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mercredi 18 janvier 2012

Centrafrique : La mortalité est au-dessus du seuil d'urgence et de tolérance. Réagissons !

En moyenne 7 personnes sur 10.000 meurent chaque jour en Centrafrique, à cause d'un "système de santé inadapté et fantôme et une réponse aussi inadaptée aux besoins médicaux", d'après un rapport publié en décembre dernier à Bangui par Médecins sans frontières (MSF).

Selon MSF, une première enquête, réalisée au mois d'août 2010 donnait le chiffre de 3 morts sur 10.000 personnes chaque jour. Mais, la dernière enquête menée entre février et novembre 2011 dans la région de Carnot, (une zone diamantifère de l'Ouest du pays) et les sous-préfectures de Boda, Boganda, Boganangone et Gazi (Sud), révèle qu’on compte en moyenne 7 morts sur 10000 personnes, d'où un taux de mortalité "au-dessus du seuil d'urgence".

Le fait est que, d’une part, "aucune de ces sous-préfectures n’est en proie à des conflits", a indiqué le document ; et d’autre part, ces cas de mort sont pour la plupart la conséquence "d'épidémies saisonnières, d'une économie en panne, de déplacements de populations, ainsi que d'un système de santé très faible". De plus, il y a aussi l'accroissement de la pauvreté dans les zones minières à cause de la fermeture des mines de diamant en 2009-2010, fermeture qui a eu un impact négatif sur le revenu des populations.

Les autres principales maladies à l'origine de la mortalité sont, selon MFS, le paludisme, le VIH-Sida, la tuberculose, qui pourtant sont des maladies susceptibles de prévention et de soin. Par exemple, selon les données fournies par MSF, le paludisme est la première cause de morbidité et de mortalité chez les enfants : à l'échelle nationale, sur 1 997 décès enregistrés en 2009, 670 étaient dus à un paludisme sévère et 330 à une anémie (très probablement causée par le paludisme).

Chez les enfants, l'insuffisance d'une couverture vaccinale des maladies infantiles est l'une des causes de mortalité (la rougeole, la méningite, le tétanos néonatal, la coqueluche, la fièvre jaune et la poliomyélite. "En 2009, seuls 9 districts sur 24 ont atteint une couverture de 80% du vaccin DTP3 (Diphtérie, tétanos et coqueluche) et 5 districts ont atteint 90%", toujours selon le rapport de MSF.

MSF constate que les programmes nationaux de lutte contre le VIH et la tuberculose ne sont pas adaptés, du fait des ruptures prolongées et à répétition des produits antirétroviraux à travers le pays. MSF souligne enfin "le désintérêt de la communauté internationale" pour la Centrafrique et estime que pour le moment, seule "l'aide humanitaire peut aider à diminuer le nombre de morts liés aux maladies endémiques et aux épidémies, ainsi qu'à limiter les conséquences sanitaires de crises, conflits ou déplacement de la population.

Tout ceci fait que "la République Centrafricaine pays se trouve dans un état d'urgence médicale chronique", indique le MST. De même Centrafrique reste le pays d'Afrique centrale où le taux de prévalence du sida le plus élevé (5,9%).

Ici, il se pose la question de savoir ce que fait le gouvernement gabonais, face a cette situation et face aux droits à la santé et à la vie des gabonais ?

Source : Casafree.com

Paru dans Le Filament N°18

lundi 28 mars 2011

centrafrique-france : de l'application des accords de défense



En 2002, à la demande de Laurent Gbagbo, Jacques Chirac refuse de l'aider à anéantir la rébellion venue du Burkina Faso. En 2007 pourtant la grande muette française combat aux côté de François Bozizé contre des rebelles.

Certains Africains ont affirmé qu'au regard de son nouvel activisme contre Laurent Gbagbo depuis décembre 2010, la France inaugurait une nouvelle politique en faveur de la "démocratie" en Afrique. Les présidentielles de Centrafrique du 23 janvier 2011 ont démontré tout le contraire. La France est et sera contre la démocratie en Afrique aussi longtemps que les Africains la laisseront faire.

Le document de 2007 suivant de Human Rights Watch, relu pour nous par Juliette Abandokwe, milaitante pour la démocratie en Centrafrique, est très édifiant. On chasse les présidents démocratiquement élus par les peuples, pour installer par les armes, des laquais. Qui s'étonnera alors que l'Afrique demeure le musée mondial de la misère, des maladies et de l'analphabétisme?

Relu pour vous


Le rôle trouble de l'armée française en Centrafrique


19 septembre 2007
Human Rights Watch


L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch vient de publier un rapport dénonçant les exactions commises en République centrafricaine par l’armée gouvernementale et par certains mouvements rebelles.

Elle accuse l’armée et plus spécialement la Garde présidentielle d’avoir exécuté des centaines de civils, d’avoir incendié des villages entiers et d’avoir causé de ce fait le déplacement d’environ deux cent mille personnes. Les groupes rebelles sont quant à eux accusés de rançonner la population locale, d’enlever des enfants pour les intégrer dans leurs troupes et de procéder eux-mêmes parfois à des exactions sommaires.

Les troubles ont débuté en 2005, peu après la victoire contestée de François Bozizé aux élections présidentielles, avec le soutien de la France. Celui-ci était lui-même arrivé au pouvoir, en 2003, en renversant son prédécesseur Ange-Félix Patassé. Deux mouvements de rébellion sont alors nés : l’APRD, dans le Nord-Ouest, regroupant en majorité des ex-membres de la Garde présidentielle de Patassé et l’UFDR, qui s’est illustré récemment en prenant le contrôle d’une partie des villes du pays. Il a fallu l’intervention de l’armée française et de ses mirages F1 pour stopper l’avancée rebelle, qui était sur le point de pénétrer dans la capitale. Signalons également que l’APRD s’est illustrée en juin dernier en tuant, par erreur semble-t-il, une volontaire française de Médecins sans frontières, alors que le véhicule de l’ONG française traversait leur zone.

Les exactions menées contre les populations civiles sont généralement des opérations de représailles subséquentes à des attaques rebelles. Les populations souçonnées de soutenir les rebelles voient leurs villages détruits et sont obligés de se réfugier en brousse, dans des conditions sanitaires souvent déplorables (pas d’accès à l’eau potable...).

Le problème principal est qu’il est impossible, étant donné les liens entre l’armée française et les forces centrafricaines, que les militaires français ignorent ce qui se passe. Ils sont même parfois aux premières loges :

"Lors de la contre-offensive de novembre-décembre, les troupes des FACA et de la GP ont commencé à mettre le feu à des habitations dans la ville gula de Ouandja en présence des soldats français et elles ont ensuite exécuté des civils après que les troupes françaises ont poursuivi leur route." (Etat d’anarchie, rébellions et exactions contre la population civile, Human Rights Watch, septembre 2007)

En résumé, l’armée française ferme les yeux sur ce qui se passe et les politiques également.

"A ce jour, les autorités françaises ont observé un silence presque absolu sur les violations des droits humains et les éventuels crimes de guerre commis par les militaires centrafricains."

Il serait donc temps que l’armée française arrête de fermer les yeux sur les violations des droits de l’homme commises par une armée qu’elle soutient et forme en vertu des accords de défense conclus avec le régime centrafricain.

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien.

Edmund Burke

Source : www.juliette.abandokwe.over-blog.com

in Le Filament N°14

 

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