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vendredi 11 mai 2012

Présidentielles françaises : le sort de Nicolas Sarkozy


Les écarts de langage et de comportement du Président sortant de la France, monsieur Nicolas Sarkozy, sont tellement nombreux que nous n’oserons pas les énumérer tous.  Les analyser en profondeur serait aussi synonyme de perte de temps.  Or, notre temps à nous est précieux. Mais, rappelons quelques faits.
Simplement, souvenons-nous du discours de monsieur Sarkozy à Dakar à l’Université Cheikh Anta Diop en juillet 2007, en présence de monsieur Abdoulaye Wade et de centaines d’enseignants et d’étudiants qui ont applaudi à grands cris.  Nous pardonnons les professeurs et leurs étudiants parce que nous croyons qu’ils n’avaient pas compris les injures adressées à toute l’Afrique à travers eux.  Monsieur Sarkozy, ce jour-là, et parmi tant d’autres choses, a dit de l’Africain : «Le drame de l’Afrique c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire… ».  Est-ce de l’amnésie qui serait en train de guetter monsieur Sarkozy ou une autre façon d’étaler son ignorance ? La réponse à cette question nous a été donnée le samedi 14 avril 2012 dernier. 

Ce jour-là, l’homme politique extraordinaire (tant par sa taille que par ses idées et sa politique) que le monde ait connu, a demandé pardon à l’Algérie, au moment de la cérémonie de partage des médailles aux anciens combattants. Cette cérémonie cache sans doute un seul objectif cynique : la conquête ou reconquête de l’électorat arabe français.  Sinon, jusqu'à ce que le contraire soit prouvé, les Algériens sont des Africains. Or, ceux-ci, selon monsieur Sarkozy, n’ont pas d’histoire.  Nous reprenons ce que le tuteur  des tyrans africains dit: «Le drame de l’Afrique c’est que l’homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire… ». 
L’autre point montrant le cynisme de monsieur Sarkozy est que c’est sous sa présidence que la France est devenue un état où seule la chrétienté a de la place.  La France a perdu sa laïcité.  Il a banni le port du voile.  Des femmes ont été arrêtées.  Certaines ont été menacées de perdre la nationalité française. D’autres ont été publiquement humiliées.  Et, le peuple français, très attaché à sa liberté, a regardé les choses suivre leur cours « normal ». 
En France, le prix des denrées, y compris la baguette de pain, ont en ces temps de crise ou le chômage est à son point culminant et la zone Euro durement secouée.  Toute la France se versera dans la rue pour crier : « réparation et arrêt de travail parce que famine ».  Mais, cette France qui chante : « Liberté, Egalité et Fraternité», s’est tue devant l’abus de pouvoir de monsieur Sarkozy qui a pris sur lui la responsabilité de retirer à des millions de personnes leur droit fondamental.  Ou encore, la grande France des libertés, de toutes les libertés confondues, serait-elle restée muette si monsieur Sarkozy avait interdit le port du petit ou du grand chapeau aux Juifs français ou le port de la croix aux chrétiens dans tous les lieux ?...  

Comme les Algériens qui, en majorité sont des musulmans dont les femmes et les filles subissent les reformes de monsieur Sarkozy dans « l’affaire du voile », beaucoup de Roumains et Roumaines ont été humiliés et jetés hors du territoire français, au nom de la politique « d’une France sans déchet humain » de monsieur Sarkozy.  La question est de savoir ce que prépare le « boudeur de David Cameron » pour se racheter auprès de l’électorat roumain ?   Que fera aussi monsieur Sarkozy pour demander pardon aux Anglais résidant en France et qui voteront lors des présidentielles prochaines ?  Le connaissant, nous le voyons en train de réunir quelques « amis » journalistes et cameramen pour « une conférence de presse » pour s’adresser au peuple français dans le souci de « tout régler » comme si celui-ci n’est pas assez fatigué de le voir chaque jour sur le petit écran. 

Enfin, comme la vertu s’échappe par la cheminée lorsque la politique fait son entrée par la porte, nous sommes très convaincus que monsieur Sarkozy, spécialiste des trouvailles, inventera encore quelque chose pour éviter d’être oublié par l’histoire.   Sinon, nous lui rappelons que toutes ses simagrées et ses comédies électoralistes ont été mises à nu, que les électeurs ont déjà décidé de son sort et qu’il répondra de tous les crimes qu’il a commis.   

Sylvain de Bogou

dimanche 4 mars 2012

La politique et le savoir

Il est aujourd’hui triste, très triste, de constater et d’entendre dire, dans les milieux politiques, que le savoir n’est pas important. Les sociétés secrètes deviennent, de plus en plus, la nouvelle donne qui ouvre les portes du pouvoir, du bonheur et de l’existence elle-même. Des aspirants politiques, nés de la dernière lune, refusent, de la manière la plus paradoxale et en public, de reconnaître la place prépondérante qu’occupe ‘le sachant’ dans la vie d’une nation.

Que cache l’attitude de nombreux néo-politiciens qui sont réfractaires au savoir ? Et, en quoi une telle vision représente un danger ?

Qu’est-ce que le savoir ?

Le mot savoir provient du latin ‘sapere’, qui signifie : posséder de la saveur, goûter, connaître. Avec l’évolution du temps, le mot savoir, après avoir transité par une forme figurée, a pris le sens actuel et désigne un ensemble de connaissances ou d'aptitudes reproductibles et transmissibles, acquises par l'étude, l'observation, l'apprentissage et/ou par l'expérience. Le savoir désigne également l’état d’une personne qui, en quelque sorte, est « informée » ou qui a la « tête bien pleine » et la « tête bien faite ».

De même, le savoir se rend plus visible et pratique sous le nom de « savoir-faire », « savoir-vivre », etc. C’est en ce sens qu’on appelle « intellectuel » celui dont le savoir repose sur l'appropriation effective des connaissances ou la création de concepts, en parallèle avec le développement des savoirs des sciences et de la philosophie. Par ailleurs, la notion de «savoir être», utilisée notamment dans le champ de la formation des adultes, renvoie aux attitudes et comportements qu'un sujet met en œuvre pour s'adapter à un milieu.

Le savoir est une ressource indispensable et utile à tout être humain

Le savoir est une ressource de nature immatérielle indispensable à tout être humain et utile pour l'action, la performance, la réussite : « Savoir, c'est pouvoir ! ». C’est en cela que le savoir constitue une valeur ajoutée, en rapport avec l'expérience vécue, l’environnement, les intérêts et les besoins. Cette valeur ajoutée prend l'allure d'un bien et même d'un « bien social et économique », en plus de sa dimension psychologique.

L’acquisition du savoir suppose un processus continu d’apprentissage, d’études, d'assimilation et d'organisation des connaissances par soi-même ou dans les structures et des institutions mises en place par les communautés humaines, telles que la famille, l’école, etc.

Dans ces structures et institutions, l'éducation a pour mission d'aider à l'acquisition et à l'appropriation du savoir, à la socialisation de l’individu ; l'enseignement a pour but de compléter l'acquisition de connaissances et le savoir-faire, pendant que la formation professionnelle est chargée de la transmission des savoirs professionnels. Quant à la pédagogie, elle élabore les conditions de cette transmission.

Selon les époques et les cultures, la conservation du savoir et la transmission des connaissances s'appuient sur la communication orale et l'expression écrite. Des « entrepôts du savoir » sont créés et entretenus comme mémoire collective. Ce sont : les « forêts sacrées », les temples, les sanctuaires, les bibliothèques, les centres de documentation, etc.

Le savoir et la politique

Dans l’ancienne Grèce et chez les Romains par exemple, ne faisait pas de la politique qui voulait.

Certes, l’âge était pour beaucoup dans la sélection des représentants de la nation ; mais, le savoir occupait une place si importante qu’il n’était pas permis à tous les hommes, même d’un âge avancé, de faire de la politique sans un minimum de savoir. Cela veut dire qu’on pouvait être d’un certain âge, respectable, sans toutefois prétendre à un poste politique, si le minimum de connaissances (littéraires, guerrières, historiques, scientifiques et autres) n’était pas acquis.

Cette vision qui demande au dirigeant le minimum de savoir devrait être en vigueur en Afrique et sur d’autres continents du tiers-monde.

Malheureusement, alors que le savoir occupe une place prépondérante pour faire de la politique, beaucoup d’Africains refusent d’apprendre. Ils arguent que l’on n’a pas besoin d’être bardé de connaissances, ni de diplômes, pour diriger une nation ou une grande compagnie, etc. Ainsi, la nouvelle classe des politiques africains regorge de gens qui rejettent systématiquement le savoir ou refusent d’étudier, mais qui ont recours au fétichisme, aux sociétés secrètes et/ou aux armes pour arriver au pouvoir.

En Côte d’Ivoire, avec le canon à la main comme dans un film ‘Western’, Soro Guillaume est devenu Premier Ministre, sans avoir terminé ses études et sans avoir auparavant exercé une quelconque fonction. Ailleurs, Joseph Kabila est devenu le chef d’Etat en utilisant les mêmes méthodes et en s’attachant les amitiés des francs-maçons, des rosicruciens et autres sociétés secrètes qui détruisent l’Afrique pour le compte de l’Occident. Aux Etats-Unis, M. George W. Bush est devenu président de la république avec les connections de son père qui fut, lui-même, président.

Cependant, il est à noter que tous ces parvenus n’ont pas changé leur histoire personnelle, ni celle des nations qu’ils dirigent ou ont dirigée. Entre autres, M. George W. Bush qui, comme on le sait, fut traité pour alcoolisme et pour autre comportement antisocial, fut un piètre président...

Toute personne qui ne respecte pas le savoir et qui contraint les masses à se détourner du savoir, est un ennemi de la liberté individuelle et publique.

Il est temps, vraiment temps que les politiques, et singulièrement les politiques africains, cessent d’endormir les masses. Il faut qu’ils encouragent les jeunes (et même les vieux qui le désirent encore), à aller à l’école, à apprendre, à accéder aux structures indiquées pour l'acquisition et l'appropriation du savoir. C’est en procédant ainsi que les Africains réussiront à réduire et à éradiquer l’ignorance, la misère et les souffrances et sortiront de l’état dans lequel ils sont maintenus depuis des siècles par l’Occident.

Voilà pourquoi nous estimons que M. Alassane Ouattara qui a fermé les universités en Côte d’ivoire est le premier ennemi de notre pays. Avec les armes, les occidentaux et leurs alliés kidnappent, tuent, violent des Africains et exploitent les richesses de l’Afrique sans souci et sans vergogne. Dans ces conditions, pour les Africains qui sont militairement faibles, le savoir constitue la meilleure arme de défense. Formons-nous en ayant en tête l’indépendance de l’Afrique. Sans information, sans formation, sans culture politique, sans échanges, l’Africain sera annihilé par les forces brutales qui ne connaissent ni loi, ni humanisme. Il ne faut pas perdre de vue que les lois des Occidentaux changent selon leurs intérêts du moment et selon la couleur de la personne qui discute avec eux. Retenons cela et formons-nous dans ce sens, si nous tenons à vivre et à nous libérer du joug de l’occident et de certains Africains qui sont les pires ennemis de l’Afrique.

Accéder au savoir pour constituer une force de libération pour l’Afrique

C’est grâce au savoir que l’occident se positionne en norme universelle. Combien de fois n’avons-nous pas été amenés à haïr nos cultures au profit de celles venues du Nord ?...

Il faut que nous nous réveillions. Il faut que chacun de nous joue son rôle. Que chacun, chaque soir, fasse le bilan des pas posés pour libérer l’Afrique. Que chaque africain œuvre à réduire les heurts entre nous, à annihiler les conflits qui constituent une véritable plaie et la fissure par laquelle l’Occident infiltre nos rangs facilement pour nous détruire.

Le savoir est un outil. Instruisons-nous pour nous approprier cet outil pour libérer l’Afrique.

Le savoir est une arme, profitons-en. Ceci est tellement vrai que Bergson dit du savoir : « Savoir, c’est prévoir pour agir »1.

Le savoir donne également une satisfaction personnelle et permet à celui qui le possède de devenir l’éclaireur qui sort son peuple des pénombres de l’ignorance qui l’exposait à tout danger.

Le savoir est une force, instruisons-nous pour ne pas demeurer à vie nos propres « égorgeurs »2 et de mauvais enfants pour l’Afrique.

Sylvain De Bogou

Paru dans Le Filament N°19

mardi 17 janvier 2012

Élite


De tes discours vides 
De tes manœuvres occultes 
Le peuple est en colère et fatigué
Quel rôle joues-tu ?
Ta mère s’éteint derrière
Le mur de désastres que tu as dressé
Pour mieux l’assujettir et l’user
Quel rôle joues-tu ?
Le peuple est à genoux 
Notre pays se meurt 
Quel rôle joues-tu ? 
L’Afrique est à l’agonie
Ta mère Afrique a besoin d’actes
Et non de tes verbiages 
Quel rôle est le tien?... 

Sylvain de Bogou

lundi 2 janvier 2012

Mamadou Koulibaly doit s’élever au-dessus de certaines contingences, au risque de s’enfoncer davantage dans les ténèbres de l’histoire...

Dans l’unique souci de manger ou de se mettre à l’abri, des femmes et des hommes, jadis pris pour des «ultra-Gbagboïstes», se sont directement ou indirectement liés à M. Alassane Ouattara : les uns se sont autoproclamés charismatiques ; d’autres ont carrément renié Laurent Gbagbo, comme un obstacle à leur promotion ou envergure et se projetés comme « candidats indépendants » aux élections législatives du 11 décembre 2011. Parmi eux, nous allons nous attarder un peu plus sur le cas du professeur Mamadou Koulibaly, ex numéro deux du pouvoir FPI qui vient de perdre «le test» auquel il a soumis son nouveau parti : LIDER.

Après trop de tambours, les élections législatives imposées aux Ivoiriens par la France, ses amis et ses poulains pour légaliser le putsch et les assassinats perpétrés contre la Côte d’Ivoire, viennent de sonner le glas des imposteurs et leurs acolytes. De façon générale, avec -15% d’électeurs (certains observateurs parlent de -10%), la comédie maladroitement appelée «élection» montée par les négrophobes et leurs pantins, devait être simplement et purement annulée. Mais, non, puisque nous sommes dans un monde où «La raison du plus fort reste la meilleure» et où le noir demeure un « bien meuble» (voir Le Code Noir). Alors que, l’ensemble des sociétés secrètes regroupées sous le parapluie de «Communauté Internationale» demande à la Russie de Poutine de reprendre ses élections législatives fort entachées, nous dit-on, d’irrégularités. Retenons que ce qui est applicable et appliqué ailleurs n’est pas bien pour l’Afrique et cela dans le psychique du caucasien.

Les Occidentaux parlent de l’universalité de «la démocratie» au nom de laquelle des milliers d’Africains sont assassinés quotidiennement par les armes venant de la France, de l’Angleterre, des Etats-Unis d’Amérique, etc. Cette contradiction, à d’autres occasions, sera débattue. Pour l’instant, revenons à ce que nous avons promis en début de notre mot.

M. Gervais Coulibaly, chef d’un nouveau parti qui n’avait que pour slogan de campagne «celui qui aime Gbagbo n’a qu’à voter pour moi», a été simplement rattrapé par sa couardise et son ingratitude à Yopougon. Les électeurs, sans «bombes françaises», lui ont montré la route de sa retraite politique anticipée. Comme M. Gervais Coulibaly, tous les ex-députés du FPI devenus « indépendants » pour, à la fois plaire à M. Alassane Ouattara, sauvegarder leurs biens parfois mal acquis et « manger aussi », ont été sanctionnées par la population qui n’a vu en eux rien qu’une bande de traitres pensant uniquement à leurs ignobles intérêts personnels.

Le professeur Mamadou Koulibaly, ce grand intellectuel que l’on voyait comme le successeur du président Gbagbo à la tête de la Côte d’Ivoire clamait que les législatives du 11 décembre dernier constituaient, pour son parti «un test». Le professeur vient de mordre dans la poussière à Koumassi où il était candidat. Au grand économiste, nous rappelons que, nous avons encore le mauvais souvenir du goût amer des P.A.S (« Programmes d’Appauvrissement Structuré » de M. Alassane Ouattara, un autre économiste) dont il est l’allié, au-delà de toutes apparences.

Au candidat qui vient d’échouer lamentablement, nous voudrions poser les quelques questions suivantes et l’entendre : M. le professeur, auriez-vous le courage de reconnaître que vous avez été fait, politiquement au moins, par le FPI et le président Gbagbo ? M. le professeur, pourriez-vous accepter que les diplômes que nous avons n’accouchent pas forcement du charisme politique, encore moins de la popularité politique? Auriez-vous la force de dire ouvertement aux Ivoiriens, à travers les journaux dans lesquels vous avez coutume de vous épancher et de faire de l’esbroufe que votre parti, LIDER, ne représente rien sur le terrain ?... Pourriez-vous tout déverser dans la rue (même tout ce qui s’apparente aux secrets d’Etat sous d’autres cieux) pour vous libérer et faire taire les rumeurs qui n’arrangent personne. Surtout, que personne, de grâce, ne nous dise pas que c’est une affaire de fesses qui vous conduit à en vouloir terriblement au président Gbagbo...

Les faits sont là : le professeur Koulibaly était absent à l’investiture de Gbagbo Laurent, mais, présent à la parodie organisée pour mettre M. Alassane Ouattara sur le trône. Le professeur Koulibaly a même le privilège d’avoir tiré le professeur Paul Yao N’Dré de sa cachette pour le ramener au pays et introniser M. Alassane Ouattara. Le professeur Koulibaly n’a jamais rendu visite, ni au président Gbagbo à Korhogo, ni à la première Dame qu’il a prétendue défendre dans son «Gbagbo a oublié Simone…», ni à ses camarades militants en prison. A Gagnoa, avec une outrecuidance incomparable et indicible, le professeur Koulibaly a demandé aux parents de Laurent Gbagbo, kidnappé, d’oublier leur fils. Cette audace en elle constitue, à elle seule, une insulte à tout un peuple et à une région. Et, le 11 décembre dernier, sans bommes ni machettes, ce peuple a, de façon très pertinente et remarquable, signifié son mécontentement et sa protestation à celui qui, ces derniers temps, semble se présenter comme le seul politique, le seul ‘sauveur’ et le seul économiste que la Côte d’Ivoire ait jamais eu. Le professeur Koulibaly feint peut-être d’ignorer que, contrairement à son nouvel ami Alassane qui renie ses propres parents et ses propres origines, chez certaines personnes, le fils reste toujours l’enfant du père et de tout le village, en dépit de tout péché que ce dernier aurait commis.

Il faut vraiment que le professeur qui, selon lui-même est arrivé au FPI grâce à ses diplômes et son mérite, dise de quoi il accuse Laurent Gbagbo. Le professeur Koulibaly centralise tous ses débats autour du parti, le FPI, qu’il a quitté. Pourquoi cette hargne?

Nous conseillons au professeur Koulibaly de se ressaisir, de s’élever au-dessus de certaines contingences, au risque de s’enfoncer davantage dans les ténèbres de l’histoire...

Enfin, espérant que le professeur Koulibaly, y compris les autres indépendants, a appris, de bonne manière, la leçon à lui donnée par la comédie électorale du 11 décembre et espérant qu’il va s’assoir pour réfléchir, prendre de nouvelles résolutions et parler pour répondre aux différentes interrogations, nous lui disons : Bonne et heureuse Année 2012.

Sylvain De Bogou


lundi 5 décembre 2011

Dis-leur…

Déçu est le peuple
D’eux
Les promesses Non tenues
Au diable
Ont envoyé enfants et parents
Et
Au démon ont été offertes  nos terres
Que
Famine et faillite s’emparent de notre patrie
Que
De sang inutile se verse nuit et jour
Pour
Le bonheur des nouveaux sauveurs
Qui
De solutions ne possèdent pas
Oui
Déçu est le peuple trahi
Depuis
Votre arrivée au sommet
Que
De trahison
Et de
Désolation
De
Leurs promesses creuses
Se meurt le peuple
Qui hier
Les applaudissait
Adieu.

Sylvain De Bogou,
(Extrait de « Cris d’Exil»).

dimanche 20 novembre 2011

Epître à Simone Ehivet Gbagbo



Camarade,

Je ne sais exactement quoi te dire, sinon : courage !

D’humiliation en humiliation, tu sors toujours grande

De trahison en trahison, tu reviens au peuple, plus forte

Devant tous abus vicieux, tu as toujours pardonné

Que voudras-tu que je dise au peuple qui attend impatiemment

De te voir sur le piédestal du palais de la culture pour calmer sa colère

Dame au patriotisme très profond et gênant l’ennemi de l’Afrique

Dame à la colonne vertébrale inébranlable par les coups de fouet

Du colon et de ses suppôts qui, à l’image de l’oiseau noir

Sont venus planter leurs becs de malheur sur les bords de notre Lagune Ebrié

Dame des rêves de plusieurs hommes rêvant d’une Afrique libre

Dame au caractère de Gbi la panthère, de Souroukou le lion

Dame qui a choisi de défendre l’Afrique contre toutes les tentations

Dame aux pieds de Loué l’éléphant qui boute l’ennemi hors d’état de nuire

Dame à la cervelle pleine et bien faite, jalousée et crainte par le colonisateur

Refusant de partir dans son supposé bonheur miroité aux non initiés

Que voudras-tu que je dise au peuple qui, à la recherche de guide

Attend ton retour de la villa lézardée où de force, tu as été conduite

Dame, mère des Ivoiriens, symbole de la résistance africaine

Ton peuple t’attend et te réserve un bain de foule

Pour célébrer ton retour qui se fait trop long, vraiment long

De ma plume, ton peuple apprendra quelque chose de toi

Mais, cette même plume ne saurait te remplacer auprès de lui

Et, je ne pourrais contenir le fardeau de leur envie de te voir aussi longtemps.


Sylvain de Bogou
Birmingham, le 30 septembre 2011

Paru dans Le Filament N°16

lundi 7 novembre 2011

Lettre de Birmingham à Laurent Gbagbo


Mon cher compatriote,
Plus de temps pour s’apitoyer
Mais le temps pour réfléchir.
Avertissements pourtant donnés
Que de démons, que de vampires à tes côtés
Donnaient dans le mensonge et dans la tricherie à peine masquée
Une absurdité aiguë dénoncée, mais pas prise au sérieux.
Des mangeurs et des nageurs, tous dans les couloirs du palais
Aux mains de l’ennemi dénoncé depuis des années.
Abandonné, seul !
Quelle folle envie de lire dans ton âme, dans ton actuelle pensée
Depuis la savane, humilié par des sans-culottes de sang assoiffés
Mon imagination me dit : des livres tu dévores et les nouvelles tu suis.
Que de confiance, trop de confiance donnée aux félons sortis du trou
Avec comme promesses, répliques, résistances et protection au peuple
Pris aux pièges de ‘l’Amérifrançafrique’ qui vit en toi un danger.
Ah! Quelle trahison. Ah! Quelle vie double menée par tes alliés d’hier
Que de sang versé sur la terre de tes ancêtres tant de fois voulus fiers
De toi, de la nation que tu voulus bâtir et de toute l’Afrique
Ah! Quelle ignorance des porteurs de flèches, de fusils, de sagaies
Tuant des Ivoiriens, vieux et jeunes tous ensemble, sans sourciller
Ah! Que la terre est méchante.
Ah ! Que la loi change de couleur, selon les intérêts en jeux
Ah! Que les hommes aussi du trou sortis
Par toi, changent selon le vent et l’humeur de la mer qui pleure les Ivoiriens
Tout en accueillant leurs corps jetés aux poissons pour s’en gaver la panse
Ah! Que de caméléons autour de toi.
Les dés depuis des temps pipés étaient.
Cependant, fier, serein et tranquille tu devras demeurer
Car, des Gbagbo, pleins dans les bourgs et les faubourgs d’Abidjan, de Katiola, de Man, de Soubré,
De Bouna, de Gagnoa, d’Aboisso…
De toute l’Europe et de toute l’Afrique, tu as semés.
Et la récolte, une bonne récolte, ne saurait tarder pour laver l’affront par le nègre essuyé
La tyrannie, de notre sang imbibé, succombera sous le poids de la colère des âmes liquidées
Expédiées reposer en pleine journée et en pleine lune de gaieté inachevée
Dans le monde des aïeux qui eux-mêmes, à une autre période, furent forcés de dormir sans fin.
Notre terre souillée dans tous ses coins et recoins, de façon fracassante et inadmissible
Fera payer l’imposteur et ses affidés venus tuer et faire main basse sur nos propriétés et nos fortunes.
Sans sommation,
Ils tuent, l’imposteur et ses affidés, avec une férocité insondable et incomparable.
Sans ménagement,
Ils tuent, l’imposteur et ses affidés, avec une joie bestiale, à un rythme cavalier et démoniaque d’un autre temps.
Mais, ils seront, ma foi,
Les sanguinaires venus de partout pour détruire le beau rêve éburnéen
Par les puissances par eux incontrôlables
Foudroyés.
A toi digne fils,
Reçois ce mot pour dire : à très bientôt.
Courage à toi. Avec toi le peuple demeure.

Sylvain de Bogou
Birmingham, le 30 septembre 2011

Paru dans Le Filament N°15

vendredi 28 octobre 2011

edito du 15 octobre 2011

Après une trêve d’environ six mois, votre journal « Le Filament » reprend dès à présent ses parutions, avec nos excuses et, bien sûr, tout le plaisir et la joie de vous retrouver.

Cette trêve, il faut le préciser, était due au fait que certains membres de notre équipe de rédaction résidant en Côte d’Ivoire ont été l’objet de sévices graves de la part des rebelles rebaptisés « FRCI ». L’un d’entre eux y a même failli perdre la vie. C’est en signe de protestation contre de tels abus et par solidarité avec nos confrères que, unanimement, nous avions décidé de suspendre nos activités.

Les appels téléphoniques, les e-mails, les textes messages que nous avons reçus nous ont incités à reprendre et nous confortent dans l’idée que nous avons été bien inspirés de lancer ce journal et, surtout, que nous devons continuer de suivre la ligne de la liberté et de l’indépendance que nous avons, à dessein, choisie.

Soyez assurés que, aussi longtemps que nous le pourrons, et grâce à vos soutiens et contributions, que nous saurons toujours apprécier à leur juste mesure, nous continuerons, contre vents et marées, à garder la même ligne éditoriale, en tâchant de nous améliorer chaque jour davantage, afin que « Le Filament » demeure à votre goût et réponde à votre attente.
Merci de nous aider à agrandir le cercle de nos lecteurs et lectrices, afin de réussir à relever notre défi d’atteindre plus d’un million de personnes attendant chaque mois de lire et de partager gracieusement « Le Filament ».

Merci également de nous soutenir, sous quelque forme que ce soit et d’offrir GRATUITEMENT, « Le Filament » à vos amis, à vos parents, à vos connaissances, à vos collègues…, par e-mail, par fax, par photocopie, par courrier postal, etc. Bienvenue sur notre site : www.lefilament.info.
Bonne lecture. Portez-vous bien et à très bientôt.

Léandre Sahiri,
Directeur de Publication.
Sylvain de Bogou,
Directeur de Rédaction

samedi 26 février 2011

A propos des ambassadeurs nommes par M. Alassane Ouattara.

Vendredi 28 janvier 2011. Palais de l`Elysée, Paris (France). Le nouvel ambassadeur de Côte d`Ivoire, nommé par le Président Alassane Dramane Ouattara, a présenté au Président Nicolas SAarkozy, les lettres de créance l`accréditant auprès de la République Française


La crise qui secoue la Côte d’Ivoire, depuis le second tour des élections présidentielles du 28 novembre 2010, fait couler de l’encre à flots. Les médias s’adonnent à cœur joie dans les différents soubresauts des populations ivoiriennes. L’un des faits les plus marquants des diverses péripéties de cette crise, et qui, à plus d’un titre, retient ici notre attention, est la désignation d’ambassadeurs par Monsieur Alassane Ouattara.

Nous référant à ces « ambassadeurs » nommés par Monsieur Dramane Ouattara, un petit tour dans le passé nous éclaire que, en Afrique, l’on a toujours eu recours aux échanges diplomatiques, soit pour régler des conflits, soit pour établir des relations commerciales, soit pour créer ou sauvegarder une fraternité entre deux villages, deux empires, deux royaumes ou tout simplement entre des familles. Derrière cette pratique se profilait le souci de la bonne cohabitation ou du bon voisinage. Ainsi, par exemple, pour annoncer un décès, un homme appartenant au même village maternel que le défunt, est envoyé en mission... De cette manière, l’envoyé jouait le rôle d’ambassadeur et concourait, par la réussite de sa mission à consolider la paix et l’entente... Lorsque nous allons sur les autres continents, on remarque que, dans les cités grecques, l’on échangeait des orateurs et, à Rome, des légats. Dans la majorité des cas, les missions de ces envoyés étaient limitées dans le temps, généralement selon qu’elle est urgente ou pas.

La mission diplomatique dans sa forme occidentalisée a été originellement pratiquée par l’Empire byzantin. C’est plus tard, au 15ème siècle, que les Etats italiens, qui se trouvaient très faibles et divisés, ont établi, de façon permanente, des représentations auprès des états puissants comme la France et l’Angleterre, puis dans le but d’éviter des confrontations fratricides ou des conflits avec l’extérieur. Cet exemple a été suivi par François 1er, en 1522, en Suisse, puis à Londres, à Vénice.

Partant de là, les échanges diplomatiques ont connu une grande ampleur, notamment à partir du Congrès de Vienne, en Autriche, en 1815. Une Charte des relations diplomatiques a alors été adoptée ; elle a été appliquée après sa mise à jour qui a précédé la Convention de Vienne de 1961. Depuis lors, les Etats dans le monde, fussent-ils petits ou grands, nouveaux ou anciens, tissent des liens diplomatiques entre eux et échangent des ambassadeurs.

Quel est le rôle de l’ambassadeur?

L’ambassadeur « est un chef d’un autre Etat » dans l’Etat qui l’accueille. C’est pour dire qu’il a, dans ses mains, la plénitude des pouvoirs de son Etat respectif au poste où il a été affecté. Il est celui qui défend les intérêts de son pays d’origine dans le pays qui l’accueille. Son chef hiérarchique est le Ministre des Affaires Etrangères qui, en général, agit de façon autonome dans le gouvernement, tout au moins en ce qui concerne les nominations des ambassadeurs. Voici donc le rôle classique de l’ambassadeur. Sur cette base, on distingue deux types d’ambassadeurs :

a) Le premier type comprend les diplomates de formation et de carrière. Pour comprendre ce qui précède, prenons le cas des pays francophones. Les diplomates, sont des administrateurs qui sont passés par l’Ecole Normale d’Administration (ENA) où ils ont fait des études conséquentes. Ils sont des hauts fonctionnaires et ne sont pas directement impliqués par les activités et les considérations politiques de leurs pays d’origine, c'est-à-dire par exemple agissant en tant que militants d’un parti politique. Censés être « neutres » ou « indépendants », leur mission est la défense des intérêts de leur pays. On constate malheureusement que ce rôle, a priori noble, est corrompu par certains politiques.

Le second type d’ambassadeurs comporte des « politiques », car ils sont choisis sur une base politique, généralement en rapport de leurs relations avec le pouvoir. Autrement dit, c’est le président qui, usant de ses prérogatives et pouvoirs discrétionnaires, les nomme dans des ambassades où leur poste ou mission est prioritairement politique, parfois sans rapport avec leur bacground. Dans ce sens, on retrouve dans cette deuxième catégorie n’importe qui, souvent sans aucun rapport avec la diplomatie.

A propos de ces “ambassadeurs” nommés par Monsieur Dramane Ouattara

Alors, dans le cas ivoirien, peut-on dire que les “ambassadeurs” désignés par Monsieur Alassane Ouattara respectent les critères sus soulignés? Tout de suite, nous disons : non ! Et, suivez-nous pour comprendre pourquoi. D’abord, celui qui désigne quelqu’un d’autre pour être son représentant dans une autre nation pour la défense des intérêts nationaux, doit être en possession du pouvoir étatique. En clair, il doit être le président ayant les pleins pouvoirs dans le pays d’où les ambassadeurs partent pour leurs postes à pourvoir à l’étranger. Or, ici, Monsieur Alassane Ouattara, en raison du contentieux électoral et de la crise postélectorale, ne contrôle jusque-là rien ; d’où, ses nominations d’ambassadeurs sont nulles et sans effet, même si, les pays occidentaux les « acceptent ».

De plus, dans la mesure où les ambassadeurs nommés par Monsieur Alassane Ouattara, notamment M. Ali Coulibaly en France et Mme Mama Touré, en Angleterre…, ne sont pas des diplomates de formation ou de carrière, ils ne savent pas ce qu’il faut faire dans un bureau d’une ambassade. A ce que nous savons, ces personnes n’ont jamais posé le pied là où il faut pour avoir le niveau requis pour occuper de telles fonctions.

Par ailleurs, on constate curieusement que les personnes nommées sont toutes issues de la même région que Monsieur Alassane Ouattara. Et là, personne ne crie au scandale... Bien au contraire… Et, comme le ridicule ne tue pas, et comme ils ne connaissent pas la honte, nos nouveaux « ambassadeurs » signent des documents qui ne sont reconnus nulle part, même pas en Côte d’Ivoire où les visas qu’ils délivrent n’ont aucune validité. Et, comme personne ne peut être privé de rêver, nos nouveaux « ambassadeurs » continuent de caresser leurs rêves factices et vides de sens, qui ne sont que pure folie et qui deviendront bientôt des cauchemars.

Sacrifiés sur l’autel de certains intérêts et, agissant en inconscients, ces nouveaux « ambassadeurs » sont utilisés pour fouler au pied les règles régissant les rapports d’Etat à Etat… Le monde entier regarde tout cela, fort amusé... par nos pitreries, et autres nègreries…

Sylvain de Bogou

Directeur de Rédaction

lundi 4 octobre 2010

Noir Canada

Un livre d’ALaIn DENEAULT
Genre : Essai
Editions Écosociété, Montréal, 2008
Présentation par Sylvain de Bogou


Alain Deneault anime le collectif Ressources d'Afrique. Il est titulaire d’un doctorat de philosophie de l’Université de Paris-VIII et mène aujourd'hui des recherches en sociologie à l'UQAM. Ses recherches et publications portent sur la fonction sociale, conceptuelle, psychique et esthétique de l’argent, les notions relatives au développement en Afrique, ainsi que sur les concepts fondamentaux de la philosophie politique jaugés au regard des réalités financières offshore. Alain Deneault a fait paraître des articles dans de nombreuses revues scientifiques (Global Crime, Mouvements, Le Coq héron…) de même que dans des publications politiques, telles que Billets d’Afrique, À bâbord !, ou encore dans Le Devoir. Il est l’auteur de Paul Martin et compagnies, Soixante thèses sur l’alégalité des paradis fiscaux (VLB, 2004).

Paru en 2008, son livre « Noir Canada », sous-titré « Pillage, corruption et criminalité en Afrique » est déjà à son troisième tirage. Ce fait démontre combien de fois ce bouquin de 346 pages est devenu incontournable dans les milieux des amoureux de la lecture simple et dans les sphères des politiques et des intellectuels tout court. C’est un livre pour tous et surtout pour les patriotes africains ; sans oublier les « amis » de l’Afrique.


Nombreux sont les thèmes abordés. L’auteur et ses collaborateurs parlent des crimes commis par les sociétés canadiennes qui contrôlent les richesses du sous-sol de toute l’Afrique. Ils soulignent également la place prépondérante que joue le Canada dans la protection des corporations étrangères et canadiennes qui commettent des crimes (homicides et scandales financiers) en Afrique. La corruption, les menaces contre toute personne qui ose lever le doigt et le pillage à grande échelle sont des pratiques quotidiennes chez les compagnies canadiennes, selon l’auteur. Pour Alain Deneault donc, le Canada qui présente toujours un visage de bon Samaritain en Afrique, est au cœur de ce qu’il appelle « la Mafiafrique ».

Ce livre est à lire. Car, il conduit le lecteur dans les méandres et les combines utilisés par les Occidentaux à travers leurs corporations (parfois à visage philanthropique) pour faire perdurer les souffrances des populations africaines et perpétuer la misère en Afrique.

Il s’entend que toutes les lignes de cet ouvrage restent, au sens juridique, des allégations. Les informations qu’il donne proviennent de sources crédibles et réputées, de Goma à Kinshasa, en passant par Berlin, Bruxelles, Londres, Paris, New York, Washington, Toronto, Ottawa ou Montréal. Il s’agit de données relevées dans des rapports d’organisations reconnues, dans des articles d’organes de presse réputés, dans des mémoires consignés par des autorités dans le cadre d’auditions d’experts, dans des documentaires fouillés et témoignages circonstanciés. Le plus souvent, ces données se sont recoupées. Leur nombre est effarant.

Au total, « Noir Canada » est un livre de grande valeur, un livre-enquête à lire nécessairement.

Sylvain De Bogou

Paru dans la rubrique Livre à lire du Filament N°8



Côte d’Ivoire : La débauche institutionnalisée

Dix-sept pays africains, dans une liesse fiévreuse et hérétique, fêtent les cinquante années de leur indépendance, en cette année 2010. Toute l’Afrique s’embrase aux couleurs « des cinquante années d’indépendance ».En Côte d’Ivoire, comme si l’ivresse d’un seul jour était la solution que le peuple attendait pour enfin bien respirer, des sommes faramineuses, qui n’existaient pas pour réduire la souffrance des peuples, sont curieusement trouvées et dépensées.Et pourtant, le paradoxe est tel qu’on se croirait devant une aporie et une apoplexie au même instant.

Une aporie parce qu’on se trouve totalement désarmé devant ce qui se passe dans ce pays, la Côte d’Ivoire. L’éthique, il ne faut pas en parler. Et cela va du public au privé, en passant par la famille. L’Etat, si on peut le résumer aux trois institutions suivantes : l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire, est lui-même le nid de la corruption et de la putréfaction de la Côte d’Ivoire : « il faut corrompre pour vivre ou pour survivre », telle est la nouvelle donne. Et alors, on ne réfléchit plus, on ne pense plus, on n’ose plus poser de questions : « on se tait pour mieux manger ». Des enquêtes farfelues sont engagées sans aucun résultat ou si la chance est au rendez-vous, le résultat est simplement politicien. Le tout, au détriment des « sans voix » qui se contentent d’applaudir ou de défendre le « coupable blanchi » pour une question de géopolitique.

Ainsi va la Côte d’Ivoire où tout était, est et reste pourtant possible pour pousser l’Afrique en avant, au développement.

Ce qui se développe par contre est la Rue Princesse avec ses conséquences : croissance du SIDA et d’autres maladies sexuellement transmissibles (MST).

La Rue Princesse est le lieu de ravitaillement en belles jambes pour les ayant, il ne faut donc pas la toucher. Non !

L’école, il ne faut pas en faire cas. Les résultats de fin d’année vacillent entre 18% et 30%. Cela va du primaire au supérieur. Et, devant cette destruction volontaire de la production intellectuelle par des intellectuels qui avaient, pourtant, promis monts et merveilles, les parents, sans doute désabusés, continuent d’applaudir les « Sauveurs de la République » qui s’enrichissent sur leur dos et qui logent, à grand prix, leurs petites maîtresses écervelées dans les quartiers huppés de Cocody avec des 4x4 flambant neuf comme récompense des coups de rein donnés de temps en temps.

Dans les universités et écoles dites supérieures, la tête ne compte plus. La « raison » des fesses a pris le pas sur le cerveau. Seules les jambes, le visage bien maquillé et « l’approche de l’étudiante » envers son enseignant donnent droit aux bons résultats. Et, pendant ce temps, pour échapper à la règle d’or, la loi des fesses, du passage à la classe supérieure, les intellectuels et leurs amis dirigeant les institutions et les grandes boîtes étatiques, envoient leurs filles étudier en Occident. Et toujours, le peuple applaudit à cœur joie.

Nous parlons également de l’apoplexie, parce que l’état des choses en Côte d’Ivoire donne l’impression que les intellectuels au pouvoir, et cela en provenance de tous les partis politiques, sont tous devenus amnésiques. Ils feignent d’oublier que c’est grâce aux études faites (complétées ou non) qu’ils sont aujourd’hui au devant de l’Etat. Il y a donc lieu de se demander s’ils n’ont pas perdu le fonctionnement de leur cervelle. Ils choisissent d’utiliser les syndicats des enseignants comme des armes politiciennes et servent les Ivoiriens de discours creux qui montrent leurs incapacités notoires à placer la Côte d’Ivoire sur le chemin du développement tant souhaité, tant recherché et tant promis.

Mais, peuvent-ils jamais s’imaginer, du moins savoir que leurs mensonges et leur politique du ventre et des fesses prendront fin un jour et que l’histoire qui est le vrai juge, les condamnera, à jamais, sur l’autel des enfants indignes d’une République aux énormes potentialités.

SYLVAIN DE BOGOU, Directeur de la rédaction
sylvaindebogou@yahoo

Paru dans la rubrique actualité oblige du Filament N°8


lundi 27 septembre 2010

Côte d’Ivoire : A propos de l’inquiétante montée de la fièvre de la politique du ventre

Les élections présidentielles en Côte d’Ivoire ont engendré un phénomène qui semble normal, mais qui, en réalité, n’est que le bout de l’iceberg de la souffrance et de la facilité devenues le lot de la population. Il s’agit des groupes de soutien aux différents candidats.

En fait, ce phénomène a commencé sous Houphouët Boigny. En son temps, M. Houphouët Boigny utilisait de gros moyens pour « houphouëtiser » la conscience nationale. La corruption, l’emprisonnement des opposants vrais ou faux ; les parents des opposants n’échappaient pas à la poigne en fer de Boigny. Les parents de certains opposants étaient jetés en taule pour signifier qu’ils ont mal éduqué leurs enfants, au point que ceux-ci ont le culot de critiquer Boigny, l’omnipotent et l’omniscient qui, au demeurant, se comparait à Jésus, à Socrate et à Mahomet. C’était donc sa façon à lui, M. Houphouët Boigny, de « rééduquer », en quelque sorte, ces enfants qui ont « dévié » ou « fauté ». M. Houphouët Boigny avait tout le pays dans sa paume. Depuis les délégués PDCI et chefs de villages jusqu’aux parlementaires, en passant par les notables, les préfets et les sous-préfets et les ministres. C’était bien cela, « la démocratie à l’ivoirienne ». Sous M. Houphouët Boigny, toute personne qui refusait de payer pour acquérir sa carte de membre au PDCI était systématiquement arrêtée. Les usagers des transports publics et privés routiers étaient soumis permanemment à une fouille systématique qui aboutissait au payement de sommes plus élevées que le prix de la carte PDCI. Des groupes ethniques défilaient chez M. Houphouët Boigny, pour lui présenter des excuses et pour lui faire ou réitérer allégeance et soumission, parfois suite à « une faute » commise contre Boigny par un fils d’une ethnie donnée. Ainsi, on a assisté, en Côte d’Ivoire, aux défilés du peuple Wê dans « l’affaire du capitaine Sioh », les Bété « dans l’affaire Gbagbo », les Agnis « dans l’affaire du Sanwi », etc.

On peut comprendre et mettre de tels agissements de M. Houphouët Boigny sous le fait que la nation ivoirienne vivait un système politique de parti unique. Mais, chose curieuse, les clubs ou « cercles de soutien » ont repris du poil de la bête, sous M. Henri Konan Bédié qui, venu de son Daoukro natal, ambitionnait de transformer la Côte d’Ivoire en un « éléphant blanc ». On en comptait par dizaines, par centaines, par milliers. Ainsi, à Londres, on a eu par exemple GRAPA-PDCI qui, selon ses animateurs, fait du lobbysme pour, entre autres, remettre M. Henri Konan Bédié dans la chaise royale que M. Houphouët Boigny lui aurait laissée en héritage au palais présidentiel.

Le FPI et la politique de « je peux faire pire que toi ».

Depuis l’opposition, et avant son arrivée au pouvoir, le Front Populaire Ivoirien (FPI) a été le premier parti à critiquer, de façon la plus virulente possible, les cercles et clubs Henri Konan Bédié. En gros, le parti du président Laurent Gbagbo a démontré, par tous les moyens dont il disposait, en ce temps précis, l’impact négatif de ces pratiques qu’on qualifiait de « politiciennes et avilissantes ». On parlait même de « corruption ou achat de la conscience des électeurs, tribalisation du débat politique », etc.

La venue de Robert Guéi sembla mettre fin, plutôt émoussa la ferveur des cercles Bédié. Car, alors qu’on s’y attendait le moins du monde, le père Noël, M. Robert Guéi a aussi eu, pendant son cours règne, ses fans clubs. Mais, le contraste intervient avec le FPI du président Gbagbo.

CREA PDCI France
Aujourd’hui, le FPI détient de très loin le record des clubs de soutien a M. Laurent Gbagbo dont voici un infime échantillon : « Gbagbo Power », « Dial Gbagbo », « Deux millions de femmes pour Gbagbo », « Les Mamans Gbagbo », « Les juniors Gbagbo », « les femmes divorcées Gbagbo », « Les Prostituées Gbagbo », « Les Intoxiques Gbagbo », « Le Club des déscolarisés Gbagbo », etc. etc. A voir le nombre incessamment grandissant des clubs ou cercles de soutien, il y a lieu de chercher à savoir ce que ces nombreux groupements apportent à leurs candidats. Tout de suite, pour faciliter le débat, nous disons : un gros rien. Car, lorsque vous prenez la peine d’assister aux rencontres de ces « néo- politiques », opportunistes véreux, qui vous empêchent de dormir avec des e-mails ennuyants et des appels téléphoniques indésirables, vous retrouvez les mêmes personnes dans tous les clubs. Pis, ils sont incapables de vous montrer les nouvelles personnes qu’ils ont convaincues pour voter pour leurs candidats.

Par ailleurs, force est de relever que ces opportunistes font, tous et toutes, la même promesse : « nous avons constaté que le parti, à lui seul, ne peut pas être partout ; et donc, nous nous sommes mis en place pour convaincre les indécis et nos amis des autres partis à voter pour notre candidat ». Des mots vides et creux ! Car, si ce qu’ils disent est vrai, quelle garantie ont-ils pour prouver que ceux ou celles qu’ils croient avoir convaincus voteront, réellement et effectivement, pour leur candidat ? D’ailleurs, qu’est-ce qui prouve que ces électeurs « timides » existent ? A moins qu’on ne les prenne pour des naïfs, du moins des imbéciles …, car il est bien connu que « ce sont les imbéciles qui ne changent pas ».

Nous pensons tout simplement que ces clubs de soutien, devenus innombrables sous le FPI, sont des groupes d’escrocs aux têtes creuses qui se croient plus malins que les autres. Ils font le culte de la personne pour « manger », comme bon nombre d’Ivoiriens qui sont hélas ! tombés dans la facilité, sous l’ère FPI. Et, le tout se passe avec la complicité des autorités des différents partis et surtout avec l’aval des dirigeants du FPI qui, soit ne disent pas la vérité à M. Laurent Gbagbo, soit savent quel profit on en tire. A moins que M. Laurent Gbagbo lui-même se plaise dans cette descente dans la honte où le peuple fabrique du faux pour manger aujourd’hui et tout de suite, sans savoir de quoi sera fait demain. A moins encore que M. Laurent Gbagbo refuse d’écouter ses pairs ou ses conseillers.

Au total, il faut mettre fin à ces organisations de mendiants modernes. Car, tout cela n’honore pas celui ou celle qui les met en place et montre l’abêtissement du peuple par le leader que l’on prétend soutenir et qui n’en a vraiment pas besoin, car, de toutes les façons, au moment du scrutin, les candidats sont jugés sur leur valeur intrinsèque, leur qualité morale et leur bilan.

Sylvain de Bogou, Directeur de la Rédaction, Le Filament. sylvaindebogou@yahoo.com

Paru dans la rubrique actualité oblige du Filament N°7



samedi 17 juillet 2010

Côte d'ivoire : FPI, tragédie d'un parti qui incarnait l'espoir

On a parfois besoin de vivre les faits pour y croire. Ou encore, la vie quotidienne, comme qui dirait, se révèle souvent la meilleure des écoles, voire le meilleur apprentissage. Sans cette expérience, on croit bien souvent que ce que certains disent ou racontent autour de nous n’est que du pur idéalisme ou simple utopie ou encore des fantasmes. Descendons sur terre et disons les choses plus simplement pour nous faire mieux comprendre ; n’est-ce pas là l’une de nos nombreuses missions à travers « Le Filament » ?

Ce qui se passe aujourd’hui en Côte d’Ivoire et tout précisément au sein du parti du Président Laurent Gbagbo, nous oblige à parler, sans tabou, du futur du FPI et de la Côte d’Ivoire après l’ère Gbagbo et surtout à revenir quelques années en arrière pour réviser les leçons de philosophie pure, de philosophie politique, de science politique et même de droit que nous buvions, avec volupté, et sans penser que, un jour, nous serions des témoins et acteurs de ce que nos différents maîtres ( que, au passage, nous saluons de nous avoir ouvert les yeux et les oreilles) tentaient, contre vents et marrées, de nous faire comprendre.

Il est très important de rappeler que le Front Populaire Ivoirien (FPI) est né d’une révolte contre les pratiques politiciennes du temps du parti unique ; des pratiques socialement et économiquement dégradantes et inhumaines de l’ancien régime, le PDCI (Parti Démocratique de Côte d’Ivoire) dirigé alors par le « bélier » de Yamoussoukro, M Félix Houphouët-Boigny. Le FPI est né aussi de la volonté et dans le but de « gouverner autrement la Côte d’Ivoire » (Lire à ce sujet « Propositions pour gouverner la Côte d’Ivoire» de Laurent Gbagbo). Et donc « gouverner autrement la Côte d’Ivoire », tel est le slogan qui, comme le « Yes we can » de Barack Obama, a conduit le peuple ivoirien à prendre le risque de porter M. Laurent Gbagbo au pouvoir, en acceptant ou en faisant les sacrifices exigés, allant de la perte du gagne-pain jusqu'à la perte de la vie (Kpéa Domain, par exemple). Tout le monde le sait, des foyers ont été disloqués ; des légions remplies d’espérance ont été brisées, des ressortissants de certaines régions du pays ont été frappés d’ostracisme, purement et durement, de la part des dirigeants du PDCI ; et ce, parce qu’ils avaient épousé les idéaux véhiculés ouvertement par le discours nouveau ou inédit de Laurent Gbagbo et ses camarades.

En effet, Monsieur Laurent Gbagbo promettait de changer, radicalement et positivement, la condition de vie des Ivoiriens et des Africains. A ce propos, il disait : « J’ai les hommes et les femmes pour gouverner la Côte d’Ivoire autrement » ou encore « Je mets les pieds là où je connais », autrement dit, je viens en homme d’expérience, j’ai un programme pour gouverner, contrairement à mes prédécesseurs, etc. Nous ne croyons pas qu’il ait une seule fois dit qu’il venait au pouvoir pour empirer la situation des Ivoiriens. C’est pourquoi au vu de la situation exécrable, déliquescente et nauséabonde qui prévaut aujourd’hui au sein du FPI, et partant en Côte d’Ivoire, nous ne pensons pas que M. Laurent Gbagbo devrait être, n’en déplaisent à certains, épargné de nos critiques. Il est le chef du village, il est donc entièrement responsable, comme l’étaient hier M. Houphouët-Boigny et M. Konan Bédié, de l’ivresse et de la folie devenues quotidiennetés de la part de ces hommes et de ces femmes en qui il a placé sa confiance. N’est-ce pas lui qui répétait que, pour guérir une plaie, il faut percer l’abcès ? Alors pourquoi s’émouvoir lorsque son nom apparaît dans une quelconque analyse ou une critique ? Simplement, arrêtons de donner raison à Senghor qui avait du mal à supporter la couleur de sa peau et qui, sans conscience, disait : « La raison est hellène et l’émotion est nègre ». Dépassons le culte de la personne, battons-nous pour la dignité du Noir, et de l’Africain en particulier. Que les « Gbagboïstes » voient plus loin que le bout de leur nez et qu’ils placent la Côte d’Ivoire au centre ou au-devant de leur vision politique.

Aujourd’hui, lorsque nous jetons un regard froid sur la situation qui prévaut au sein du FPI et sur celle de toute la nation ivoirienne, nous sommes obligés de conclure, sans ambages, que le train des rêves sur lequel des millions d’Ivoiriens ont embarqué, s’est transformé en un minuscule wagon de cauchemars, voire en un coma politique et socio-économique. Au FPI, de l’idéalisme socialiste prometteur, l’on est tombé dans un « matérialisme » vagabondant, nauséabond , du moins dans une aristocratie éhontée qui écrase l’Ivoirien, qui conforte la pauvreté et la misère, au point de contraindre les autres Ivoiriens à vivoter ou à se prostituer dans les écoles, sur les lieux de travail, voire dans les toilettes des immeubles aux murs verdâtres et lézardés d’Abidjan et d’ailleurs.
C’est vrai que la France fasciste continue de livrer une guerre farouche d’intérêts à la Côte d’Ivoire, depuis que Laurent Gbagbo a décidé de « gouverner autrement ». Mais, nous disons : assez ! « La guerre de la France contre la Côte d’Ivoire », pour parler comme le Président de l’Assemblée nationale, le professeur Mamadou Koulibaly, ne doit pas cacher la gangrène dans laquelle la nation ivoirienne est plongée, purement et simplement par les agissements des hommes et des femmes du FPI. Leur attitude renvoie à l’idée, du moins porte à convaincre qu’ils sont venus au pouvoir pour voler, pour piller, pour détourner les deniers publics, pour se bâtir des châteaux, pour faire de leurs enfants les seuls méritants du pays et les seuls aptes à faire de bonnes études, et ce, dans les écoles et institutions les plus prestigieuses et non moins coûteuses dans les pays occidentaux.

Pour conclure cette première partie, nous disons que la Côte d’Ivoire est très riche et que sa modeste superficie ne constitue pas un obstacle pour son développement, ni pour le bien-être des Ivoiriens. Le seul problème ou l’un des obstacles est la course effrénée et illégale vers l’enrichissement rapide qui fait fi de toute loi morale et de toute logique, qui nous éloigne des promesses d’hier, qui nous pousse au désespoir, plutôt qu’à l’espoir. (A suivre)

Sylvain de Bogou, Directeur de la Rédaction, Le Filament. sylvaindebogou@yahoo.com

Un article paru dans la rubrique Actualité oblige du Filament N°6

mardi 29 juin 2010

Le code noir de Louis XIV

Genre : théâtre
Auteur : Léandre Sahiri

Editions Menaibuc, Paris, 2008
ISBN : 978-2-35349-038-7

« Le Code noir de Louis XIV » est une pièce de théâtre qui, une fois de plus, démontre la « versatilité » littéraire de l’auteur de « Monica ou de l’injustice de la justice ». Les œuvres de cet écrivain englobent tous les genres, à l’exception du cinéma qu’il promet de couvrir instamment, dans un avenir proche.
Revenant à l’œuvre du jour, il faut dire que Léandre Sahiri a transformé, avec un génie dont il a seul le secret, un document juridique historique en une pièce de théâtre incontournable. Ce document juridique historique, c’est Le Code Noir qui, en 1685, décida du sort des Noirs, depuis Louis XIV jusqu'à nos jours. L’intérêt de cette pièce de théâtre, c’est que, après lecture, elle ne laisse pas indifférent. L’auteur amène le lecteur à voir le monde autrement. En d’autres termes, l’œuvre transforme le lecteur totalement, agit sur sa conscience, lui ouvre les yeux et l’esprit. Au point de croire que c’est un coup de fouet que Léandre Sahiri donne pour éveiller les consciences. C’est pourquoi nous estimons que cette pièce de théâtre doit être enseignée dans toutes les écoles, les universités et institutions. Tout Noir voulant se libérer doit absolument connaître, posséder et lire « Le Code noir de Louis XIV » de Léandre Sahiri. Tel est notre avis.

Concernant l’auteur, il faut dire que Léandre Sahiri, fondateur et Directeur de publication du journal « Le Filament », est titulaire d’un Doctorat ès lettres de l’Université de la Sorbonne (Paris). Professeur de littérature, il a enseigné dans plusieurs établissements en France, en Côte d’Ivoire et au Canada où il a été enseignant-chercheur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Critique littéraire et écrivain, il est intéressé spécifiquement par la promotion des valeurs humaines, les relations et Interactions multiculturelles. Il a collaboré à de nombreux journaux, magazines et revues et publié plusieurs livres dont La victoire par la voie des urnes (essai) ; Contes d'actualité (recueil de contes) ; Les obsèques de Bahi Oromé (théâtre) ; Le Code noir de Louis XIV, (théâtre) ; Jonathan Livingston le goéland (roman traduit de l'anglais) ; Monica ou De l'injustice de la justice (roman) ; Accusations (poèmes), etc.
Sylvain de Bogou


Quelques avis sur « Le Code noir»

Viviane Gnakalé Agnero :
Lorsque j’ai découvert le Code noir, j’ai été profondément choquée et révoltée. Beaucoup des nôtres ignorent tout de ce qui est le « code noir » et ont besoin d’en être instruits. Si bien que le projet d’écriture et de publication sur ce sujet est une initiative louable et très prometteuse.
En ce qui me concerne, j’ai découvert l’existence du « code noir » pendant des recherches que j’effectuais, il y a quelques temps déjà. Comme bien d’autres, j’en ai été profondément choquée et révoltée. Ce que je sais sur le sujet et que les lecteurs et lectrices vont découvrir à leur tour, je peux le résumer ainsi. Son origine : Louis XIV ; son auteur : Colbert ; son objectif : le besoin pour ses concepteurs d’accroître leur hégémonie culturelle et surtout leur puissance politique et commerciale. Pour ma part, ce document est un témoignage indéniable pour l’histoire, il doit surtout servir de garde-fou pour des nostalgiques de cette triste période ou pour confondre les tenants du néocolonialisme (qui n’est rien d’autre que la forme évoluée de l’esclavagisme), dans leur sombre dessein de répéter l’histoire.
Mais, permettez-moi de partager avec les lecteurs et lectrices, ce que je pense, d’une façon générale, de la question de l’esclavage. Dans cet ordre d’idées, voici un fragment d’un texte que j’ai rédigé dans la perspective d’un ouvrage à venir sur l’esclavage, un sujet sur lequel il y a encore beaucoup à dire.

« Au fond, qu’est ce que l’esclavage ? ».
Ce qui motive l’esclavage est la même tare qui justifie aux yeux de certains de nos frères les théories et conflits tribaux, a savoir, une certaine « déficience » morale, ou l’inachèvement de la de la maturation spirituelle, aggravé par un excès de vanité et d’ignorance.
Ce que nous devons comprendre c’est que dans l’absolu, la tare discriminatoire n’est, au fond, ni raciale ni ethnique, mais gravement et profondément humaine. Ce qui pousse l’homme à réduire son prochain à la servitude, n’est finalement rien d’autre que cette insurmontable soif de la domination. L’incommensurable besoin de se sentir supérieur à l’autre. « Le code noir » introduit par Louis XIV (16ème siècle) et plus tard repris par de nombreuses nations esclavagistes (à l’image des Jim Crow Laws aux Etats-Unis, 19ème siècle) participa de cette logique d’une quête de suprématie culturelle et commerciale. Si donc le noir a été, depuis des siècles, victimes de l’asservissement de la quasi-totalité des races humaines, y compris de la sienne, ce n’est pas à cause de sa faiblesse physique et encore moins de sa prétendue « infériorité mentale » qui, aux yeux du blanc suffit à justifier l’esclavage… mais, c’est bel et bien à cause de sa vulnérabilité économique et politique...
Je pense, sincèrement que, pour l’heure, il est dérisoire, pour nous, de nous accrocher à une vaine et hypothétique reconnaissance par les Blancs de leurs crimes esclavagistes. S’ils le font un jour, ce ne sera pas parce que, enfin, ils auront compris et reconnu leurs horreurs et erreurs, et toute l’étendue de leur responsabilité, mais pour le politiquement correct du moment. Et, ce politiquement correct, il ne s’imposera à eux que lorsque nous nous serons donnés les moyens intellectuels, économiques et politiques de les forcer s’incliner. En attendant, le verdict qui nous blanchira du crime d’être noirs, donc inférieurs et par conséquent domesticables, ne viendra de nulle part, sinon de nous-mêmes.
La connaissance, l’élévation spirituelle, le pouvoir économique, l’autonomie politique, c’est là que résident les clefs du salut qui nous absoudra du « délit de la négritude » !
Quand enfin, nous nous seront affranchis, libérés de ce que nous croyons et reconnaissons implicitement être « la malédiction de Cham », alors c’est tout naturellement que nous forcerons le regard des Blancs sur nous, à changer. En d’autres termes, c’est essentiellement lorsque nous serons libérés du complexe d’infériorité qui nourrit leur prétention à la domination, que nous gagnerons et notre respect mutuel et celui des Blancs ».


(Viviane Gnakalé Agnero est auteur de « Crise ivoirienne : se projeter au-delà des présidentielles » et de « Laurent Gbagbo, Pour l'avenir de la Côte d'Ivoire », aux Editions L’Harmattan).


Brehima Samaké :
Je suis un jeune Africain de l'Ouest, précisément du Mali. « Le Code noir », je ne veux pas trop en parler pour laisser les gens découvrir par eux-mêmes, comme moi, et en juger sans influence. Je voudrais toutefois préciser que, inséré en 1886 dans la constitution française, « Le Code noir » constitue un thème brûlant qui doit intéresser tout Africain qui a de la dignité, de la personnalité


Elie Liazéré :
« Un livre qui a l’avantage d’être écrit dans un langage de très bon niveau et d’expliquer plus clairement ce qui, dans le Code Noir, paraît implicite et inaccessible à tous... ». (Extrait de la préface).

Louis Sala Molins :
« Il me semble qu'exhumer le Code Noir, […] c'est extrêmement urgent... pédagogiquement urgent... ». ( Interview, Nantes le 14/04/1993).

André Castaldo :
« Le Code Noir permet d’apprendre beaucoup sur l’esclavage. ». (Extrait de « De l’esclavage à l’abolition, éd. Dalloz, 2006).

Révérend Pasteur Ti :
« Le Code noir de Louis XIV » de Léandre Sahiri nous apprend d’où et comment sont nés le mépris, le rejet et la soumission dont les Noirs ont été et sont victimes jusqu'à ce jour. Ce livre nous démontre comment et pourquoi les propos et les arguments qui soutiennent l’esclavage sont, à maints égards, faux, mensongers, et arbitraires… Il rétablit, en quelque sorte, la vérité. Car, c’est la connaissance de la vérité qui, seule, nous affranchira et affranchira les générations à venir, afin de traiter d’égal a égal avec leurs partenaires du monde entier. Il nous revient à nous tous et toutes de faire une large diffusion du contenu de ce livre, pour que nos enfants, nos petits-enfants le lisent et se débarrassent du complexe d’infériorité et de pauvreté qui nous ont été inculqué. Nous avons nos expériences. Nous avons nos jugements. Nous avons nos mots à dire. Ne restons pas amorphes. Ne soyons pas complices, ni consentants, en nous plaignant sans réagir. Agissons pour que la soumission et l’esclavage s’arrêtent. Le temps est arrivé. Dieu a ouvert les portes fermées. Ensemble, nous pouvons renverser la muraille. Oui, nous le pouvons. « Yes we can ! ». ( Extrait de « A propos des mensonges monstrueux sur le prétendu esclavage permanent des Noirs », Editions Menaibuc).
Un article paru dans la rubrique livre à lire du Filament N°5

samedi 15 mai 2010

Côte d’Ivoire : Nous en avons assez des journalistes de paille

Le fait que nous allons souligner dans les lignes qui suivent est très répandu en Afrique. Cependant, pour plus de précision et d’efficacité, nous avons décidé de focaliser notre discussion sur le cas ivoirien. Nous prenons très au sérieux le rôle des médias dans la cité et pour ce fait, nous irons là où il faut pour bien servir nos lecteurs que nous invitons au repas intellectuel servi par « Le Filament ».

De la notion de « liberté d’expression »

Prenons le temps de définir le concept de liberté sous quelques unes de ses multiples formes :
Au plan philosophique, ce concept prend deux routes ou deux orientations. A savoir, par exemple, chez les stoïciens, c’est la faculté liée à l’intelligence et à la raison. Chez Jean Paul Sartre, par contre, la liberté est vue comme un pouvoir perpétuel de dire « non » ou « oui ».
Lorsque nous progressons au sens étymologique, la liberté est synonyme d’indépendance, de libre arbitre. C’est aussi l’état d’une personne qui ne subit pas la contrainte d’une autre personne.
Au plan politique ou encore au niveau du droit national et international (voir la Charte de l’ONU et autres textes adjacents), la liberté est définie comme l’une des conditions sine qua non qui conduisent à l’épanouissement individuel et global. De toutes ces définitions, il ressort que la liberté est indissociable et source de la créativité, du développement et de l’accomplissement des rêves de chacun et de tous.
Quant au concept d’« expression » (qui vient du verbe exprimer), c’est l’action ou la manière dont nous faisons usage de notre voix et de nos gestes pour faire savoir nos états, nos réactions face à un événement, etc. Ainsi par exemple, des expressions, du fait des usages abusifs, ont fait des vagues partout dans le monde et mis le feu aux poudres, à travers les médias surtout, en Afrique et en Côte d’Ivoire en particulier. Ce que nous ne devons pas oublier est qu’il y a une grande différence entre tout concept et son application, parce que nous devons tenir compte de la société dans laquelle nous nous retrouvons.
Souvenons-nous toujours de ce vieux dicton : « Notre liberté s’arrête là où commence celle des autres ». Elle implique que, en dépit de notre liberté ou de notre indépendance, nous ne sommes pas toujours libres, par exemple notre liberté est restreinte par la loi et le contexte sociopolitique ; et ce, dans n’importe quel pays et sous n’importe quel régime politique. Ceci pour dire que le couple de mots « Liberté d’expression » ne devrait pas inciter et exciter les médias africains, et ivoiriens en particulier, à exacerber la violence et la démesure qui poussent, soit vers l’insurrection, soit vers la barbarie. La presse ivoirienne, toutes tendances confondues, donne dans le banditisme littéraire. On écrit parce qu’on est allé à l’école, mais pas pour dire du sérieux, ni critiquer avec objectivité. Nous sommes dans une course où le dénigrement, le mensonge pour le mensonge, le sensationnel, la protection aveugle d’untel par tous les moyens sont devenus la nouvelle donne de la République. Nous sommes en face d’une presse « hollywoodianisée ». L’Etat n’existe pas ou du moins s’il existe, il permet tout parce que les tenants du pouvoir eux-mêmes, à travers leurs tentacules diverses qui courent les rues, sont tombés malheureusement dans le jeu de la « vengeance journalistique ». En Côte d’Ivoire, il est très difficile de voir un journalisme objectif. « Notre Voie » est incapable de critiquer les dérives de certains membres et amis du FPI dans la gestion du bien de la République. Il faut se battre, bec et ongles, pour faire avaler aux Ivoiriens que la couleur rouge qu’ils voient tous, n’est pas rouge, mais qu’elle est plutôt blanche. Aujourd’hui, le manque de franchise ou d’objectivité dans ce canard qui avait eu l’adhésion de beaucoup d’Ivoiriens lorsqu’il était encore « la voix de l’opposition », a galvaudé le concept de « Refondation ». Ce concept qui constitue le nœud de la politique du président Laurent Gbagbo, une fois mentionné, renvoie à la gabegie, au grand vol, au viol, à l’arrogance et à tous autres maux qui rongent la République. « Le Patriote », mordicus, refuse à ce que Beugré Mambé qui a lui-même reconnu avoir hautement trahi la République, démissionne. Ce journal n’a aucune force de dire à la direction du RDR et surtout à M. Alassane Dramane Ouattara qu’il est la gangrène qui ruine la Côte d’Ivoire. De l’autre côté, « le Nouveau Réveil » est incapable de dire à M. Henri Konan Bédié d’aller s’asseoir à Daoukro ou à Cocody parce qu’il est l’un des fossoyeurs de la République et que c’est par pitié qu’il n’est pas, en ce moment, derrière les barreaux. Simplement, nous avons affaire à une presse de paille qui met la République en danger à chacune de ses parutions du premier au trente de chaque mois. Les articles de la presse ivoirienne seront analysés et critiqués, cela est une promesse, mais pour l’instant, à nos lecteurs, nous offrons une vue globale de ce qui se passe dans les colonnes des médias du côté de la Côte d’Ivoire. Dans ce pays, on n’écrit pas pour éduquer, former et construire. Le seul objectif est de détruire tout sur son passage, pourvu qu’on ait de quoi se remplir les pages et le ventre. D’ailleurs, la formation des journalistes eux-mêmes pose beaucoup de problèmes. Sont-ils réellement formés ? Connaissent-ils vraiment la déontologie de leur métier ? Ont-ils réellement conscience le journalisme est à la fois un métier dangereux, instructif, amusant et élévateur ? A voir ce qui est déversé dans les rues chaque jour, nous pouvons déjà dire qu’une poignée de personnes peuvent répondre par l’affirmative aux questions posées.

La liberté d’expression et l’Etat.

L’état est la manière d’être d’une chose, d’un être. Mais, nous n’allons pas nous attarder sur cette première définition parce qu’elle ne constitue pas notre plat du jour. Nous sommes concernés par l’Etat en tant qu’entité politique, c'est-à-dire une société organisée, avec des institutions, des organes politiques, administratifs, juridiques. Pour Max Weber, ce qui fait l’Etat, est « le monopole légitime de l’usage de la force que celui-ci a sur un territoire bien déterminé ». Selon Kant, l’Etat est « l’unification d’une multiplicité d’hommes sous des lois juridiques »1. Quant à Montesquieu, à qui l’on attribue la séparation des pouvoirs dans un Etat démocratique, combinant les concepts de Liberté et de l’Etat, il précise que « dans un Etat, c’est-à-dire dans une société où il y a des lois, la liberté ne peut consister qu’à pouvoir faire ce que l’on doit vouloir, et à n’être point contraint de faire ce que l’on ne doit pas vouloir. Il faut se mettre dans l’esprit ce que c’est que l’indépendance, et ce que c’est que la liberté. La liberté est le droit de faire tout ce que les lois permettent : et, si un citoyen pouvait faire ce qu’elles défendent, il n’y aurait plus de liberté, parce que les autres auraient tout de même ce pouvoir »2.
Eu égard à ces définitions du concept de l’Etat, nous nous rendons compte que la notion de « liberté d’expression », en elle-même comporte de façon intime, les notions de retenue, de mesure et de respect des lois. Il n’est pas normal de faire usage de sa liberté pour abuser autrui. La liberté d’un individu, fût-il roi ou eût-il le privilège de s’exprimer dans les colonnes d’un journal, ne doit pas mettre la nation en péril, ni annihiler la liberté des autres composantes de la société, ne serait-ce pour garantir la paix sociale ou simplement par respect : il faut que les journaux ivoiriens se mettent dans la logique du respect des lois, du respect des autres, du respect de la déontologie du métier et surtout qu’ils sachent que les lois sont créées pour être appliquées. Et donc, s’il y a dérive, l’Etat devrait normalement sévir pour ramener l’ordre à la maison. Par ailleurs, tous les syndicats de journalistes et autres organisations des medias, notamment en Côte d’Ivoire, devraient organiser, très souvent, des cours ou séances aux fins de former leurs membres, les informer, les éduquer, leur apprendre à écrire convenablement et objectivement.
Que les syndicats des journalistes ivoiriens prennent leurs responsabilités. Car, il ne faut pas attendre l’arrestation d’un de leurs membres avant de crier « à la dictature »...
Nous nous battons tous pour plus de liberté, mais apprenons qu’une liberté absolue n’existe nulle part dans le monde. Il faut, dit-on, respecter les lois et les lois te respecteront, si, bien entendu, nous sommes d’accord avec Hegel que « l’Etat est la substance sociale qui est arrivée à la conscience d’elle-même et qui réunit en lui le principe de la famille et le principe de la société civile ».
Que les journalistes ivoiriens apprennent à respecter le métier qu’ils exercent en appliquant le minimum d’objectivité et de contrôle de soi. Sinon, qu’ils le veuillent ou pas, leur liberté individuelle disparaît en face de la « Raison d’état » ou devant la liberté de l’Etat qui donne à ce dernier l’exclusivité de l’usage de la force, à l’intérieur comme hors de ses frontières, pour se faire respecter et pour sauvegarder sa souveraineté, pour protéger sa population. Ces missions de l’Etat ne sauraient disparaître pour faire place à la liberté d’un seul de ses citoyens.
Aux gouvernants comme aux journalistes ivoiriens, et africains en général, nous disons que l’Etat ne saurait être utilisé pour sévir et éradiquer les libertés. Il doit faire la balance ; le juste milieu est conseillé ici. Cependant, les journalistes ne doivent pas voir en cette balance une sorte de faiblesse de la part de l’Etat. Car à la fin de la course, l’Etat sort toujours victorieux.

Enfin, à nos lecteurs, dans l’espoir de recevoir beaucoup plus de suggestions et de critiques de votre part et cela dans le souci de bien vous servir, nous vous disons à très bientôt.

Sylvain de Bogou, Directeur de Rédaction, Le Filament.

Un article paru dans Le Filament N°4

mardi 27 avril 2010

La nouvelle génération des pasteurs africains : un nouveau mal pour l’Afrique ?

L’Afrique prise en otage depuis des siècles par l’Occident, connaît un autre tournant non salutaire dans son état de continent dit le plus pauvre de la terre. La religion qui a joué un rôle majeur dans la soumission du continent africain, fait un grand retour sur la scène. Cette fois-ci avec une autre couleur, celle des Africains eux-mêmes. Qu’en est-il exactement ? Dans ce qui va suivre, nous allons essentiellement parler de la situation des églises africaines en Occident ou chaque mois qui naît, fait voir le jour à au moins un nouveau pasteur africain.
Un bref rappel sur le rôle joué par la religion dans la soumission, voire dans la destruction de la société africaine.
Dans les écoles, en Afrique, l’on se souvient très bien de ce que les enseignants appellent les « 3M ». A travers ceci, les historiens décrivent à leurs élèves et étudiants la manière dont les Occidentaux ont procédé pour plonger l’Afrique là où elle est restée depuis des siècles, dans la misère totale. Missionnaires d’abord, les Occidentaux ont « pacifié » les Africains en leur faisant admettre que ce qu’ils adoraient chez eux était nuisible et démoniaque. Il fallait donc adopter une nouvelle religion. Une religion aux couleurs de l’Occident. Le démon de cette religion est noir comme l’africain lui-même. D’où, il fallait à celui-ci adopter la nouvelle religion pour être sauvé de l’enfer et pour recouvrer une âme qui lui permettra d’avoir accès au paradis du blanc. Cet état de choses aura eu, par-dessus tout, des conséquences désastreuses sur les Africains. Par exemple, sur la base de ces axiomes, des lois déshumanisantes ont été instituées en Occident, dont entre autres, « le Code Noir » de Louis XIV, le Roi-Soleil. Des théories ont été élaborées, présentant les hommes noirs comme des êtres inférieurs par nature aux Blancs : « Leur nature est semblable à celle des animaux, et ils n’atteignent pas au rang d’êtres humains ; parmi les choses existantes, ils sont inférieurs à l’homme, mais supérieurs au singe, car ils possèdent, dans une plus grande mesure que le singe, l’image et la ressemblance de l’homme ». Et, de ce fait, seul le baptême à l’occidentale les sauvera de leur infériorité. C’est d’ailleurs cela qui a servi de soubassement à la traite des noirs et qui justifie que les Africains ont été baptisés et instruits dans la foi chrétienne. C’est cela même l’origine et la raison fondamentale de la présence du christianisme en Afrique.
Notre enquête nous a conduits aux Etats-Unis d’Amérique et dans cinq pays européens : Allemagne, Italie, France, Belgique et Grande Bretagne. Là, il nous a été donné de constater qu’il n’est pas de mois qui passe sans l’ordonnance d’au moins un nouveau pasteur africain. Ainsi donc, les Africains venus « se chercher », comme dirait l’autre, ont découvert une nouvelle ruche pleine de miel : le métier de pasteur.

Ces nouveaux « sauveurs d’âme » qui, sans vergogne, s’autoproclament : Révérends, Prophètes, Evangélistes, Bishops, visionnaires, etc., poussent comme des champignons. Cependant, lorsque vous prenez un bout de temps pour écouter leurs prières, vous tombez de rire, car en majorité, ils ne savent même pas lire, ne comprennent pas la Bible qu’ils portent toujours sous les bras ; une décoration toute simple. Et, ce fait est identique dans tous ces pays où notre enquête de près de trois ans a été menée. Lorsque vous leur posez des questions, ils vous induisent dans la confusion totale, parce qu’ils n’ont rien à dire et cela parce qu’ils ne savent rien de ce qu’ils prétendent enseigner. Ils font preuve d’ignorance profonde et de manque d’arguments convaincants, à tel point que vous vous demandez sur quelle base les autres Africains les suivent, s’agglutinent autour d’eux à chaque occasion et les vénèrent... Sont-ils aveugles ? Ces nouveaux oiseaux-chantres de la parole sainte sont essentiellement intéressés par la dime représentant les dix pour cent (10%) des salaires de leurs clients qui voient en eux des intouchables envoyés par Dieu pour leur ouvrir le chemin du paradis. Ces pasteurs africains encouragent leurs frères et sœurs à s’adonner à n’importe quel boulot, pourvu qu’ils viennent ensuite verser la « dîme » qui leur permettra d’aller s’asseoir à la droite de Dieu.
Un autre fait est que, chaque dimanche, après leur culte, des candidats-clients s’alignent pour exposer leurs problèmes aux pasteurs. Pour eux, les pasteurs seuls ont les solutions à leurs problèmes et les miracles pour améliorer miraculeusement leurs sorts. Les pasteurs utilisent les confidences faites par leurs disciples comme sources de révélation, pour construire leurs prédications truffées bien souvent de mensonges grossiers qu’ils appellent maladroitement des « prophéties » ou « témoignages » que, à leurs dépens et naïvement, les fidèles applaudissent.
Il faut ajouter que ces échanges ou ces exposés, après ou en dehors des cultes, sont très souvent accompagnés de « gestes » (cadeaux, argent en espèce, services, etc.). Ces candidats-clients dont la plupart sont des désœuvrés, des illettrés ou demi-lettrés, des sans-papiers ou des malades, croient que la bénédiction ou la guérison est fonction de la quantité d’argent donné au pasteur, lequel est perçu comme un être supérieur qui communique avec Dieu : plus l’on donne, plus grande est la bénédiction ou la guérison offerte par Dieu qui veille au grain...

Dans leurs prières de dimanche ou à d’autres occasions où ils apparaissent, (funérailles, mariages, fêtes d’anniversaire, match de football, etc.), certains pasteurs profitent du micro et du podium pour faire leurs propagandes, sans se gêner, et sans se soucier de « pomper l’air » à l’assistance, par des discours fumeux, hors propos ou mal à propos.
Un autre fait à signaler est que, les pasteurs, en plus des subventions que leur donnent les états de leurs pays de résidence, ci-dessus mentionnés, sont nourris et blanchis par leurs « brebis » qui, à travers eux, cherchent le chemin du ciel pour avoir la vie éternelle après la mort. C’est le pasteur qui choisit la voiture voulue et les disciples s’exécutent, alors que, de leur côté, pour se rendre au boulot et à l’église, ces mêmes clients-disciples courent après le bus et le train.
Tous ces pasteurs ont les mêmes phrases magiques : « Dieu m’a touché » ; « Le Seigneur a posé sa main sur moi », etc. Le plus étonnant est que leur Dieu ne passe pas par une autre personne pour leur annoncer la bonne et grande nouvelle qui les propulse devant la scène des clients à escroquer. C’est toujours directement que leur Dieu leur parle ; c’est le direct, le face-à-face en somme. Leurs épouses deviennent des « mamans » et ne sont plus appelées par leurs noms et prénoms consignés dans leur état-civil. Certaines d’entre elles bénéficient des services ménagers de la part des femmes des diacres et doyens des églises. Car, la nouvelle « maman » doit veiller aux petits soins du pasteur, pour faire davantage d’enfants que l’église va supporter. C’est elle qui, très souvent, joue le rôle de trésorière-comptable-banque. Nous sommes dans une affaire familiale, un vrai business où rien ne doit échapper au couple « choisi » par Dieu pour dépouiller et appauvrir encore plus les Africains qui souffrent déjà trop en Occident. Certains pasteurs poussent le comble jusqu'à avoir des maîtresses. Ils couchent et font avorter les jeunes filles de leurs églises, bien souvent avec la complicité de certains membres de l’exécutif pastoral, lesquels ne sont pas sans reproches. Les divorces ne manquent pas ou bien la « maman » se tait pour ne pas « mouiller le pain de la famille » ou encore elle se débrouille aussi avec « son petit de l’église et de nuit » qui en public, joue au « commissionnaire ». Nous sommes dans une sorte d’opéra où madame a son petit musicien et monsieur sa petite «choriste», tous les deux propulsés ministres pour faciliter les rencontres. Qui pourrait, pour une concertation impérieuse, empêcher le président de la République de voir son ministre à huis clos et même à des heures indues? Personne ! Car, c’est souvent la nuit que les grandes et graves décisions sont prises pour faire avancer la nation. Le gâteau étant bien partagé, il n’y a pas d’histoire à la maison et la destruction de l’Afrique continue. Lorsque vous leur posez le problème de l’escroquerie et des autres abus dont ils sont les uns maîtres, les autres victimes, une seule réponse tombe dans vos oreilles : « seul Dieu a le dernier mot, les humains ne peuvent pas et ne doivent pas porter de jugement. La Bible dit : Qui es-tu pour juger les autres ? »…

Encore un autre fait, c’est que ces pasteurs ont des comportements plus mondains que ceux-là mêmes qu’ils traitent… d’« hommes et de femmes du monde ». Les églises deviennent des lieux de ragots, de dénigrements et de palabres infinis. Les querelles et divisions s’élargissent entre les pasteurs parce qu’untel a pris les clients d’untel autre. Certains trésoriers volent le trésor de l’église et, pour ne pas rendre de compte, ils créent leurs églises. Une couverture tout bonnement et c’est tout. On continue les prières sous la protection d’autres pasteurs, comme si de rien n’était. Personne, pas même les victimes, ne critique, ni ne crie au scandale, puisque Dieu est le seul juge suprême et va les juger au moment venu. Des enfants suivent les traces du père, premier pasteur de la famille. Ainsi va l’église fondée par le père, gagnant en ampleur, au grand dam de l’Afrique qui a besoin de ses enfants pour sortir la tête des eaux de la misère. Si le pasteur meurt, son épouse, dorénavant appelée « maman », continue l’œuvre et cela pour dire que ce n’est plus seulement la main de Dieu qui est la seule condition pour accéder au trône. Le rôle de pasteur est devenu un héritage, zut !...

Ces pasteurs nouveaux ont aussi une dérangeante particularité. Dans leur majorité, ils ont servi les dictatures les plus féroces que l’Afrique ait connues. Ils étaient les hommes et les femmes de main qui d’Houphouët-Boigny (Côte d’Ivoire), qui de Mobutu au (RDC, ex-Zaïre) ; qui d’Eyadema (Togo), qui de Kérékou (Bénin), qui d’Abacha (Nigeria), etc. Ils se réfugient donc aujourd’hui derrière le paravent de pasteur, sans doute pour échapper aux poursuites judiciaires, si ce n’est pour ne pas exercer d’activité professionnelle et vivre à la sueur du front des autres. Ils aveuglent même les parents des victimes et certaine de leurs victimes, avec leur « innocence comique » qui cache à peine leur tartufferie et leur criminalité. Leurs enfants qui deviennent souvent des pasteurs ont aussi la bouche bée sur les atrocités commises par leurs parents. En un mot, au lieu de se terrer, ils continuent d’assassiner l’Afrique, et cela, loin du continent. Ils oublient que la violence économique, le vol, l’escroquerie appellent la violence et la vengeance physique.

Nous disons que c’est un crime d’obnubiler la conscience d’une race avec des litanies dans le seul souci de l’exploiter et de l’exproprier, tout en sachant que, depuis des siècles, cette race se retrouve au bas de l’échelle du développement mondial. C’est aussi un crime de prétendre qu’on est muni d’un pouvoir saint capable de libérer de leurs maux ces nuées d’Africains désespérés. C’est encore un crime de voler le produit du dur labeur des pauvres femmes et hommes qui, en dépit de leur intelligence et de leurs diplômes, sont condamnés à faire les travaux de dixième degré pour survivre. C’est encore un crime d’exploiter ses semblables et ses proches en leur promettant les documents légaux pouvant leur permettre de résider en Occident, tout en sachant que l’église n’est pas le service de l’immigration et donc ne peut rien pour eux. C’est encore un crime d’user de sa position de pasteur, donc de prétendu « homme de Dieu » à qui l’on vient se confier, pour enceinter les innocentes filles qui viennent chercher le salut promis. C’est encore un crime, de la part des clients qui, même désemparés, s’offrent et offrent en victimes résignées leurs corps, ceux des membres de leurs familles, ainsi que leurs avoirs à des escrocs de tout acabit qui prolifèrent chaque jour.
Là-dessus, nous demandons aux états et autres institutions qui soutiennent financièrement ces églises d’instaurer un système de moratoire, de contrôle plus rigoureux, afin d’éviter les dérapages que nous venons de souligner. Dans le cas contraire, ces états eux-mêmes seront rendus coupables et condamnables pour complicité de vol et de viol, de fraude, voire de crime contre l’humanité ; car, ils se cachent derrière les églises pour détruire la race noire, autrement dit le continent africain.

Enfin, nous disons que c’est un crime de se faire entretenir par ses semblables, en utilisant le mensonge délibérément construit sous l’auspice du concept de pasteur. Le débat est ouvert. Exprimez-vous !

Sylvain de Bogou, Directeur de Rédaction, Le Filament.

Paru dans la rubrique Le débat du mois du Filament N°3
 

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