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mercredi 2 mai 2012

Les ténèbres et les luminaires d’Alassane Ouattara


Après avoir, avec une brutalité inouïe, cassé les baraques et les locaux des opérateurs économiques au bord des artères de quelques quartiers et villes, sans une campagne de sensibilisation et sans mesure d’accompagnement, le nouveau régime a choisi d’embellir Abidjan, en semant des luminaires. J’en ai entendu parler et j’ai été voir ces luminaires.

Un acte de cécité politique et de laideur morale
J’ai vu les luminaires d’Abidjan. Ils sont beaux pour les yeux, mais seulement pour les yeux non exercés. Ils paraissent, en effet, beaux pour les yeux profanes ! Mais, ils ne le sont pas pour le cœur et pour l’âme. Car, ils ne riment pas avec le bon et le bien. Parce que le véritable Beau plaît au cœur et à l’esprit. Parce que le véritable Beau est bon et bien. Ainsi, les luminaires d’Abidjan ne sont pas beaux ; n’en déplaisent aux nouveaux flagorneurs et aux plumes converties à la cajolerie des nouveaux princes. Les luminaires d’Abidjan sont laids et c’est ce que je vais démontrer.
Entre électrifier les villages et inonder Abidjan d’un excès de lumière, où se trouve la priorité ? Pour une simple question de bon sens et de sagesse, la priorité, n’est-ce pas d’apporter de la lumière dans ces quartiers malfamés, abandonnés, empêtrés dans la gadoue de l’impécuniosité ? La priorité n’est-ce pas d’apporter un peu de cette lumière dans ces villages plongés dans la terreur des ténèbres où même les lucioles ont peur de s’aventurer ?...
Notre pays a besoin, surtout dans ses entrailles les plus reculées, d’électricité, de lumière. De lumière tout court et tout simplement, pour ne pas « se perdre » dans l’obscurité.  La priorité dans ce pays où pleuvent des milliards, dit-on, à chaque instant, et à contre saison, n’est-ce pas de doter de nombreux quartiers d’eau potable et d’électricité ?
Je vous le dis les luminaires d’Alassane Ouattara sont laids !
Hier, c’étaient Gonzagueville et Adjouffou qui rageaient d’être privés de lumière. Demain, sûrement, ne seront-ce pas les sous-quartiers d’Abobo, de Koumassi, d’Attiékoubé, d’Adjamé qui souffrent des coupures électriques intempestives qui crieront leur soif de reconnaissance ?
Le nouveau pouvoir, si sensible aux pleurs des indigents, lui, a remarqué que Cocody et Plateau souffraient d’un déficit de lumière… (Ah, la cécité de l’âme orgueilleuse ! ) Alors, à coup de milliards, Abidjan vient donc, grâce au nouveau régime d’être parée de luminaires.
Oui ! c’est vrai, ces indigents des quartiers périphériques, de leurs cases obscures, de leurs yeux meurtris, perchés sur leurs estomacs aplatis, se sont extasiés de loin de ce déploiement de lumière, de ce flot de luisance insolente (Ah, le pathétique des yeux non-initiés !) Mais, ils savent au fond de leur cœur que cette lumière n’est pas leur lumière. 

Les luminaires d’Alassane Ouattara préservent les ténèbres
Cette lumière qui gicle effroyablement des luminaires, cette lumière qui éclabousse arrogamment les rues et les murs des abidjanais frustrés de leur soif de liberté de sa luisance blafarde…, c’est la messe fade des nouveaux princes grisés, c’est la bamboula insipide des experts de l’apparence, c’est la danse frénétique des virtuoses du tape-à-l’œil,  c’est l’exhibitionnisme pervers de ceux qui sont incapables de comprendre et de savoir où se trouve la priorité.
Contrairement à la rhétorique des encenseurs et autres complimenteurs du nouveau chef d’Etat, Abidjan, avec ces luminaires impudiques, Abidjan vient de tomber dans les ténèbres. Avec tout le pays d’ailleurs. Les luminaires et la lumière qu’ils prétendent produire ne mettent pas fin aux ténèbres qui nous causent tant d’effroi et nous paralysent de frayeur. Bien au contraire.
Oui, nous sommes de plain-pied dans les ténèbres. Et pour cause.
Les ténèbres, ce sont ces ignares galonnés qui hantent les nuits abidjanaises, les nuits des provinces et des hameaux en quête d’âme à écraser, de bourgeon de vie à piétiner, des billets de banque à chaparder. Les ténèbres, ce sont ces chasseurs rustiques sortis des profondeurs de la géhenne, armés de fusils qui jouent à jouer aux gendarmes et aux policiers sous les yeux effrayés de nos pauvres paysans. Les ténèbres, ce sont les journalistes qu’on jette en prison, les écrivains qu’on bastonne (Bernard Dadié, Serge Grah), les écoles qu’on bombarde à coups de canon. Les ténèbres, ce sont ces universités fermées, ces bibliothèques fermées, ces livres fermés, ces étudiants désemparés réduits à infester les salons des leurs par leur oisiveté contagieuse.
Et la lumière, ce ne sont pas des luminaires aux formes géométriques grossières et suspectes, ensemencées ou accrochées, ici et là.
La lumière, la véritable, ce sont ces villages qui après quarante ans d’indépendance ont été électrifiés par les soins du détestable Laurent Gbagbo. « C’est qu’aucune personne, dotée de bon sens, n’aime l’obscurité imposée. Le laid, tout comme l’obscur, procure inconfort et malaise ». Mais, c’est vrai, mon cher ami ! Et pourtant, des centaines de villages sur lesquels passent les câbles de la haute tension électrique sont encore les otages des ténèbres, pendant qu’Abidjan la prostituée se goinfre comme une truie gloutonne des excès de lumière des luminaires.
Vous convenez avec moi : la Côte d’Ivoire ne se limite pas à Abidjan.
Mais, diantre ! La Côte d’Ivoire, est-ce seulement Abidjan et surtout Plateau et Cocody ? On me dira qu’Abidjan est la vitrine. Oui la vitrine ! Parlons-en ! La vitrine, c’est un espace aménagé dont le rôle est d’exposer ce qu’un magasin par exemple a de plus beau. Et, le rôle de la vitrine, c’est de donner une image publique et favorable. La fonction de la vitrine, c’est de plaire au regard, au regard extérieur. Au regard des visiteurs, des touristes, des occidentaux. Oui ! Plaire à tous ceux-là, à coup de milliards, en sacrifiant les pauvres populations englouties dans l’obscurité.
Mais, la Côte d’Ivoire n’est pas une boutique. La Côte d’Ivoire serait une boutique qu’on saura trouver des raisons de nous consoler. Car, ces derniers temps, la Côte d’Ivoire ne vend plus ; c’est elle qui a été achetée, (que dis-je ?) qui a été prise, cueillie.
L’Afrique a besoin de chefs qui sont aux soins de leurs populations surtout les plus pauvres, et non de ces chefs qui s’évertuent à vouloir plaire aux maîtres du monde. L’Afrique a plus besoin de chefs qui partagent, ne serait-ce que le minimum à la plus grande majorité que de chefs porte-faix d’autres chefs de territoires lointains. Notre pays a plus besoin de chefs qui se soucient de doter les villages d’éclairage public, plutôt que de pseudo chefs qui, au mépris des fourbus, s’évertuent à rassasier ceux qui sont déjà repus.
La fonction des luminaires de Ouattara : aveugler les Ivoiriens
Abidjan, écrit-on, serait devenu Las Vegas par de simples de jets saccadés de lumières. Il faut que je le dise net : Ces luminaires sont une architecture de mirage. Ils luisent, mais n’éclairent pas et ne peuvent éclairer et ne sauraient éclairer. Ces luminaires relèvent du cosmétique inutile, de l’habillage, du maquillage pour voiler les laideurs d’un pouvoir brutal, inimitable en inhumanité, incomparable en sectarisme, intraitable en intolérance.
Il faut ouvrir plus l’esprit que les yeux pour comprendre cette vérité : La lumière qui gicle de ces luminaires est une lumière aveuglante. La lumière, à un certain degré d’acuité, aveugle. Et, c’est la fonction voilée, secrète, ésotérique, obscure, sibylline de ces choses luisantes.
Ces luminaires sont là pour aveugler les Ivoiriens, de sorte qu’ils ne voient pas l’essentiel des choses. De sorte qu’ils ne voient pas le fond des choses. De sorte qu’ils ne voient pas l’intérieur des choses. De sorte qu’ils ne voient pas la profondeur des choses…
La lumière de ces luminaires a pour vocation de séduire, d’envoûter, de captiver aux fins de distraire les Ivoiriens et les détourner de ce qui est essentiel à leur bonheur, de les détourner vers le superficiel : les fadaises, les pacotilles, les niaiseries, les âneries, les fariboles, les inutilités.
Cette profusion de lumière vise à voiler les ombres que ce pouvoir produit, les ombres que ce pouvoir déverse sur le pays.
Abidjan ville de lumière comme Lucifer porteur de lumière
La lumière n’évoque pas toujours le Beau ou la Vérité. Satan se déguise en prince de lumière. Et, le prince de lumière s’appelle Lucifer. C’est l’ange porteur de lumière. Les Francs-maçons se font appeler les « frères de lumière ». Le hasard n’existe pas. Ces luminaires sont la métaphore du mirage que ce pouvoir fait miroiter à ses partisans pour les berner.
Non ! Abidjan n’est pas une fiancée fardée allant à une nuit de noces, mais bien une prostituée fanée qui s’est fardée pour voiler la laideur de ses rides. Des rides qui ne sont pas dues à la vieillesse, mais à une vie de perversion, de compromission, de génuflexion, d’agenouillement, d’abaissement, d’indignité, de pactes mauvais de tout ordre.
Les Ivoiriens ont besoin de consolation, de baume, de paroles et d’actes qui réconcilient, qui rapprochent et non de scintillements maladroits, de miroitements vilains, de feu d’artifice et de mirages trompe-l’œil.

Salomon Akonda, Analyste politique

Paru dans Le Filament N°21

mardi 27 mars 2012

A propos du « Carton rouge » de M. Aly Touré aux communicateurs d'Alassane Ouattara

Il y a quelques jours, j’ai pu lire avec attention un article de M. Aly Touré publié dans le quotidien Le Banco.net du mardi 20 décembre 2011. Comme à mon habitude, je permettrai d’émettre quelques réflexions que m’ont inspirées les propos de M. Aly Touré dans cet article intitulé : « Dénigrement de Ouattara par des Camerounais : Carton rouge aux communicateurs d'ADO ! »

Dans son article, M. Aly Touré fait remarquer que « Sur le bouquet Canal+, il y a une chaîne de télévision appelée "Vox Africa" qui s'illustre par des émissions farouchement hostiles au président Alassane Ouattara et à son régime. Selon M. Aly Touré, cette chaîne ne rate aucune occasion pour ouvrir son plateau, ainsi que ses ondes, aux détracteurs du Président ivoirien : « Des balivernes y sont distillées régulièrement », écrit-il, tout en déplorant qu’il n’y ait jamais eu aucune réaction contre cette chaîne de télévision visiblement hostile au régime, ni de la part, des membres de l’entourage du président, ni de son Cabinet, ni des agents de son service de communication, ni du RDR d'Amadou Soumahoro. Ces gens-là sont tous disqualifiés (« carton rouge »). Et ceci donne à réfléchir…

Et la réflexion, affirme-t-il, conduit à une interpellation directe du régime Ouattara, c'est-à-dire le chef de l'État lui-même et le Rassemblement Des Républicains (RDR) : « il serait temps qu'ils se réveillent et en prennent de la graine. S'ils restent là à ne couver que leurs égoïstes intérêts personnels, comme une poule couvant ses œufs, demain ils risquent d'être surpris et de n'avoir que leurs yeux pour pleurer », écrit M. Aly Touré

De tels propos nous interpellent et appellent les observations suivantes :

1°/ contrairement à ce que pense M. Aly Touré, les personnes qui participent aux émissions de "Vox Africa" ont le droit d’agir, de parler, d’écrire, de manifester librement, et en toutes circonstances, en tous lieux, leurs idées et leurs opinons. Cette libre communication des pensées et des opinions, constitue ce qu’on appelle la liberté d’expression. C’est la liberté d’expression qui autorise toute personne à s’exprimer librement, lui donne le droit de juger les paroles et les actions d’Alassane Ouattara (comme de tout autre gouvernant), du moins de porter des objections sur ses discours et les actes qu’il pose, de tenir un discours sur ses discours . En effet, c’est au nom de la liberté d’expression qu’un journaliste, en informant le public, a le droit de s’élever contre un gouvernant, de dénoncer ou mettre à nu les tares au plan social et politique. Cela ne signifie pas qu’Alassane Ouattara est attaqué, ni que l’ordre est troublé. Bien au contraire. M. Aly Touré doit s’instruire humblement de ces principes fondamentaux de la démocratie, et doit ne pas perdre de vue que la liberté d’expression est, en démocratie, l’un des droits essentiels et inaliénables et l’un des garants de l’état de droits.

2°/ M. Aly Touré, au cas où il l’ignorerait, doit simplement apprendre que, au nom de la liberté d’expression, un gouvernant est censé étouffer la démocratie et abuser de son pouvoir, dès lors qu’il s’identifie à l’ordre, aux lois et au gouvernement, dès lors qu’il censure ou interdit les libres opinions, dès lors qu’il sanctionne, condamne les journalistes, les artistes, les écrivains, les intellectuels... Agir ainsi est une absurdité qui annihile la démocratie et qui avilit. Parce qu’un tel gouvernant, empêche l’échange des idées, la diffusion des vérités nouvelles ; il rejette l’enseignement des théories contraires à sa politique personnelle ; il bannit toute action et activité susceptible d’aider au progrès de la société.

3°/ contrairement à ce que pense M. Aly Touré, les personnes qui participent aux émissions de "Vox Africa" ont le choix d’être favorables ou hostiles au régime, au nom de la liberté d'opinion qui est affirmée solennellement dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen du 26 août 1789, article 10. Rappelons que la liberté d'opinion signifie que toute personne est libre de penser comme elle l'entend, libre d’être d’accord ou en désaccord avec autrui, libre d'avoir des opinions contraires à celle de la majorité ou des autorités. La Déclaration de 1789 précise d'ailleurs que cette liberté d'opinion s'étend à la liberté religieuse, chacun étant libre d'adopter le culte de son choix, ou de n'en adopter aucun.

4°/ contrairement à ce que pense M. Aly Touré, la critique ne procède pas forcément d’une intention malveillante. La critique et les observations sur un individu, sur une idée, sur une décision sur un régime ne procèdent pas toujours d’un esprit chagrin, mais aussi et souvent du souci d’en révéler les failles, les défauts, les faiblesses, les errements, les insuffisances, en vue d’en améliorer les pratiques, les rouages, les structures, l’organisation, etc. Pouvoir critiquer librement témoigne de l’existence et de la réalité des droits et libertés des citoyens dans un pays, surtout lorsqu’il s’agit de république démocratique. S’en prendre aux défauts d’un être humain garantit son existence et témoigne de l’intérêt qu’on lui porte et, parfois participe de la volonté de voir les choses changer, évoluer différemment.

5°/ L’objectif de M. Aly Touré est clair et nous l’avons bien compris : il s’agit de tirer sur la sonnette d’alarme. Pour M. Aly Touré, il est temps, et même grand temps, que les membres de l’entourage de Ouattara et de son Cabinet, les agents de son service de communication, les militants du RDR « se réveillent et en prennent de la graine », passent à la vitesse supérieure dans la violence et la criminalité. Autrement dit, il vise à inciter les militants, véritable horde de chiens à visage humain, à aboyer et à surtout à mordre à belles dents. Et, pour que la mayonnaise prenne, M. Aly Touré dénature tout : pour lui les débats télévisés sont des « balivernes », les critiques relèvent du « Dénigrement de Ouattara » ou participent d'« une savante entreprise de dé-légitimation à terme du Président Alassane Ouattara », etc.

6°/ Par sa soi-disant « interpellation directe du régime Ouattara », M. Aly Touré voudrait-il, diantre ! nous faire revenir à vingt ans, trente ans, cinquante ans… en arrière?... Peut-il, un seul instant, se rendre compte que c’est très mal conseiller son mentor, et que c’est même indiquer à celui-ci une issue fatale, de la même façon que hier, quelques demeurés lui ont conseillé, idiotement, d'envoyer Laurent Gbagbo à la CPI. En tout cas, tout cela, comme qui dirait, est cocasse, ridicule ! On devrait en rire si ce n'était pas si triste, si nous n’entrevoyions pas le lourd tribut à payer…

7°/ Par sa soi-disant« interpellation directe du régime Ouattara », M. Aly Touré sait-il qu’il a ainsi signé le certificat de décès de la « réconciliation nationale » ? Alors, aux calendes grecques la commission de Banny ! M. Aly Touré sait-il qu’il a ainsi ouvert les vannes pour plonger notre pays dans un état permanent de guerre ? Car, ce qu’il ignore peut-être, c’est que nous n’accepterons plus d’être nargués, menacés, tués. Trop c’est trop ! Nous n’avons pas d’autres choix que de nous défendre, de nous battre, de combattre jusqu’à sa mort ce régime dont nous sommes les victimes et qui est en mission de déconstruction de la Côte d’Ivoire.

8°/ M. Aly Touré sait, ainsi que les autres, que nous avons toujours suggéré des moyens sûrs, y compris le dialogue, pour aller à un « vivre ensemble » fiable, mais cette voie est d’emblée rejetée. Par conséquent, seule reste la riposte la plus appropriée aux actes qu’ils vont être désormais posés. Nous avons mis en place une batterie de moyens pour réagir, pour nous libérer du joug d’Alassane Ouattara, pour gérer les rapports entre les pro-Ouattara et nous. La fin de la peur est déclarée et puis, le RDR n’a pas le monopole de la violence.

9°/ M. Aly Touré et les partisans d’Alassane Ouattara doivent savoir que le pouvoir de leur mentor les conduit à l’abattoir. La sagesse populaire nous instruit qu’on peut être fort le matin, puis être faible à midi ou le soir. De même Alassane Ouattara partira tôt ou tard. C’est la loi de la nature que toute chose ait une fin. Alors, M. Aly Touré et les partisans d’Alassane Ouattara doivent se poser la question de savoir quel avenir cet homme leur propose dans la désunion, pour eux-mêmes, mais aussi et surtout quel avenir pour leurs enfants ? Alors, M. Aly Touré et les partisans d’Alassane Ouattara devraient plutôt penser à l’après ADO, dès aujourd’hui même, et devraient s’abstenir de poser tous actes susceptibles d’obscurcir leur avenir.

Quoiqu'il m’en coûte, c’est ce que je pense... 

 Léandre Sahiri 

lundi 5 mars 2012

Alassane Ouattara : Un ethnocentrisme qui n’a rien à envier au nazisme

Répondant aux griefs ethnocentriques reprochés à son régime, le président Alassane Ouattara a fait la déclaration suivante : « Il s’agit d’un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40% de la population était exclue des postes de responsabilité… ». 

Sans entrer dans la véracité de ses propos, on ne peut pas s’empêcher d’avoir honte d’être le sujet d’un dirigeant aux propos aussi controversants. Ce Monsieur avait dit, dans les mêmes circonstances, que c’est parce qu’il est nordiste qu’on ne voulait pas qu’il soit candidat. Cela nous a coûté plus de 20 ans d’instabilité. Parce que les gens du nord se sont effectivement mis dans la tête qu’ils étaient exclus. Nous avions pensé à la boutade d’un homme aveuglé  par une ambition démesurée. Nous étions loin de croire que cela était l’expression d’un calcul minutieux pour l’application d’une politique ethniciste qui n’aura rien à envier au nazisme. 

L’idéologie nazie n’était rien d’autre que la promotion d’une race sur les autres. Ce que cette idéologie, tirée des tréfonds des théories sur la supériorité  de la race aryenne, a produit en Europe est encore vivace dans la mémoire collective de notre humanité. C’est pour tourner le dos définitivement aux affres de la barbarie hitlérienne qu’il est recommandé  de défendre, en priorité, les valeurs universelles d’humanité  avant celles très basses de la race et de l’ethnie. C’est au nom de ces valeurs qui révèlent la profondeur des grands hommes qu’on a combattu le colonialisme, le nazisme, l’apartheid et toutes les formes d’impérialisme. Et, c’est pour ne plus regarder dans le rétroviseur de notre bestialité que partout dans le monde, les organes de régulations de la presse traquent tous les propos à  caractère raciste et ethnocentrique.
Sans entrer dans la véracité de ce que Dramane Ouattara dit, et qu’aucun responsable politique n’a jamais dit en Cote d’Ivoire, je voudrais savoir de quel droit les gens du nord devraient représentés à plus de 40% dans l’administration d’un Etat qui compte 60 ethnies ? Où  serait aujourd’hui la Côte d’ivoire ou bien où allons-nous si chaque leader politique devrait faire du rééquilibrage ou du rattrapage en fonction de son ethnie ? Et puis, quand le premier responsable d’un Etat ouvre ainsi clairement le débat sur les clivages ethniques, peut-on encore reprocher à sa population de s’y engouffrer ?...
 
Joseph Marat
Source: topblogjosephmarat

dimanche 4 mars 2012

Mettre un terme à la « solution »

« Que Monsieur ADO sache qu’on ne prend pas un peuple comme on va prendre une prostituée ». Venance Konan
 
Un nouvel Etat nazi est-il né ? Cette fois-ci, l’Europe est épargnée, car, c’est en Afrique que le nazisme hitlérien renaît de ses cendres. Le triste passé de notre humanité semble se conjuguer avec le présent.
En effet, Alassane Dramane Ouattara et ses rebelles, le sang des innocents ivoiriens versé, pour aucune cause valable fait craindre le pire. Le sol ivoirien a été  souillé depuis qu’il y a mis les pieds.
Si vous observez bien Ado et son régime et si votre regard est suffisamment critique, vous constaterez que nous avons à faire à un régime Nazi et non dictatorial (la différence est de taille !).

Un régime Nazi est né 

Voici les caractéristiques du nazisme : la hiérarchisation de la population, la catégorisation de la population, la détestation d’une partie de la population, la violence et les assassinats comme réponse politique. Il est aussi indispensable de savoir comment ils ont pris le pouvoir, quelles stratégies ils affectionnent, et quelles sont leurs méthodes de propagande.
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Hitler et les nazis étaient membres d'une société secrète qu'on peut qualifier de luciférienne, la Société de Thulé (qui se rattache à la "Fraternité de la mort", tout comme les Skull and Bones). Alassane Dramane Ouattara et ses proches collaborateurs sont eux aussi membres de la très sanguinaire loge maçonnique africaine.

Dans les régimes fascistes, le mensonge est érigé en méthode de gouvernement. Ecoutez Hitler et soyez attentif aux discours du président. Blanc bonnet, bonnet blanc. Un autre principe de la propagande fasciste du régime d’Ado est l'inversion de la réalité. Comme par exemple présenter la guerre de la France en Côte d’Ivoire comme « la libération du peuple ivoirien », ou bien affirmer que « la rébellion armée » conduite par Soro guillaume n’a commis aucune exaction. Tout cela fait partie de la stratégie qui consiste à organiser des crimes pour en accuser ses adversaires et justifier leur élimination. Comme par exemple les tueries de Duékoué en 2011 perpétré par les rebelles pro-Ouattara et attribuées à des « mercenaires » pro-Gbagbo.

Une autre caractéristique du fascisme et plus particulièrement du nazisme du régime d’Ado est la fanatisation de la population en attisant la haine contre les militants ou sympathisants du camp opposé dont les représentants sont devenus des boucs émissaires et la cible d'une violence encouragée et légitimée par le nouveau pouvoir. La haine en l’encontre de Laurent Gbagbo et les militants de LMP est depuis longtemps ce qui réunit le RHDP et les rebelles. Rappelons que pendant la crise post électorale, ce sont des cadres du RHDP qui encourageaient les rebelles-dozos à  aller jusqu'au bout dans la « solution… finale ». 

Ado fait régner une terreur sur les militants LMP pour les impressionner, les intimider et les éliminer. Il laisse donc prospérer sa Gestapo locale dite FRCI.
Dans cette Côte d’Ivoire de 2011, le nazisme d’Ado fait exécuter ou déporter ses opposants dans des camps de concentration de Korhogo, de Bouna, de Boundiali, etc., mène la persécution contre n’importe lequel des militants LMP. Ceux-ci sont presqu’exclus de la nouvelle société ivoirienne mise en place par Ado, avec le même modus opérandis, la même violence, les mêmes agissements, la même arrogance, et un tribalisme exacerbé.

Entre terrorisme, promptitude et amnésie.
Voici une cohorte de criminels de guerre jamais inquiétés, leurs crimes contre l’humanité  perpétrés au su et au vu de tous, une arrogance affichée, avec en clé, une  surprotection dont il bénéficie de la France et de l’ONUCI. Les crimes commis par Ado et ses rebelles depuis 2002 font de lui le chantre de l’horreur absolue, l’homme le plus monstrueux que l’Histoire de la Côte d’Ivoire ait connue...
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Aujourd’hui, au nom de quel principe la France fait-elle inculper Laurent Gbagbo et laisse Ado et ses rebelles sanguinaires ? A quoi rime ce théâtre où  seul, se joue une même rengaine, la symphonie de «la justice des vainqueurs»  ?
Avant que le pire n’émerge et rende nos discours, nos idées, nos réflexions dérisoires et caduques au profit d’un embrasement généralisé de la Côte d’Ivoire…, il conviendrait d’imposer à Ouattara, responsable de «  crimes de guerre», la condamnation claire et sans équivoque qu’il mérite. Ainsi, on pourra mettre un terme à la «Solution»  qu’il croit incarner.  

Nikitta Kadjoume

mercredi 18 janvier 2012

La Charte du Nord

En Côte d’Ivoire, il y a quelques années, des tracts anonymes appelés «La chartre du Nord» ont été distribués secrètement, à l’intention des ressortissants du Nord de la Côte d’Ivoire. Ceux qui, à l’époque, s’étaient faits les chantres de ce ces tracts, disent, ne plus en retrouver aujourd’hui la moindre trace. Parmi ces personnes, on peut citer la méga reggae star Alpha Blondy.

D’aucuns se posent la question de savoir ce qu’était cette charte et quelle en était le contenu. Cet article est destiné à apporter des éléments de réponses à ces interrogations.

Autrement dit, nous allons examiner les textes de cette « charte » dans ses deux versions (1 et 2), du point de vue de la forme comme du fond, avant de nous prononcer sur les conséquences sur la vie politique actuelle.

De la forme de «La Charte du Nord»

Une « charte » est, selon le Petit Larousse, une loi ou des lois constitutionnelles d’un Etat, établies par concession du souverain et non par les représentants du peuple. En d’autres termes, la Charte est un texte fondateur, à l’instar de la Constitution d’un Etat. Elle est l’émanation directe du titulaire de la souveraineté qu’est le peuple. A ce titre, elle détermine les organes qui dépendent d’elle et en distribue les rôles et les compétences.

La plupart des textes juridiques de cette nature, notamment les chartes, comportent trois parties, à savoir : le préambule, le corps du texte et la signature.

En ce qui concerne «La Charte du Nord», il y a deux versions : celle de 1991 et celle de 2002. De plus, il n’y a pas de préambule qui renvoie à d’autres textes (comme la Constitution, la Déclaration des droits de l’homme, etc.) dont les signataires s’inspirent et surtout auxquels ceux-ci s’engagent à se conformer.

Sans préambule, le premier texte lance, d’entrée de jeu, un appel identitaire à tous les ressortissants du Nord de la Côte d’Ivoire. « En tout état de cause, la charte du Nord recommande à tout ressortissant du Grand Nord et à tout ami du Grand Nord de faire de l’appel son livre de chevet ».

Il faut signaler d’emblée que cette Charte ne fait nullement allusion à la Déclaration des Droits de l’homme (1789 et 1948). Si bien qu’on ne sera pas surpris plus tard de voir que, dans son application, la «Charte du Nord» ignore le respect des droits de l’homme et/ou du citoyen.

Au niveau du corps de chacun des deux textes, les différents paragraphes ne sont pas numérotés. Les deux chartes distillent un fatras d’idées ; Si bien que l’on revient souvent sur les mêmes choses déjà exprimées, sans renvoi aucun. En d’autres termes, les textes sont mal élaborés et nous font vérifier l’adage qui dit que tout ce qui ne se conçoit pas bien ne saurait s’énoncer aisément. «La Charte du Nord», peut être considéré comme un tract, puisque, à la fin des textes, il n’y a aucune signature : ni nom, ni titre des auteurs, soi-disant « par crainte des représailles ». Ce qui dénote du manque de courage des initiateurs de ces textes ; auteurs qui, pourtant, proclament, on ne sait pour quelle raison, leur attachement aux idéaux du Rassemblement Démocratique Africain (RDA) : « Sans renier notre passé de la période des luttes pathétiques et héroïques du RDA, sans remettre en cause notre attachement aux idéaux du grand parti le RDA, il importe désormais de situer le Grand Nord à l'écart du PDCI, très loin du FPI et de l'opposition. Parce que cette région doit emprunter sa propre voie, car la différence de zone entraîne, ipso facto, une différence de compréhension et de comportement et une différence d'intérêts, lesquels peuvent être complémentaires mais jamais semblables ».

Rappelons que c’est un des ténors du RDR, feu Lamine Diabaté, qui est soupçonné d’être l’auteur et l’instigateur de tout ce tract.

Il suffit, pour s’en convaincre, de lire le texte ci-dessous, extrait de son discours de 1995 à Odienné : « Le PDCI dit que nous sommes des peureux. Nos grands-pères n’ont pas eu peur de prendre cette région avec les fusils et la poudre. Nous ne voulons plus de ces gens parce que le PDCI nous manque de respect, nous méprise et ne nous considère pas. Ils nous ont traités comme des animaux : ils ont injurié Alassane, son père, sa mère et nous. Mais, ils ne nous connaissent pas. Parce que c’est avec des fusils et des balles que nos grands-parents ont conquis cette terre. Ils ne veulent plus entendre l’appel du Muezzin de la mosquée pour la prière. Ils ne veulent pas de l’Islam et des musulmans. Ils envoient les militaires les frapper dans les mosquées (…). Nous avons les mêmes armes qu’eux. Nous avons aussi nos hommes dans l’armée. Nous ne voulons d’eux ni aujourd’hui, ni demain. Depuis que Houphouët est mort nous n’avons connu que brimades, honte et humiliations ».

Du fond de «La charte du Nord»

Du point de vue du fond, les deux textes la «Charte du Nord» visent les mêmes objectifs, à savoir : prendre, vaille que vaille, le pouvoir d’Etat.

Même présenté dans un fatras d’idées, le fond revient inlassablement comme un leitmotiv et tient à trois idées maîtresses :

1) La région du Nord est politiquement isolée et méprisée, et ses habitants sont traités comme « des citoyens de seconde zone ».

2) Le parti d’Henri Konan Bédié nie la nationalité ivoirienne à tout un pan de la population de la Côte d’Ivoire, les ressortissants du Grand Nord, qui se reconnaissent dans l’un des leurs : Alassane Dramane Ouattara. En d’autres termes, la cause d’Alassane Dramane Ouattara a été artificiellement transformée en une affaire régionale : « si l’on insulte ADO en le traitant d’étranger, disait-on, c’est l’ensemble des Nordistes qu’on a ainsi rejetés ». Dans cet ordre d’idées, les auteurs de la première version de «la charte du Nord», ont «recadré» les origines précoloniales des Ouattara dans la région de Kong. Ainsi, pour eux, mêmes si les familles Ouattara et Sanogo débordent la frontière septentrionale de la Côte d’Ivoire, tout Ouattara reste toujours Ivoirien. Ceci a fait dire au Dr Christophe Sandlar que «les auteurs de ce document, ont grandement contribué à la crise identitaire actuelle en accentuant avec force la confusion Grand Nord/Dioula/étranger/Alassane qui préexistait».

3) En tant qu’authentiques premiers habitants de la Côte d’Ivoire, les peuples du Nord, ne doivent pas être des « suiveurs ». Ils doivent tenir leur voie spécifique, rester au centre, et non à droite, ni à gauche. Demeurer d’éternels accompagnateurs du dessein d’autres peuples froisse leur amour-propre et partant, leur honorabilité. Ils ne supportent plus que l’on leur fasse appel quand c’est difficile, et les repousse quand la tempête est apaisée. Mieux, ils exigent qu’Alassane soit le successeur d’Houphouët-Boigny, s’il réussit à résoudre le problème de la crise économique qui a obligé le vieux président à lui faire appel. Il ne peut pas mettre de l’ordre dans les finances et laisser un autre en recueillir les dividendes. A cet élément identitaire, s’est greffée la question musulmane.

Rappelons que, à Korhogo, plusieurs années après la distribution des deux chartes, M. Hamed Bakayoko, fort de tous ces éléments, avait, à l’invitation des jeunes Nordistes, vanté, de manière à peine voilée, les mérites des auteurs du coup d’Etat de décembre 1999 et la rébellion de 2002, en ces termes : « Je vous demande donc d'être déterminés. N'acceptez pas qu'on vous manque de respect. Il faut qu'on nous respecte dans ce pays (…) ».

Puis, parlant d'Alassane Dramane Ouattara, M. Hamed Bakayoko avait déclaré, dans une sorte d’ultimatum : «On nous a dit, ici, qu'il ne sera jamais candidat ; il est aujourd'hui candidat. Les mêmes nous ont dit qu'il ne sera jamais président ; il sera le prochain président de Côte d'Ivoire. Rien ne se fera dans ce pays sans nous. Rien ne se fera dans ce pays sans notre respect. Ceux qui ont joué avec ça ont vu. Ceux qui veulent jouer encore avec ça verront».

A tout prendre, les deux textes de «La Charte du Nord» sont un appel à la sédition, à la limite d’une association de malfaiteurs. A l’analyse des faits, on constate que les récriminations d’un Nord délaissé n’ont aucun sens, du moins dénotent d’une mauvaise foi notoire, du fait que beaucoup d’investissements ont été faits dans les différents villages et villes du Nord.

Les conséquences de « la Charte du Nord »

Les idées mises en avant par les deux textes de la «Charte du Nord» perduraient depuis plusieurs années, et au fil du temps, elles ont conditionné le comportement des adhérents du RDR issus du nord. On a alors fait une fixation sur la prise du pouvoir. Le premier acte de cette prise du pouvoir a été le coup d’Etat le 24 décembre 1999 qui a renversé Konan Bédié. Le deuxième acte a été un coup d’état manqué qui visait à renverser le président Laurent Gbagbo et qui s’est mué en rébellion. C’est cette fixation sur le pouvoir qui explique l’intransigeance des rebelles durant les négociations dans les capitales de certains pays africains, ainsi que le non-respect de l’Accord de Ouagadougou, le refus du désarmement avant les élections, etc.

Les conséquences de la charte du Nord sont également palpables sur la nature ou la configuration du gouvernement. La voie choisie par le président Alassane Ouattara est de préférer et privilégier le régionalisme, comme principe fondement de gouvernement. En effet, 80% des nominations aux emplois supérieurs concernent des Nordistes. Plus de 50% des membres du gouvernement sont des ressortissants du Nord, une prouesse que, auparavant, aucun autre président n’avait jamais réalisée en Côte d’Ivoire. L’armée nationale non seulement a intégré les rebelles, mais en plus, des grades leur ont été distribués, y compris même aux dozos, chasseurs traditionnels dont la cruauté est sans limite, et qui sont disséminés dans la zone du sud où ils commettent impunément des exactions sur les populations sans armes.

Alassane Ouattara au pouvoir, objectif atteint

Pour conclure, nous dirons que, à l’évidence, même si «la charte du nord» a atteint son but, il se trouve qu’elle a ouvert une boîte de pandore qui ne milite pas en faveur de la cohésion nationale, ni de la construction de l’unité nationale en côte d’Ivoire. Au point qu’il est à craindre que d’autres régions emboîtent le pas aux gens du Nord.

Source : Le blog de Claudus

 

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