et indicible, le professeur Koulibaly a demandé aux parents de Laurent Gbagbo, kidnappé, d’oublier leur fils. Cette audace en elle constitue, à elle seule, une insulte à tout un peuple et à une région. Et, le 11 décembre dernier, sans bommes ni machettes, ce peuple a, de façon très pertinente et remarquable, signifié son mécontentement et sa protestation à celui qui, ces derniers temps, semble se présenter comme le seul politique, le seul ‘sauveur’ et le seul économiste que la Côte d’Ivoire ait jamais eu. Le professeur Koulibaly feint peut-être d’ignorer que, contrairement à son nouvel ami Alassane qui renie ses propres parents et ses propres origines, chez certaines personnes, le fils reste toujours l’enfant du père et de tout le village, en dépit de tout péché que ce dernier aurait commis.

Il faut vraiment que le professeur qui, selon lui-même est arrivé au FPI grâce à ses diplômes et son mérite, dise de quoi il accuse Laurent Gbagbo. Le professeur Koulibaly centralise tous ses débats autour du parti, le FPI, qu’il a quitté. Pourquoi cette hargne?

Nous conseillons au professeur Koulibaly de se ressaisir, de s’élever au-dessus de certaines contingences, au risque de s’enfoncer davantage dans les ténèbres de l’histoire...

Enfin, espérant que le professeur Koulibaly, y compris les autres indépendants, a appris, de bonne manière, la leçon à lui donnée par la comédie électorale du 11 décembre et espérant qu’il va s’assoir pour réfléchir, prendre de nouvelles résolutions et parler pour répondre aux différentes interrogations, nous lui disons : Bonne et heureuse Année 2012.

Sylvain De Bogou


Les scores obtenus par les candidats indépendants issus du FPI

ANCIENS DEPUTES

Assandé N’guessan Kassi Félix (SIKENSI) : 4,93 %

Djè Bi Djè (Zuenoula commune) : 5,05 %

Gouanou Gourou (zoukougbeu) : 4,66 %

Gbaka Brédé Patrice (Dignago Galebo Guiberoua) : 0,91 %

Sery Dehoua Victor (Iboguhe, Namane) : 13,26 %

Yah Bi Gohi Robert (Bonon , Zaguieta) : 1,97 %

N’Gbésso Angodji (Ananguié, Cechi, Rubino) : 10,65 %

Djo Zeregbé (Kongasso , Kounahiri) : 6 ,24 %

Zon Sono René (Kouibly) : 4,94 %

Tapé Oledji Elvis Justin (Liliyo- Okrouyo) : 3 ,24 %

ONT REUSSI A PASSER A TRAVERS LES MAILLES DU FLLET

Yapo Aman Pierre, ancien Maire de Yakassé Attobrou : 54,54 %

Tanoh Anoh Jérôme, ancien DLC de Laurent Gbagbo à Ayamé (Ayamé Bianouan) : 33,79 %

AUTRES CANDIDATS (Juste pour votre curiosité, surtout pour les deux super Koulibaly) :

Koulibaly Mamadou (Koumassi): 2,35 %

Coulibaly Gervais (Yopougon) : 1,06 %

Guéhi Brissi Lucas (Gagnoa commune) : 2,51 %

Macaire Etty

Paru dans Le Filament N°17

dimanche 20 novembre 2011

Qui se réconcilie avec qui et pour quoi faire ?

Sous le règne d’Houphouët-Boigny, il y a eu une « réconciliation nationale » parce que le pouvoir s’était rendu compte de ses fautes et erreurs (« Les Faux complots »). C’était, à la limite, une manière de demander pardon au peuple et la traduction en actes de l’acceptation de ce pardon qui a été appelée la « réconciliation nationale ».

Cependant, aujourd’hui, suite à la crise post électorale, on peut s’interroger sur deux points, à savoir : Quels sont les parties en présence qui doivent se réconcilier ? Comment doit-on procéder pour se réconcilier ?

Les parties à réconcilier

Il est très important de savoir qui se réconcilie avec qui, car lorsqu’on a mal au pied et qu’on soigne la tête ou le ventre, il va sans dire que le mal ne disparaîtra pas. Ainsi, quand un pays a mal à sa classe politique, est-il nécessaire de focaliser les soins sur le peuple ? Au temps d’Houphouët-Boigny, une poignée de personnes, faisant du zèle, avaient réussi à braquer le pouvoir contre le peuple, au point que ce dernier donnait l’impression d’une citadelle assiégée.

En 2001, sous Laurent Gbagbo, la classe politique d’aujourd’hui s’était méprise sur les objectifs sociaux et avait entrainé dans sa chute morale, une partie de la population qui en était arrivée à brûler des édifices religieux et autres symboles de la civilisation et de la république. Un forum de réconciliation nationale, s’imposait donc pour recoller les morceaux et rebâtir la nation ivoirienne… A l’occasion de cette réconciliation nationale, les dirigeants s’étaient retrouvés et avaient, devant les caméras, mais surtout devant le peuple reconnu les torts et demandé pardon.

Aujourd’hui, après la crise post électorale, la nation a besoin de l’entente de tous ses fils et filles. Car, c’est en travaillant à l’unisson que le développement national peut s’enclencher. Chacun de nous a pris une part active à la déconstruction du tissu social. Or, la désagrégation de la société mine et fragilise la cohésion nationale. C’est pourquoi le renforcement de la nation est primordial et urgent pour que chacun retrouve sa place dans la société. Mais, comment y parvenir ? Autrement dit, comment doit se présenter le processus de réconciliation ?

Le déroulement des différentes réconciliations

Si l’on se réconcilie, c’est pour un but précis. Malheureusement, l’on confond, bien souvent, les conséquences de la mésentente de la classe politique (pour qui la sagesse est une denrée rarissime) et les problèmes entre les différentes composantes de la population...

Les ténors de la classe politique doivent s’asseoir et vider leurs différends. Ils sont libres de choisir la manière qui sied le mieux en cette circonstance. Mais, en vérité, eux ont d’abord besoin de réconciliation. Cette opération est impérieuse pour aller à une réconciliation nationale. Autrement dit, leur entente entraînera, par ricochet, celle du peuple et non le contraire. Parce que, en général, l’opération de réconciliation est comme la construction d’une maison. Si le terrain choisi n’est que du sable mouvant, l’édifice ne tiendra pas debout longtemps. La première analyse sera d’abord celle du sol. Ensuite, viendra le matériau de construction et la manière de confectionner l’édifice.

Après cette phase, l’on doit s’intéresser au combat d’idées dans le processus d’adhésion aux formations politiques. Sur ce terrain, l’appartenance au parti politique, il faut le dire tout net, est très axée sur le régionalisme. Beaucoup de militants des partis sont plus attachés à la personne du mentor, plutôt par affinité régionale que par attrait idéologique. Cela se remarque par les bastions des partis politiques. C’est un des facteurs dont, avant d’aller à la réconciliation, il faudra tenir compte.

La réconciliation nationale n’est pas et ne peut pas être le début, mais la fin d’un long processus, qui passe par le règlement, le dédommagement et enfin l’acceptation du vocable « pardon ». Sans ce cheminement, il n’y aura pas de réconciliation vraie. Idem de la réconciliation entre les politiques.

Ainsi donc, aussi longtemps que M. Alassane Ouattara s’amusera à se faire peur ou à se mettre de nouveaux habits d’un homme vertueux au regard de son passé de comploteur, il n’y aura pas de réconciliation. Tant que Laurent Gbagbo et ses collaborateurs seront craints, brandis comme les seuls responsables de la crise et maintenus en prison, il n’y aura pas de réconciliation possible. Aussi longtemps que les hommes et femmes politiques n’auront pas vidé leurs différends, il n’y aura pas de réconciliation. Enfin, il faudra que M. Alassane Ouattara comprenne que, c’est l’acte de contrition qui invite au pardon de l’offensé, et donc c’est à l’appui du regret du mal acté et la ferme volonté de ne plus recourir à cet état de fait, que la demande de pardon est bien accueillie.

Le pardon précède la réconciliation, mais à condition que l’auteur de l’offense prenne conscience d’avoir mal agi. Un pardon sans contrition ne vaut rien et ne règle rien en profondeur.

Julius Blawa Gueye

Paru dans Le Filament N°16

Epître à Simone Ehivet Gbagbo



Camarade,

Je ne sais exactement quoi te dire, sinon : courage !

D’humiliation en humiliation, tu sors toujours grande

De trahison en trahison, tu reviens au peuple, plus forte

Devant tous abus vicieux, tu as toujours pardonné

Que voudras-tu que je dise au peuple qui attend impatiemment

De te voir sur le piédestal du palais de la culture pour calmer sa colère

Dame au patriotisme très profond et gênant l’ennemi de l’Afrique

Dame à la colonne vertébrale inébranlable par les coups de fouet

Du colon et de ses suppôts qui, à l’image de l’oiseau noir

Sont venus planter leurs becs de malheur sur les bords de notre Lagune Ebrié

Dame des rêves de plusieurs hommes rêvant d’une Afrique libre

Dame au caractère de Gbi la panthère, de Souroukou le lion

Dame qui a choisi de défendre l’Afrique contre toutes les tentations

Dame aux pieds de Loué l’éléphant qui boute l’ennemi hors d’état de nuire

Dame à la cervelle pleine et bien faite, jalousée et crainte par le colonisateur

Refusant de partir dans son supposé bonheur miroité aux non initiés

Que voudras-tu que je dise au peuple qui, à la recherche de guide

Attend ton retour de la villa lézardée où de force, tu as été conduite

Dame, mère des Ivoiriens, symbole de la résistance africaine

Ton peuple t’attend et te réserve un bain de foule

Pour célébrer ton retour qui se fait trop long, vraiment long

De ma plume, ton peuple apprendra quelque chose de toi

Mais, cette même plume ne saurait te remplacer auprès de lui

Et, je ne pourrais contenir le fardeau de leur envie de te voir aussi longtemps.


Sylvain de Bogou
Birmingham, le 30 septembre 2011

Paru dans Le Filament N°16

lundi 7 novembre 2011

Lettre de Birmingham à Laurent Gbagbo


Mon cher compatriote,
Plus de temps pour s’apitoyer
Mais le temps pour réfléchir.
Avertissements pourtant donnés
Que de démons, que de vampires à tes côtés
Donnaient dans le mensonge et dans la tricherie à peine masquée
Une absurdité aiguë dénoncée, mais pas prise au sérieux.
Des mangeurs et des nageurs, tous dans les couloirs du palais
Aux mains de l’ennemi dénoncé depuis des années.
Abandonné, seul !
Quelle folle envie de lire dans ton âme, dans ton actuelle pensée
Depuis la savane, humilié par des sans-culottes de sang assoiffés
Mon imagination me dit : des livres tu dévores et les nouvelles tu suis.
Que de confiance, trop de confiance donnée aux félons sortis du trou
Avec comme promesses, répliques, résistances et protection au peuple
Pris aux pièges de ‘l’Amérifrançafrique’ qui vit en toi un danger.
Ah! Quelle trahison. Ah! Quelle vie double menée par tes alliés d’hier
Que de sang versé sur la terre de tes ancêtres tant de fois voulus fiers
De toi, de la nation que tu voulus bâtir et de toute l’Afrique
Ah! Quelle ignorance des porteurs de flèches, de fusils, de sagaies
Tuant des Ivoiriens, vieux et jeunes tous ensemble, sans sourciller
Ah! Que la terre est méchante.
Ah ! Que la loi change de couleur, selon les intérêts en jeux
Ah! Que les hommes aussi du trou sortis
Par toi, changent selon le vent et l’humeur de la mer qui pleure les Ivoiriens
Tout en accueillant leurs corps jetés aux poissons pour s’en gaver la panse
Ah! Que de caméléons autour de toi.
Les dés depuis des temps pipés étaient.
Cependant, fier, serein et tranquille tu devras demeurer
Car, des Gbagbo, pleins dans les bourgs et les faubourgs d’Abidjan, de Katiola, de Man, de Soubré,
De Bouna, de Gagnoa, d’Aboisso…
De toute l’Europe et de toute l’Afrique, tu as semés.
Et la récolte, une bonne récolte, ne saurait tarder pour laver l’affront par le nègre essuyé
La tyrannie, de notre sang imbibé, succombera sous le poids de la colère des âmes liquidées
Expédiées reposer en pleine journée et en pleine lune de gaieté inachevée
Dans le monde des aïeux qui eux-mêmes, à une autre période, furent forcés de dormir sans fin.
Notre terre souillée dans tous ses coins et recoins, de façon fracassante et inadmissible
Fera payer l’imposteur et ses affidés venus tuer et faire main basse sur nos propriétés et nos fortunes.
Sans sommation,
Ils tuent, l’imposteur et ses affidés, avec une férocité insondable et incomparable.
Sans ménagement,
Ils tuent, l’imposteur et ses affidés, avec une joie bestiale, à un rythme cavalier et démoniaque d’un autre temps.
Mais, ils seront, ma foi,
Les sanguinaires venus de partout pour détruire le beau rêve éburnéen
Par les puissances par eux incontrôlables
Foudroyés.
A toi digne fils,
Reçois ce mot pour dire : à très bientôt.
Courage à toi. Avec toi le peuple demeure.

Sylvain de Bogou
Birmingham, le 30 septembre 2011

Paru dans Le Filament N°15

lundi 28 mars 2011

En attendant le vote des betes sauvages...




Un écrivain, Ahmadou Kourouma, Ivoirien de surcroit, raconta en paraboles et comme de manière prémonitoire, dans son livre sarcastique En attendant le vote des bêtes sauvages « le côté ubuesque voire même grotesque des dirigeants mais aussi des peuples face à cette procédure de sélection politique très particulière qu’est le vote .. Sur quoi repose-t-il en dernière instance ? Il caricaturait et expliquait combien les forces en présence utilisent, les unes comme les autres, des artifices pour gagner. Mais, dans le cas précis de cette élection ivoirienne, il y a plus qu’une caricature : les enjeux sont si énormes que tous les moyens ont été mis en œuvre pour conduire à l’impasse actuelle.

La balle est maintenant dans le camp des Ivoiriens, y compris M. Gbagbo et M. Ouattara en premier lieu : ceux-ci se laisseront-ils imposer la suite de leur histoire par les circonstances des autres ? C’est à eux d’en juger... Mais, qu’ils sachent ceci : l’Afrique toute entière, l’Afrique des novateurs, l’Afrique des femmes et des jeunes, les regarde ! Comme tous les patriotes. Car, si le sang des patriotes est une semence du patriotisme, comme le dit Ernest Ouandié, trop de sang coulé finit par rendre exsangue toute forme de patriotisme. Alors, l’heure est venue : il faut se ressaisir et reprendre les élections, sans attendre le vote des bêtes sauvages.

Suzanne Kala Lobé,

Source : La Nouvelle Expression, Douala, Cameroun.

Paru dans le Filament N°14

il ne s'agit pas d'etre pro-Ouattara ou pro-Gbagbo

« Nos journaux n'ont pas besoin d'être pro-ouattara ou pro-gbagbo pour traiter de l'actualité ivoirienne. En tant qu'instrument d'information, ils devront être en faveur de la vérité, de la legitimité et de la justice. Ces éléments, s’ils sont respectés, seraient capables, à eux seuls, de justifier des articles en faveur du nouveau président élu… et d’un autre demain (dans 5 ans, j'espère bien). Il ne s'agit pas ici de défendre un individu, mais de défendre nos institutions, nos lois et notre démocratie, aujourd'hui pris en otage par un individu qui se croit le futur de notre pays… ».


Albert Kouakou Kan,

in Le banco.net, 10/02/2011

in Le Filament N°14

La Cote d’Ivoire : Hirondelle du printemps africain ?


Communauté internationale et consorts, me direz-vous un jour de quel charme improbable, de quelle virginité soudaine, vous habillez Alassane Ouattara l’ancien Premier Ministre dont on peut dire, sans méchanceté aucune, qu’il incarne un passé bien peu démocratique dont furent d’ailleurs victimes des Ivoiriens coupables d’opposition, et son âme damnée le rebelle Guillaume Soro, improbable faiseur de rois, qui promet des châtiments à tire-larigot !

Me direz-vous un jour ce que vous récompensez en eux (pour Salomé, fille d’Hérodiade, ce furent ses talents de danseuse) pour leur offrir sur un plateau comme jadis celle de Jean-Baptiste, la tête de la Côte d’Ivoire qui ne vous appartient pas !

Quels intérêts – permettez-moi une naïveté passagère, ponctuelle – vous poussent à la diabolisation subite d’un homme, Laurent Gbagbo, qui fut le seul leader ivoirien à mener une opposition impossible mais pacifique à Félix Houphouët-Boigny, à accepter la prison et l’exil, à briguer la magistrature suprême, à la gagner en venant de l’opposition, sans jamais avoir compromis son combat par l’acceptation d’un maroquin corrupteur ;

Qui peut dire avec Rabemananjara «mes doigts sont clairs comme le printemps, mon cœur est neuf comme une hostie».

Dans une chronique récente, j’interpellais les intellectuels africains, afin qu’ils prennent position, qu’ils embarquent dans ce train de la renaissance qui passe devant leur porte. Parodiant Aimé Césaire, je leur intimais de parler, afin d’attaquer à leurs bases, oppression et servitude pour rendre possible la fraternité. Quelques-uns l’avaient déjà fait. D’autres m’ont écouté, notamment Calixthe Bayala, Olympe Bhêly-Quenum, Tierno Monenembo, Achille Mbembe, etc. Lequel a tissé le moindre laurier même en papier recyclé à la «communauté internationale» ? Lequel a salué Barack Obama ou encensé Nicolas Sarkozy ? Combien ont reconnu la légitimité de Ouattara ? Lequel n’a pas apporté son soutien explicite ou implicite à Laurent Gbagbo, les plus minimalistes demandant comme lui, que l’on respecte les textes d’un état souverain ; que l’on arrête les bruits de bottes et les rodomontades grotesques – incontournable pléonasme –, que cette affaire soit laissée à la discrétion des Ivoiriens ! Quel homme politique africain a envoyé le plus petit courriel de félicitation à Ouattara ?

Qui pourrait comprendre que, au lendemain de la célébration du cinquantenaire des indépendances des anciennes colonies françaises d’Afrique, ce continent soit encore regardé avec les yeux du documentaire récemment diffusé par France télévision sur la Françafrique, documentaire inattendument prophétique, qui annonçait la victoire de Ouattara –, les explications alambiquées du réalisateur n’y pourront rien – alors qu’il avait été produit des mois avant les élections ivoiriennes ? Qui peut accepter qu’un certain Monsieur Choi se comporte encore comme un commandant de cercle ?

Nos enfants ne nous mépriseraient-il pas, à juste titre, s’ils savaient que nous étions restés muets devant le spectacle grotesque d’une furtive proclamation de la victoire d’un candidat par les ambassadeurs étrangers dans son Quartier Général.

Gaston Kelman,

(Extrait de « Pouvais-je rester sourd à tant de souffrances bafouées ? »).

in Le Filament N°14

samedi 26 février 2011

A propos des ambassadeurs nommes par M. Alassane Ouattara.

Vendredi 28 janvier 2011. Palais de l`Elysée, Paris (France). Le nouvel ambassadeur de Côte d`Ivoire, nommé par le Président Alassane Dramane Ouattara, a présenté au Président Nicolas SAarkozy, les lettres de créance l`accréditant auprès de la République Française


La crise qui secoue la Côte d’Ivoire, depuis le second tour des élections présidentielles du 28 novembre 2010, fait couler de l’encre à flots. Les médias s’adonnent à cœur joie dans les différents soubresauts des populations ivoiriennes. L’un des faits les plus marquants des diverses péripéties de cette crise, et qui, à plus d’un titre, retient ici notre attention, est la désignation d’ambassadeurs par Monsieur Alassane Ouattara.

Nous référant à ces « ambassadeurs » nommés par Monsieur Dramane Ouattara, un petit tour dans le passé nous éclaire que, en Afrique, l’on a toujours eu recours aux échanges diplomatiques, soit pour régler des conflits, soit pour établir des relations commerciales, soit pour créer ou sauvegarder une fraternité entre deux villages, deux empires, deux royaumes ou tout simplement entre des familles. Derrière cette pratique se profilait le souci de la bonne cohabitation ou du bon voisinage. Ainsi, par exemple, pour annoncer un décès, un homme appartenant au même village maternel que le défunt, est envoyé en mission... De cette manière, l’envoyé jouait le rôle d’ambassadeur et concourait, par la réussite de sa mission à consolider la paix et l’entente... Lorsque nous allons sur les autres continents, on remarque que, dans les cités grecques, l’on échangeait des orateurs et, à Rome, des légats. Dans la majorité des cas, les missions de ces envoyés étaient limitées dans le temps, généralement selon qu’elle est urgente ou pas.

La mission diplomatique dans sa forme occidentalisée a été originellement pratiquée par l’Empire byzantin. C’est plus tard, au 15ème siècle, que les Etats italiens, qui se trouvaient très faibles et divisés, ont établi, de façon permanente, des représentations auprès des états puissants comme la France et l’Angleterre, puis dans le but d’éviter des confrontations fratricides ou des conflits avec l’extérieur. Cet exemple a été suivi par François 1er, en 1522, en Suisse, puis à Londres, à Vénice.

Partant de là, les échanges diplomatiques ont connu une grande ampleur, notamment à partir du Congrès de Vienne, en Autriche, en 1815. Une Charte des relations diplomatiques a alors été adoptée ; elle a été appliquée après sa mise à jour qui a précédé la Convention de Vienne de 1961. Depuis lors, les Etats dans le monde, fussent-ils petits ou grands, nouveaux ou anciens, tissent des liens diplomatiques entre eux et échangent des ambassadeurs.

Quel est le rôle de l’ambassadeur?

L’ambassadeur « est un chef d’un autre Etat » dans l’Etat qui l’accueille. C’est pour dire qu’il a, dans ses mains, la plénitude des pouvoirs de son Etat respectif au poste où il a été affecté. Il est celui qui défend les intérêts de son pays d’origine dans le pays qui l’accueille. Son chef hiérarchique est le Ministre des Affaires Etrangères qui, en général, agit de façon autonome dans le gouvernement, tout au moins en ce qui concerne les nominations des ambassadeurs. Voici donc le rôle classique de l’ambassadeur. Sur cette base, on distingue deux types d’ambassadeurs :

a) Le premier type comprend les diplomates de formation et de carrière. Pour comprendre ce qui précède, prenons le cas des pays francophones. Les diplomates, sont des administrateurs qui sont passés par l’Ecole Normale d’Administration (ENA) où ils ont fait des études conséquentes. Ils sont des hauts fonctionnaires et ne sont pas directement impliqués par les activités et les considérations politiques de leurs pays d’origine, c'est-à-dire par exemple agissant en tant que militants d’un parti politique. Censés être « neutres » ou « indépendants », leur mission est la défense des intérêts de leur pays. On constate malheureusement que ce rôle, a priori noble, est corrompu par certains politiques.

Le second type d’ambassadeurs comporte des « politiques », car ils sont choisis sur une base politique, généralement en rapport de leurs relations avec le pouvoir. Autrement dit, c’est le président qui, usant de ses prérogatives et pouvoirs discrétionnaires, les nomme dans des ambassades où leur poste ou mission est prioritairement politique, parfois sans rapport avec leur bacground. Dans ce sens, on retrouve dans cette deuxième catégorie n’importe qui, souvent sans aucun rapport avec la diplomatie.

A propos de ces “ambassadeurs” nommés par Monsieur Dramane Ouattara

Alors, dans le cas ivoirien, peut-on dire que les “ambassadeurs” désignés par Monsieur Alassane Ouattara respectent les critères sus soulignés? Tout de suite, nous disons : non ! Et, suivez-nous pour comprendre pourquoi. D’abord, celui qui désigne quelqu’un d’autre pour être son représentant dans une autre nation pour la défense des intérêts nationaux, doit être en possession du pouvoir étatique. En clair, il doit être le président ayant les pleins pouvoirs dans le pays d’où les ambassadeurs partent pour leurs postes à pourvoir à l’étranger. Or, ici, Monsieur Alassane Ouattara, en raison du contentieux électoral et de la crise postélectorale, ne contrôle jusque-là rien ; d’où, ses nominations d’ambassadeurs sont nulles et sans effet, même si, les pays occidentaux les « acceptent ».

De plus, dans la mesure où les ambassadeurs nommés par Monsieur Alassane Ouattara, notamment M. Ali Coulibaly en France et Mme Mama Touré, en Angleterre…, ne sont pas des diplomates de formation ou de carrière, ils ne savent pas ce qu’il faut faire dans un bureau d’une ambassade. A ce que nous savons, ces personnes n’ont jamais posé le pied là où il faut pour avoir le niveau requis pour occuper de telles fonctions.

Par ailleurs, on constate curieusement que les personnes nommées sont toutes issues de la même région que Monsieur Alassane Ouattara. Et là, personne ne crie au scandale... Bien au contraire… Et, comme le ridicule ne tue pas, et comme ils ne connaissent pas la honte, nos nouveaux « ambassadeurs » signent des documents qui ne sont reconnus nulle part, même pas en Côte d’Ivoire où les visas qu’ils délivrent n’ont aucune validité. Et, comme personne ne peut être privé de rêver, nos nouveaux « ambassadeurs » continuent de caresser leurs rêves factices et vides de sens, qui ne sont que pure folie et qui deviendront bientôt des cauchemars.

Sacrifiés sur l’autel de certains intérêts et, agissant en inconscients, ces nouveaux « ambassadeurs » sont utilisés pour fouler au pied les règles régissant les rapports d’Etat à Etat… Le monde entier regarde tout cela, fort amusé... par nos pitreries, et autres nègreries…

Sylvain de Bogou

Directeur de Rédaction

samedi 20 novembre 2010

Stratégie pour la victoire

Le 28 novembre 2010, la CÔTE D’IVOIRE doit remporter LA VICTOIRE, non pas par « tous les moyens », mais de façon démocratique, c'est-à-dire sans violence, sans tricherie, dans la discipline, dans l’union. Nous les Ivoiriens et les Ivoiriennes, pour ce 2ème tour de notre élection présidentielle, unissons-nous pour dire NON à la servitude et pour confirmer notre légitime aspiration à la paix, à la souveraineté, à la dignité, au bien-être. Soyons tous rassemblés pour proclamer, aux yeux du monde entier, notre grandeur et notre maturité et pour faire du 28 novembre 2010, une date glorieuse et mémorable.


LES DIX COMMANDEMENTS POUR GAGNER LE 28 NOVEMBRE 2010

1. Nous devons nous mettre en rangs serrés et compacts pour défendre la terre de nos aïeuls, la Côte d’Ivoire.

2. Nous devons nous organiser, c'est-à-dire : mettre en place les dispositions utiles ; prévoir les moyens adéquats en ce qui concerne les secours, les ravitaillements et les déplacements (transports), afin d’éviter les désagréments, les vicissitudes, et les affrontements inutiles.

3. Nous devons mobiliser toutes les forces vives, hommes et femmes, de notre nation pour une participation effective et massive au vote : soyons, tous et toutes, présents dans tous les bureaux de vote pour exercer, en toute conscience et en toute responsabilité, notre droit de vote et notre devoir citoyen.

4. Nous devons faire barrage, PACIFIQUEMENT, SANS VIOLENCE, aux spécialistes de la violence, ramener les va-t-en-guerre à de bons sentiments, à des comportements de sagesse.

5. Nous devons être, tous et toutes, présents, dans tous les lieux de vote, et demeurer vigilants, attentifs aux différentes phases du déroulement du vote, c'est-à-dire depuis l’ouverture du bureau jusqu'à la proclamation des résultats.

6. Nous devons veiller à ce que soient utilisés les moyens et les matériels appropriés (urnes transparentes, machines à voter mécaniques ou électriques, bulletin unique, isoloir, encre...) en vue de prévenir ou d'éviter les manipulations frauduleuses de tous genres, et dénoncer systématiquement la moindre anomalie ou irrégularité constatée : la dénonciation des irrégularités électorales doit être l'affaire de chaque citoyen ou citoyenne.

7. Nous devons savoir que tout électeur qui vend sa voix au plus offrant est aussi méprisable que tout candidat qui achète la voix d'un électeur pour usurper le pouvoir.

8. Nous devons savoir que, dans l'isoloir, hors du regard des autres, chacun ou chacune de nous doit avoir constamment à l'esprit qu'il ou elle n'est pas seul(e), mais qu'il ou elle est en face de sa conscience et face à sa conscience, et que la destinée de notre nation est, à ce moment précis, entre ses mains.

9. Nous devons connaître les diverses méthodes de fraude pour détecter et dissuader les fraudeurs, pour lutter efficacement contre les pratiques frauduleuses et les irrégularités susceptibles d'affecter ou de fausser les résultats de l’élection : nous voulons une élection juste et transparente où la victoire reviendra au plus méritant des candidats, c'est-à-dire celui qui est capable d'agir dans l'intérêt supérieur de la population ivoirienne.

10. Nous devons éviter le vote mécanique et instinctif ; cela veut dire : ne pas nous baser sur nos attaches régionales, ethniques, religieuses ou militantes, mais voir seulement et uniquement la CÔTE D’IVOIRE.
Vive la Côte d’Ivoire ! Vive l’Afrique !

Léandre Sahiri

lundi 4 octobre 2010

Côte d’Ivoire : La débauche institutionnalisée

Dix-sept pays africains, dans une liesse fiévreuse et hérétique, fêtent les cinquante années de leur indépendance, en cette année 2010. Toute l’Afrique s’embrase aux couleurs « des cinquante années d’indépendance ».En Côte d’Ivoire, comme si l’ivresse d’un seul jour était la solution que le peuple attendait pour enfin bien respirer, des sommes faramineuses, qui n’existaient pas pour réduire la souffrance des peuples, sont curieusement trouvées et dépensées.Et pourtant, le paradoxe est tel qu’on se croirait devant une aporie et une apoplexie au même instant.

Une aporie parce qu’on se trouve totalement désarmé devant ce qui se passe dans ce pays, la Côte d’Ivoire. L’éthique, il ne faut pas en parler. Et cela va du public au privé, en passant par la famille. L’Etat, si on peut le résumer aux trois institutions suivantes : l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire, est lui-même le nid de la corruption et de la putréfaction de la Côte d’Ivoire : « il faut corrompre pour vivre ou pour survivre », telle est la nouvelle donne. Et alors, on ne réfléchit plus, on ne pense plus, on n’ose plus poser de questions : « on se tait pour mieux manger ». Des enquêtes farfelues sont engagées sans aucun résultat ou si la chance est au rendez-vous, le résultat est simplement politicien. Le tout, au détriment des « sans voix » qui se contentent d’applaudir ou de défendre le « coupable blanchi » pour une question de géopolitique.

Ainsi va la Côte d’Ivoire où tout était, est et reste pourtant possible pour pousser l’Afrique en avant, au développement.

Ce qui se développe par contre est la Rue Princesse avec ses conséquences : croissance du SIDA et d’autres maladies sexuellement transmissibles (MST).

La Rue Princesse est le lieu de ravitaillement en belles jambes pour les ayant, il ne faut donc pas la toucher. Non !

L’école, il ne faut pas en faire cas. Les résultats de fin d’année vacillent entre 18% et 30%. Cela va du primaire au supérieur. Et, devant cette destruction volontaire de la production intellectuelle par des intellectuels qui avaient, pourtant, promis monts et merveilles, les parents, sans doute désabusés, continuent d’applaudir les « Sauveurs de la République » qui s’enrichissent sur leur dos et qui logent, à grand prix, leurs petites maîtresses écervelées dans les quartiers huppés de Cocody avec des 4x4 flambant neuf comme récompense des coups de rein donnés de temps en temps.

Dans les universités et écoles dites supérieures, la tête ne compte plus. La « raison » des fesses a pris le pas sur le cerveau. Seules les jambes, le visage bien maquillé et « l’approche de l’étudiante » envers son enseignant donnent droit aux bons résultats. Et, pendant ce temps, pour échapper à la règle d’or, la loi des fesses, du passage à la classe supérieure, les intellectuels et leurs amis dirigeant les institutions et les grandes boîtes étatiques, envoient leurs filles étudier en Occident. Et toujours, le peuple applaudit à cœur joie.

Nous parlons également de l’apoplexie, parce que l’état des choses en Côte d’Ivoire donne l’impression que les intellectuels au pouvoir, et cela en provenance de tous les partis politiques, sont tous devenus amnésiques. Ils feignent d’oublier que c’est grâce aux études faites (complétées ou non) qu’ils sont aujourd’hui au devant de l’Etat. Il y a donc lieu de se demander s’ils n’ont pas perdu le fonctionnement de leur cervelle. Ils choisissent d’utiliser les syndicats des enseignants comme des armes politiciennes et servent les Ivoiriens de discours creux qui montrent leurs incapacités notoires à placer la Côte d’Ivoire sur le chemin du développement tant souhaité, tant recherché et tant promis.

Mais, peuvent-ils jamais s’imaginer, du moins savoir que leurs mensonges et leur politique du ventre et des fesses prendront fin un jour et que l’histoire qui est le vrai juge, les condamnera, à jamais, sur l’autel des enfants indignes d’une République aux énormes potentialités.

SYLVAIN DE BOGOU, Directeur de la rédaction
sylvaindebogou@yahoo

Paru dans la rubrique actualité oblige du Filament N°8


lundi 27 septembre 2010

Côte d’Ivoire : A propos de l’inquiétante montée de la fièvre de la politique du ventre

Les élections présidentielles en Côte d’Ivoire ont engendré un phénomène qui semble normal, mais qui, en réalité, n’est que le bout de l’iceberg de la souffrance et de la facilité devenues le lot de la population. Il s’agit des groupes de soutien aux différents candidats.

En fait, ce phénomène a commencé sous Houphouët Boigny. En son temps, M. Houphouët Boigny utilisait de gros moyens pour « houphouëtiser » la conscience nationale. La corruption, l’emprisonnement des opposants vrais ou faux ; les parents des opposants n’échappaient pas à la poigne en fer de Boigny. Les parents de certains opposants étaient jetés en taule pour signifier qu’ils ont mal éduqué leurs enfants, au point que ceux-ci ont le culot de critiquer Boigny, l’omnipotent et l’omniscient qui, au demeurant, se comparait à Jésus, à Socrate et à Mahomet. C’était donc sa façon à lui, M. Houphouët Boigny, de « rééduquer », en quelque sorte, ces enfants qui ont « dévié » ou « fauté ». M. Houphouët Boigny avait tout le pays dans sa paume. Depuis les délégués PDCI et chefs de villages jusqu’aux parlementaires, en passant par les notables, les préfets et les sous-préfets et les ministres. C’était bien cela, « la démocratie à l’ivoirienne ». Sous M. Houphouët Boigny, toute personne qui refusait de payer pour acquérir sa carte de membre au PDCI était systématiquement arrêtée. Les usagers des transports publics et privés routiers étaient soumis permanemment à une fouille systématique qui aboutissait au payement de sommes plus élevées que le prix de la carte PDCI. Des groupes ethniques défilaient chez M. Houphouët Boigny, pour lui présenter des excuses et pour lui faire ou réitérer allégeance et soumission, parfois suite à « une faute » commise contre Boigny par un fils d’une ethnie donnée. Ainsi, on a assisté, en Côte d’Ivoire, aux défilés du peuple Wê dans « l’affaire du capitaine Sioh », les Bété « dans l’affaire Gbagbo », les Agnis « dans l’affaire du Sanwi », etc.

On peut comprendre et mettre de tels agissements de M. Houphouët Boigny sous le fait que la nation ivoirienne vivait un système politique de parti unique. Mais, chose curieuse, les clubs ou « cercles de soutien » ont repris du poil de la bête, sous M. Henri Konan Bédié qui, venu de son Daoukro natal, ambitionnait de transformer la Côte d’Ivoire en un « éléphant blanc ». On en comptait par dizaines, par centaines, par milliers. Ainsi, à Londres, on a eu par exemple GRAPA-PDCI qui, selon ses animateurs, fait du lobbysme pour, entre autres, remettre M. Henri Konan Bédié dans la chaise royale que M. Houphouët Boigny lui aurait laissée en héritage au palais présidentiel.

Le FPI et la politique de « je peux faire pire que toi ».

Depuis l’opposition, et avant son arrivée au pouvoir, le Front Populaire Ivoirien (FPI) a été le premier parti à critiquer, de façon la plus virulente possible, les cercles et clubs Henri Konan Bédié. En gros, le parti du président Laurent Gbagbo a démontré, par tous les moyens dont il disposait, en ce temps précis, l’impact négatif de ces pratiques qu’on qualifiait de « politiciennes et avilissantes ». On parlait même de « corruption ou achat de la conscience des électeurs, tribalisation du débat politique », etc.

La venue de Robert Guéi sembla mettre fin, plutôt émoussa la ferveur des cercles Bédié. Car, alors qu’on s’y attendait le moins du monde, le père Noël, M. Robert Guéi a aussi eu, pendant son cours règne, ses fans clubs. Mais, le contraste intervient avec le FPI du président Gbagbo.

CREA PDCI France
Aujourd’hui, le FPI détient de très loin le record des clubs de soutien a M. Laurent Gbagbo dont voici un infime échantillon : « Gbagbo Power », « Dial Gbagbo », « Deux millions de femmes pour Gbagbo », « Les Mamans Gbagbo », « Les juniors Gbagbo », « les femmes divorcées Gbagbo », « Les Prostituées Gbagbo », « Les Intoxiques Gbagbo », « Le Club des déscolarisés Gbagbo », etc. etc. A voir le nombre incessamment grandissant des clubs ou cercles de soutien, il y a lieu de chercher à savoir ce que ces nombreux groupements apportent à leurs candidats. Tout de suite, pour faciliter le débat, nous disons : un gros rien. Car, lorsque vous prenez la peine d’assister aux rencontres de ces « néo- politiques », opportunistes véreux, qui vous empêchent de dormir avec des e-mails ennuyants et des appels téléphoniques indésirables, vous retrouvez les mêmes personnes dans tous les clubs. Pis, ils sont incapables de vous montrer les nouvelles personnes qu’ils ont convaincues pour voter pour leurs candidats.

Par ailleurs, force est de relever que ces opportunistes font, tous et toutes, la même promesse : « nous avons constaté que le parti, à lui seul, ne peut pas être partout ; et donc, nous nous sommes mis en place pour convaincre les indécis et nos amis des autres partis à voter pour notre candidat ». Des mots vides et creux ! Car, si ce qu’ils disent est vrai, quelle garantie ont-ils pour prouver que ceux ou celles qu’ils croient avoir convaincus voteront, réellement et effectivement, pour leur candidat ? D’ailleurs, qu’est-ce qui prouve que ces électeurs « timides » existent ? A moins qu’on ne les prenne pour des naïfs, du moins des imbéciles …, car il est bien connu que « ce sont les imbéciles qui ne changent pas ».

Nous pensons tout simplement que ces clubs de soutien, devenus innombrables sous le FPI, sont des groupes d’escrocs aux têtes creuses qui se croient plus malins que les autres. Ils font le culte de la personne pour « manger », comme bon nombre d’Ivoiriens qui sont hélas ! tombés dans la facilité, sous l’ère FPI. Et, le tout se passe avec la complicité des autorités des différents partis et surtout avec l’aval des dirigeants du FPI qui, soit ne disent pas la vérité à M. Laurent Gbagbo, soit savent quel profit on en tire. A moins que M. Laurent Gbagbo lui-même se plaise dans cette descente dans la honte où le peuple fabrique du faux pour manger aujourd’hui et tout de suite, sans savoir de quoi sera fait demain. A moins encore que M. Laurent Gbagbo refuse d’écouter ses pairs ou ses conseillers.

Au total, il faut mettre fin à ces organisations de mendiants modernes. Car, tout cela n’honore pas celui ou celle qui les met en place et montre l’abêtissement du peuple par le leader que l’on prétend soutenir et qui n’en a vraiment pas besoin, car, de toutes les façons, au moment du scrutin, les candidats sont jugés sur leur valeur intrinsèque, leur qualité morale et leur bilan.

Sylvain de Bogou, Directeur de la Rédaction, Le Filament. sylvaindebogou@yahoo.com

Paru dans la rubrique actualité oblige du Filament N°7



samedi 17 juillet 2010

Côte d'ivoire : FPI, tragédie d'un parti qui incarnait l'espoir

On a parfois besoin de vivre les faits pour y croire. Ou encore, la vie quotidienne, comme qui dirait, se révèle souvent la meilleure des écoles, voire le meilleur apprentissage. Sans cette expérience, on croit bien souvent que ce que certains disent ou racontent autour de nous n’est que du pur idéalisme ou simple utopie ou encore des fantasmes. Descendons sur terre et disons les choses plus simplement pour nous faire mieux comprendre ; n’est-ce pas là l’une de nos nombreuses missions à travers « Le Filament » ?

Ce qui se passe aujourd’hui en Côte d’Ivoire et tout précisément au sein du parti du Président Laurent Gbagbo, nous oblige à parler, sans tabou, du futur du FPI et de la Côte d’Ivoire après l’ère Gbagbo et surtout à revenir quelques années en arrière pour réviser les leçons de philosophie pure, de philosophie politique, de science politique et même de droit que nous buvions, avec volupté, et sans penser que, un jour, nous serions des témoins et acteurs de ce que nos différents maîtres ( que, au passage, nous saluons de nous avoir ouvert les yeux et les oreilles) tentaient, contre vents et marrées, de nous faire comprendre.

Il est très important de rappeler que le Front Populaire Ivoirien (FPI) est né d’une révolte contre les pratiques politiciennes du temps du parti unique ; des pratiques socialement et économiquement dégradantes et inhumaines de l’ancien régime, le PDCI (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire) dirigé alors par le « bélier » de Yamoussoukro, M Félix Houphouët-Boigny. Le FPI est né aussi de la volonté et dans le but de « gouverner autrement la Côte d’Ivoire » (Lire à ce sujet « Propositions pour gouverner la Côte d’Ivoire» de Laurent Gbagbo). Et donc « gouverner autrement la Côte d’Ivoire », tel est le slogan qui, comme le « Yes we can » de Barack Obama, a conduit le peuple ivoirien à prendre le risque de porter M. Laurent Gbagbo au pouvoir, en acceptant ou en faisant les sacrifices exigés, allant de la perte du gagne-pain jusqu'à la perte de la vie (Kpéa Domain, par exemple). Tout le monde le sait, des foyers ont été disloqués ; des légions remplies d’espérance ont été brisées, des ressortissants de certaines régions du pays ont été frappés d’ostracisme, purement et durement, de la part des dirigeants du PDCI ; et ce, parce qu’ils avaient épousé les idéaux véhiculés ouvertement par le discours nouveau ou inédit de Laurent Gbagbo et ses camarades.

En effet, Monsieur Laurent Gbagbo promettait de changer, radicalement et positivement, la condition de vie des Ivoiriens et des Africains. A ce propos, il disait : « J’ai les hommes et les femmes pour gouverner la Côte d’Ivoire autrement » ou encore « Je mets les pieds là où je connais », autrement dit, je viens en homme d’expérience, j’ai un programme pour gouverner, contrairement à mes prédécesseurs, etc. Nous ne croyons pas qu’il ait une seule fois dit qu’il venait au pouvoir pour empirer la situation des Ivoiriens. C’est pourquoi au vu de la situation exécrable, déliquescente et nauséabonde qui prévaut aujourd’hui au sein du FPI, et partant en Côte d’Ivoire, nous ne pensons pas que M. Laurent Gbagbo devrait être, n’en déplaisent à certains, épargné de nos critiques. Il est le chef du village, il est donc entièrement responsable, comme l’étaient hier M. Houphouët-Boigny et M. Konan Bédié, de l’ivresse et de la folie devenues quotidiennetés de la part de ces hommes et de ces femmes en qui il a placé sa confiance. N’est-ce pas lui qui répétait que, pour guérir une plaie, il faut percer l’abcès ? Alors pourquoi s’émouvoir lorsque son nom apparaît dans une quelconque analyse ou une critique ? Simplement, arrêtons de donner raison à Senghor qui avait du mal à supporter la couleur de sa peau et qui, sans conscience, disait : « La raison est hellène et l’émotion est nègre ». Dépassons le culte de la personne, battons-nous pour la dignité du Noir, et de l’Africain en particulier. Que les « Gbagboïstes » voient plus loin que le bout de leur nez et qu’ils placent la Côte d’Ivoire au centre ou au-devant de leur vision politique.

Aujourd’hui, lorsque nous jetons un regard froid sur la situation qui prévaut au sein du FPI et sur celle de toute la nation ivoirienne, nous sommes obligés de conclure, sans ambages, que le train des rêves sur lequel des millions d’Ivoiriens ont embarqué, s’est transformé en un minuscule wagon de cauchemars, voire en un coma politique et socio-économique. Au FPI, de l’idéalisme socialiste prometteur, l’on est tombé dans un « matérialisme » vagabondant, nauséabond , du moins dans une aristocratie éhontée qui écrase l’Ivoirien, qui conforte la pauvreté et la misère, au point de contraindre les autres Ivoiriens à vivoter ou à se prostituer dans les écoles, sur les lieux de travail, voire dans les toilettes des immeubles aux murs verdâtres et lézardés d’Abidjan et d’ailleurs.
C’est vrai que la France fasciste continue de livrer une guerre farouche d’intérêts à la Côte d’Ivoire, depuis que Laurent Gbagbo a décidé de « gouverner autrement ». Mais, nous disons : assez ! « La guerre de la France contre la Côte d’Ivoire », pour parler comme le Président de l’Assemblée nationale, le professeur Mamadou Koulibaly, ne doit pas cacher la gangrène dans laquelle la nation ivoirienne est plongée, purement et simplement par les agissements des hommes et des femmes du FPI. Leur attitude renvoie à l’idée, du moins porte à convaincre qu’ils sont venus au pouvoir pour voler, pour piller, pour détourner les deniers publics, pour se bâtir des châteaux, pour faire de leurs enfants les seuls méritants du pays et les seuls aptes à faire de bonnes études, et ce, dans les écoles et institutions les plus prestigieuses et non moins coûteuses dans les pays occidentaux.

Pour conclure cette première partie, nous disons que la Côte d’Ivoire est très riche et que sa modeste superficie ne constitue pas un obstacle pour son développement, ni pour le bien-être des Ivoiriens. Le seul problème ou l’un des obstacles est la course effrénée et illégale vers l’enrichissement rapide qui fait fi de toute loi morale et de toute logique, qui nous éloigne des promesses d’hier, qui nous pousse au désespoir, plutôt qu’à l’espoir. (A suivre)

Sylvain de Bogou, Directeur de la Rédaction, Le Filament. sylvaindebogou@yahoo.com

Un article paru dans la rubrique Actualité oblige du Filament N°6
 

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