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mercredi 7 mars 2012

« Les faux complots d’Houphouët-Boigny », de Samba Diarra

Une satire politico-sociale qui dépeint les intrigues politiques du Président Houphouët-Boigny

Professeur de gynécologie-obstétrique et membre de l`Académie des Sciences des Cultures africaines et de la Diaspora (Ascad), Samba Diarra, né  le 31 avril 1931 à Adjamé, est décédé le 26 juillet 2010, des suites d’une longue maladie, à Abidjan. Figure emblématique de l’élite ivoirienne, ses prises de position rompaient avec l’unanimisme au PDCI, alors parti unique.

On se souvient, à ce propos, de son livre « Les faux complots de Houphouët-Boigny », préfacé par Bernard Dadié et publié en 1997, aux éditions Karthala. C’est une satire politico-sociale qui dépeint sans fard, ni gang, les intrigues politiques du règne du Président Houphouët-Boigny, comme si Samba Diarra était décidé à en découdre avec ses opposants, réels ou imaginaires. Samba Diarra démontre que, pour sécuriser son pouvoir politique qui a fait de lui, l‘interlocuteur incontournable sur la scène politique africaine en général et dans la sous-région ouest africaine en particulier, le Président Houphouët-Boigny a imaginé une série de complots partout dont la répression n’a souffert d’aucune faiblesse. Dans le même ordre d’idées, Amondji écrit dans son livre : « … »

Samba Diarra a levé, à travers ce livre, le voile opaque qui a couvert pendant longtemps les complots imaginaires de l‘ancien Président du PDCI ; un président qui avait décidé de régner sans partage sur la Côte d’Ivoire. Ce qui du reste, a montré le contraste effrayant entre cet Houphouët-Boigny là qui préférait l’injustice au désordre, qui régnait en maître absolu et l’autre Houphouët-Boigny, plus connu surtout à l’extérieur comme le « sage » qui voue un culte sacro-saint à l’humanisme, au dialogue, à la paix et la foi religieuse. 

A travers ce livre, que Samba Diarra  lui même qualifie de « voyage dans un enfer tropical », le lecteur constate qu’il y a une volonté  d’écrire pour éclairer la nuit qui couvre la Côte d’Ivoire d’hier et dire le dur calvaire vécu par l’auteur et ses compagnons dans les années 63. L’auteur en bon enseignant, tente de tirer sur la sonnette d’alarme pour que les faits dénoncés ne se reproduisent plus jamais : c’est cela la valeur pédagogique de l’œuvre. C’est un livre satirique qui peut déranger, ébranler des cercles, des clans, des tribus, voire même troubler certains hommes qui ne sauraient comprendre que la belle image du Président Houphouët – Boigny présente des dessous aussi sales et lugubres.

Ce livre reconstitue ces trois complots évoqués et rappeler par la même occasion les répressions dont le Sanwi (Aboisso) et le Guébié  ( Gagnoa) ont été le théâtre. Le livre est le témoignage de l’ancien pensionnaire de la prison d’Etat d’Assabou à Yamoussoukro que fut l’auteur sur les évènements de 1963. L’auteur a été  arrêté le 14 janvier 1963, condamné aux travaux forcés  à perpétuité le 9 avril 1963 et libéré le 4 Août 1966 par grâce présidentielle.
Au total, ce livre lève le voile opaque qui a couvert jusque là  les faux complots imaginaires d’un Président décidé à  régner sans partage sur la Côte d’Ivoire et montre un contraste effrayant entre cet Houphouët-Boigny là et l’autre Houphouët-Boigny, plus connu surtout à l’extérieur, vouant un culte sacro-saint à l’humanisme, la paix et la foi. Les faux complots d’Houphouët-Boigny, un livre à livre absolument!

Serge Grah 

mercredi 18 janvier 2012

COTE D'IVOIRE : LE COUP D'ETAT.



Par Charles Onana. 
Préface de Thabo Mbeki 
Editions Duboiris 

 Depuis la crise post-électorale qui a entraîné l’intervention militaire de l’armée française et des troupes rebelles en Côte d’Ivoire, la version officielle a tenté de faire croire qu’il s’agissait d’une action visant à faire respecter le résultat de l’élection présidentielle qui donnait Alassane Ouattara vainqueur. L’enquête de Charles Onana tend plutôt à prouver qu’il s’agit d’un coup d’Etat préparé par le président Sarkozy et par Blaise Compaoré, président du Burkina Faso. L’auteur dévoile les correspondances secrètes échangées par ces deux dirigeants dans le but de renverser Laurent Gbagbo. Il montre également comment les banques françaises ont participé à cette action de déstabilisation à travers les filiales de la Société Générale et de la BNP Paribas. Pour la première fois, un général français, ex-numéro 2 de la force Licorne en Côte d’Ivoire, témoigne de ce qu’il a vécu. Dans cet ouvrage, l’auteur publie plusieurs rapports confidentiels de l’ancien ambassadeur de France à Abidjan, Renaud Vignal, dont un accablant sur Alassane Ouattara. Charles Onana, qui a également reçu les confidences du président Laurent Gbagbo, montre comment les autorités françaises, principalement Michel Alliot-Marie, ministre de la Défense, et Bernard Kouchner, ministre des Affaires étrangères, ont étouffé la vérité sur la mort des soldats français en novembre 2004, à Bouaké. Son enquête met aussi en lumière le rôle trouble de deux personnalités françaises dans la disparition de Guy-André Kieffer. Ce livre, très documenté et qui illustre dix années de combat contre le régime de Laurent Gbagbo, est préfacé par l’ancien président sud-africain Thabo Mbeki, médiateur de la crise ivoirienne. 

Nikitta Kadjoume

Paru dans Le Filament N°18

lundi 4 octobre 2010

Noir Canada

Un livre d’ALaIn DENEAULT
Genre : Essai
Editions Écosociété, Montréal, 2008
Présentation par Sylvain de Bogou


Alain Deneault anime le collectif Ressources d'Afrique. Il est titulaire d’un doctorat de philosophie de l’Université de Paris-VIII et mène aujourd'hui des recherches en sociologie à l'UQAM. Ses recherches et publications portent sur la fonction sociale, conceptuelle, psychique et esthétique de l’argent, les notions relatives au développement en Afrique, ainsi que sur les concepts fondamentaux de la philosophie politique jaugés au regard des réalités financières offshore. Alain Deneault a fait paraître des articles dans de nombreuses revues scientifiques (Global Crime, Mouvements, Le Coq héron…) de même que dans des publications politiques, telles que Billets d’Afrique, À bâbord !, ou encore dans Le Devoir. Il est l’auteur de Paul Martin et compagnies, Soixante thèses sur l’alégalité des paradis fiscaux (VLB, 2004).

Paru en 2008, son livre « Noir Canada », sous-titré « Pillage, corruption et criminalité en Afrique » est déjà à son troisième tirage. Ce fait démontre combien de fois ce bouquin de 346 pages est devenu incontournable dans les milieux des amoureux de la lecture simple et dans les sphères des politiques et des intellectuels tout court. C’est un livre pour tous et surtout pour les patriotes africains ; sans oublier les « amis » de l’Afrique.


Nombreux sont les thèmes abordés. L’auteur et ses collaborateurs parlent des crimes commis par les sociétés canadiennes qui contrôlent les richesses du sous-sol de toute l’Afrique. Ils soulignent également la place prépondérante que joue le Canada dans la protection des corporations étrangères et canadiennes qui commettent des crimes (homicides et scandales financiers) en Afrique. La corruption, les menaces contre toute personne qui ose lever le doigt et le pillage à grande échelle sont des pratiques quotidiennes chez les compagnies canadiennes, selon l’auteur. Pour Alain Deneault donc, le Canada qui présente toujours un visage de bon Samaritain en Afrique, est au cœur de ce qu’il appelle « la Mafiafrique ».

Ce livre est à lire. Car, il conduit le lecteur dans les méandres et les combines utilisés par les Occidentaux à travers leurs corporations (parfois à visage philanthropique) pour faire perdurer les souffrances des populations africaines et perpétuer la misère en Afrique.

Il s’entend que toutes les lignes de cet ouvrage restent, au sens juridique, des allégations. Les informations qu’il donne proviennent de sources crédibles et réputées, de Goma à Kinshasa, en passant par Berlin, Bruxelles, Londres, Paris, New York, Washington, Toronto, Ottawa ou Montréal. Il s’agit de données relevées dans des rapports d’organisations reconnues, dans des articles d’organes de presse réputés, dans des mémoires consignés par des autorités dans le cadre d’auditions d’experts, dans des documentaires fouillés et témoignages circonstanciés. Le plus souvent, ces données se sont recoupées. Leur nombre est effarant.

Au total, « Noir Canada » est un livre de grande valeur, un livre-enquête à lire nécessairement.

Sylvain De Bogou

Paru dans la rubrique Livre à lire du Filament N°8



mardi 29 juin 2010

Le code noir de Louis XIV

Genre : théâtre
Auteur : Léandre Sahiri

Editions Menaibuc, Paris, 2008
ISBN : 978-2-35349-038-7

« Le Code noir de Louis XIV » est une pièce de théâtre qui, une fois de plus, démontre la « versatilité » littéraire de l’auteur de « Monica ou de l’injustice de la justice ». Les œuvres de cet écrivain englobent tous les genres, à l’exception du cinéma qu’il promet de couvrir instamment, dans un avenir proche.
Revenant à l’œuvre du jour, il faut dire que Léandre Sahiri a transformé, avec un génie dont il a seul le secret, un document juridique historique en une pièce de théâtre incontournable. Ce document juridique historique, c’est Le Code Noir qui, en 1685, décida du sort des Noirs, depuis Louis XIV jusqu'à nos jours. L’intérêt de cette pièce de théâtre, c’est que, après lecture, elle ne laisse pas indifférent. L’auteur amène le lecteur à voir le monde autrement. En d’autres termes, l’œuvre transforme le lecteur totalement, agit sur sa conscience, lui ouvre les yeux et l’esprit. Au point de croire que c’est un coup de fouet que Léandre Sahiri donne pour éveiller les consciences. C’est pourquoi nous estimons que cette pièce de théâtre doit être enseignée dans toutes les écoles, les universités et institutions. Tout Noir voulant se libérer doit absolument connaître, posséder et lire « Le Code noir de Louis XIV » de Léandre Sahiri. Tel est notre avis.

Concernant l’auteur, il faut dire que Léandre Sahiri, fondateur et Directeur de publication du journal « Le Filament », est titulaire d’un Doctorat ès lettres de l’Université de la Sorbonne (Paris). Professeur de littérature, il a enseigné dans plusieurs établissements en France, en Côte d’Ivoire et au Canada où il a été enseignant-chercheur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM). Critique littéraire et écrivain, il est intéressé spécifiquement par la promotion des valeurs humaines, les relations et Interactions multiculturelles. Il a collaboré à de nombreux journaux, magazines et revues et publié plusieurs livres dont La victoire par la voie des urnes (essai) ; Contes d'actualité (recueil de contes) ; Les obsèques de Bahi Oromé (théâtre) ; Le Code noir de Louis XIV, (théâtre) ; Jonathan Livingston le goéland (roman traduit de l'anglais) ; Monica ou De l'injustice de la justice (roman) ; Accusations (poèmes), etc.
Sylvain de Bogou


Quelques avis sur « Le Code noir»

Viviane Gnakalé Agnero :
Lorsque j’ai découvert le Code noir, j’ai été profondément choquée et révoltée. Beaucoup des nôtres ignorent tout de ce qui est le « code noir » et ont besoin d’en être instruits. Si bien que le projet d’écriture et de publication sur ce sujet est une initiative louable et très prometteuse.
En ce qui me concerne, j’ai découvert l’existence du « code noir » pendant des recherches que j’effectuais, il y a quelques temps déjà. Comme bien d’autres, j’en ai été profondément choquée et révoltée. Ce que je sais sur le sujet et que les lecteurs et lectrices vont découvrir à leur tour, je peux le résumer ainsi. Son origine : Louis XIV ; son auteur : Colbert ; son objectif : le besoin pour ses concepteurs d’accroître leur hégémonie culturelle et surtout leur puissance politique et commerciale. Pour ma part, ce document est un témoignage indéniable pour l’histoire, il doit surtout servir de garde-fou pour des nostalgiques de cette triste période ou pour confondre les tenants du néocolonialisme (qui n’est rien d’autre que la forme évoluée de l’esclavagisme), dans leur sombre dessein de répéter l’histoire.
Mais, permettez-moi de partager avec les lecteurs et lectrices, ce que je pense, d’une façon générale, de la question de l’esclavage. Dans cet ordre d’idées, voici un fragment d’un texte que j’ai rédigé dans la perspective d’un ouvrage à venir sur l’esclavage, un sujet sur lequel il y a encore beaucoup à dire.

« Au fond, qu’est ce que l’esclavage ? ».
Ce qui motive l’esclavage est la même tare qui justifie aux yeux de certains de nos frères les théories et conflits tribaux, a savoir, une certaine « déficience » morale, ou l’inachèvement de la de la maturation spirituelle, aggravé par un excès de vanité et d’ignorance.
Ce que nous devons comprendre c’est que dans l’absolu, la tare discriminatoire n’est, au fond, ni raciale ni ethnique, mais gravement et profondément humaine. Ce qui pousse l’homme à réduire son prochain à la servitude, n’est finalement rien d’autre que cette insurmontable soif de la domination. L’incommensurable besoin de se sentir supérieur à l’autre. « Le code noir » introduit par Louis XIV (16ème siècle) et plus tard repris par de nombreuses nations esclavagistes (à l’image des Jim Crow Laws aux Etats-Unis, 19ème siècle) participa de cette logique d’une quête de suprématie culturelle et commerciale. Si donc le noir a été, depuis des siècles, victimes de l’asservissement de la quasi-totalité des races humaines, y compris de la sienne, ce n’est pas à cause de sa faiblesse physique et encore moins de sa prétendue « infériorité mentale » qui, aux yeux du blanc suffit à justifier l’esclavage… mais, c’est bel et bien à cause de sa vulnérabilité économique et politique...
Je pense, sincèrement que, pour l’heure, il est dérisoire, pour nous, de nous accrocher à une vaine et hypothétique reconnaissance par les Blancs de leurs crimes esclavagistes. S’ils le font un jour, ce ne sera pas parce que, enfin, ils auront compris et reconnu leurs horreurs et erreurs, et toute l’étendue de leur responsabilité, mais pour le politiquement correct du moment. Et, ce politiquement correct, il ne s’imposera à eux que lorsque nous nous serons donnés les moyens intellectuels, économiques et politiques de les forcer s’incliner. En attendant, le verdict qui nous blanchira du crime d’être noirs, donc inférieurs et par conséquent domesticables, ne viendra de nulle part, sinon de nous-mêmes.
La connaissance, l’élévation spirituelle, le pouvoir économique, l’autonomie politique, c’est là que résident les clefs du salut qui nous absoudra du « délit de la négritude » !
Quand enfin, nous nous seront affranchis, libérés de ce que nous croyons et reconnaissons implicitement être « la malédiction de Cham », alors c’est tout naturellement que nous forcerons le regard des Blancs sur nous, à changer. En d’autres termes, c’est essentiellement lorsque nous serons libérés du complexe d’infériorité qui nourrit leur prétention à la domination, que nous gagnerons et notre respect mutuel et celui des Blancs ».


(Viviane Gnakalé Agnero est auteur de « Crise ivoirienne : se projeter au-delà des présidentielles » et de « Laurent Gbagbo, Pour l'avenir de la Côte d'Ivoire », aux Editions L’Harmattan).


Brehima Samaké :
Je suis un jeune Africain de l'Ouest, précisément du Mali. « Le Code noir », je ne veux pas trop en parler pour laisser les gens découvrir par eux-mêmes, comme moi, et en juger sans influence. Je voudrais toutefois préciser que, inséré en 1886 dans la constitution française, « Le Code noir » constitue un thème brûlant qui doit intéresser tout Africain qui a de la dignité, de la personnalité


Elie Liazéré :
« Un livre qui a l’avantage d’être écrit dans un langage de très bon niveau et d’expliquer plus clairement ce qui, dans le Code Noir, paraît implicite et inaccessible à tous... ». (Extrait de la préface).

Louis Sala Molins :
« Il me semble qu'exhumer le Code Noir, […] c'est extrêmement urgent... pédagogiquement urgent... ». ( Interview, Nantes le 14/04/1993).

André Castaldo :
« Le Code Noir permet d’apprendre beaucoup sur l’esclavage. ». (Extrait de « De l’esclavage à l’abolition, éd. Dalloz, 2006).

Révérend Pasteur Ti :
« Le Code noir de Louis XIV » de Léandre Sahiri nous apprend d’où et comment sont nés le mépris, le rejet et la soumission dont les Noirs ont été et sont victimes jusqu'à ce jour. Ce livre nous démontre comment et pourquoi les propos et les arguments qui soutiennent l’esclavage sont, à maints égards, faux, mensongers, et arbitraires… Il rétablit, en quelque sorte, la vérité. Car, c’est la connaissance de la vérité qui, seule, nous affranchira et affranchira les générations à venir, afin de traiter d’égal a égal avec leurs partenaires du monde entier. Il nous revient à nous tous et toutes de faire une large diffusion du contenu de ce livre, pour que nos enfants, nos petits-enfants le lisent et se débarrassent du complexe d’infériorité et de pauvreté qui nous ont été inculqué. Nous avons nos expériences. Nous avons nos jugements. Nous avons nos mots à dire. Ne restons pas amorphes. Ne soyons pas complices, ni consentants, en nous plaignant sans réagir. Agissons pour que la soumission et l’esclavage s’arrêtent. Le temps est arrivé. Dieu a ouvert les portes fermées. Ensemble, nous pouvons renverser la muraille. Oui, nous le pouvons. « Yes we can ! ». ( Extrait de « A propos des mensonges monstrueux sur le prétendu esclavage permanent des Noirs », Editions Menaibuc).
Un article paru dans la rubrique livre à lire du Filament N°5

mardi 27 avril 2010

Blanchissez-moi tous ces nègres

Ce livre, « Blanchissez-moi tous ces nègres » de Serge Bile retrace l’incroyable histoire du blanchiment et dévoile comment ce fléau, soutenu par la propagande occidentale, s’est imposé à des millions de gens, accrocs désormais d’une drogue inquiétante qui leur empoisonne la vie.

On a tout dit sur les femmes noires qui se blanchissent la peau, qu’elles sont complexées, masochistes, et surtout inconscientes des dangers que leur font courir ces pratiques : hypertension, stérilité, problèmes osseux, voire cancers.
On a tout dit, sauf que les femmes mais aussi les hommes qui se dépigmentent, sont d’abord les victimes d’une addiction orchestrée par des savants fous qui s’ingénièrent dès le 18è siècle à « blanchir les nègres » pour de vrai.

En France, on les plongeait dans un bain d’acide oxymuriatique, au Québec, on les bombardait de nitrate d’argent, alors qu’aux Etats-Unis, on les décapait aux rayons x, provoquant chez les cobayes de graves brûlures et souffrances.
Ces expériences ont au fil des siècles laissé croire à certains Noirs, déboussolés par l’esclavage, qu’ils pouvaient réellement changer de peau pour changer de vie en s’enduisant le corps avec de miraculeuses crèmes éclaircissantes.

Paru dans la rubrique livre à lire du Filament N°3

lundi 22 mars 2010

La « fuite des compétences » en Afrique

Par Magdalena Tekely, Avocat, diplômée de l'IEP de Paris.

L’essai de Magdalena Tekely (spécifiquement un document broché) comprend 3 parties. La première partie présente la problématique de la migration internationale des ''cerveaux'' africains de la migration internationale des ''cerveaux'' africains et nous révèle ce phénomène connait une réelle ampleur. La seconde partie analyse les causes des ces déplacements et la troisième présente les conséquences sur le développement des pays d'origine.

Résumé : la « fuite des compétences » ou « Brain Drain », est une forme d'émigration favorisée par, d’une part les situations socio-culturelles, politiques et économiques en Afrique ; et d’autre part, par les politiques de séduction menées par les pays du Nord pour attirer les travailleurs qualifiés. Aujourd'hui, ce phénomène mondial frappe durement le continent africain, où il pose un grave problème de développement. C’est un des éléments qui permet d’expliquer peut-être, pourquoi l’Afrique dans son ensemble, au cours des dernières décennies, n’a pas fait sa révolution scientifique et économique, parce que les résultats des activités et des recherches des compétences africaines ne profitent pas a priori aux Africains, sur plusieurs plans. Il faut noter que les principaux pays de départ sont l'Afrique du Sud, l'Éthiopie, le Nigeria, le Ghana, l'Égypte et le Soudan. L'Afrique subsaharienne a le taux le plus élevé de mobilité vers l'étranger, soit 5,9%. Ceci représente environ trois fois la moyenne mondiale. Dans cette région, un étudiant sur seize étudie à l'étranger. Le Zimbabwe, par exemple, compte le groupe le plus important d'étudiants à l'étranger (17 000), avant le Nigeria (15 000), le Cameroun (15 000) et le Kenya (14 000), etc. Quant aux pays d'accueil, notamment les pays développés du Nord (États-Unis, Canada, Australie, France, Royaume-Uni), ils sont principalement convoités par les populations africaines qualifiées, néanmoins les grands pays émergents tels que la Chine, l'Inde et le Brésil exercent, de plus en plus, leur pouvoir d'attraction sur les élites africaines. Dans le même ordre d’idées, on pourra lire avec grand intérêt, la contribution de M. Taladidia Thiombiano, Professeur à l’Université de Ouagadougou, à la conférence régionale d’Addis Abeba, du 22 au 24 Février 2000. Ce texte, intitulé « L'EXODE DES COMPETENCES
AU BURKINA FASO », quoiqu’il date, demeure encore d’actualité, du moins pour nous ; et puis, ce qui vaut pour le Burkina Faso, vaut pour tous les autres pays d’Afrique, ne serait-ce que dans ce domaine. Nous le proposerons dans nos prochaines éditions.

Un article paru dans la rubrique livre à lire du Filament N°2




 

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