lundi 4 octobre 2010

Les raisons socio-politiques de l'expansion des églises évangéliques en Afrique

Il s’observe ces deux dernières décennies un fourmillement sans précédent de nouveaux mouvements religieux d’inspiration protestante, tant en Afrique subsaharienne que dans les populations immigrées d’origine africaine en occident. Ce phénomène semble être attribué au besoin de voir le monde religieux intervenir rapidement dans la résolution des problèmes matériels, physiques et sociaux de l’homme.

Il semble être aussi une réponse, en particulier en occident, à la nécessité de l’affirmation d’une identité culturelle particulière. Celle-ci fonde et véhicule une vision du monde, autant qu’elle détermine la manière de penser, d’agir et de se comporter. Regardons de très près ce qui passe en Afrique. Partons d'exemples concrets. En République Démocratique du Congo (RDC), pour la seule ville de Kinshasa, le nombre des Églises dites de « Réveil » est estimé à plus de 8 000 pour une population évaluée à près de 7,5 millions d’habitants. Une enquête effectuée du 17 septembre au 8 octobre 2002 sur l’appartenance religieuse de la population de cette ville révèle que 27,8% de cette population, soit plus d’un quart, ont déclaré être membres d’une « église de réveil ». Les fidèles des Églises catholique et protestante représentaient, quant à eux, respectivement 34,2 et 25,1%. Pourtant, entre 1968 et 1970, 58,6 % de la population adulte s’étaient déclarés catholiques et 27,0% protestants. Les Églises de réveil étaient donc pratiquement inexistantes. En 1990, ces Églises comptaient 10% de fidèles pour atteindre 15% entre 1994 et 1996 et avoisiner les 30% depuis 1998. Dans une ville comme Lomé qui fait moins d'un million d'habitants, on compte plus de 400 églises dites du réveil. La question qui se pose alors est la suivante : Pourquoi cette situation? Autrement dit, quelles sont les raisons socio-politiques de cette émergence des églises évangéliques? Mais d' abord, que faut-il entendre par églises du réveil?


Que faut-il entendre par « Eglises du réveil »?

Comme leur nom l’indique, les « Églises de réveil » militent pour un réveil spirituel. Elles se présentent comme une alternative à l’hermétisme et à la torpeur des religions traditionnelles catholique, protestante et musulmane. Elles ont trouvé un terrain de prédilection un peu partout en Afrique, au début des années 1990, grâce à la proclamation de la démocratie qui reconnaît ipso facto la liberté d’association et de culte. Elles sont ainsi passées de groupes informels (cellules ou fraternités de prière) en organisations structurées.

Les Églises de réveil sont issues du courant évangélique (néo-pentecôtiste et charismatique) anglo-saxon dont l’Amérique constitue le berceau et la terre d’élection. Elles constituent donc des formes du protestantisme. Fondées sur la seule autorité de la Bible, en référence au principe protestant « sola bibilia », ou « sola scriptura », les Églises chrétiennes indépendantes proclament leur foi en Jésus-Christ considéré comme fils de Dieu. Cette foi est, selon elles, le fruit de la grâce divine. Les Églises de réveil croient au baptême par immersion comme résultat d’une décision personnelle responsable. Ainsi, le baptisé devient un « chrétien né de nouveau » par le baptême du Saint-Esprit, « c’est-à-dire une personne ayant quitté le monde, abandonné « la vie de péchés » pour mettre en pratique la Parole de Dieu (la Bible) ou, selon la formule consacrée, pour mener une vie de sanctification » (Jean-Pierre Missié). Comme toute autre communauté chrétienne, les Églises de réveil ont leurs structures hiérarchiques, leur liturgie et leurs recettes religieuses. Celles-ci sont formées essentiellement des cultes d’adoration et d’intercession, des études et enseignements bibliques, des veillées de prière, des témoignages (aveux publics des bienfaits de Dieu), des jeûnes, des cures d’âme et des séances de guérisons-miracles.

En ce qui concerne les cures d’âme, elles consistent en des entretiens directs avec le fidèle sur sa vie, son histoire, ses relations familiales et sociales, etc. Ces entretiens ont pour but ultime de situer l’origine du mal assaillant le fidèle. A travers cette relation d’aide et de confiance, le pasteur joue à la fois le rôle de psychologue et de conseiller spirituel.


Quelles sont les raisons socio-politiques de leur expansion en Afrique des églises du réveil ?

Trois éléments importants sont à prendre en compte en ce qui concerne le succès récolté par les Églises de réveil et leur expansion en Afrique.

D'abord, leur prétention de proposer des solutions rapides aux échecs et difficultés de la vie quotidienne de leurs adhérents meurtris par la déstructuration profonde du tissu économique et social, occasionnée notamment par la mal gouvernance de la part des dirigeants (corruption, pillage des ressources nationales, etc. ), les guerres et les conflits armés internes à ces pays. Les solutions proposées sont essentiellement l’évangile de prospérité matérielle et immatérielle (argent, travail aux pauvres, mariage aux célibataires en quête de partenaires, progéniture aux personnes stériles ou en difficulté de procréer etc.) et la distribution des guérisons-miracles. La réussite matérielle et immatérielle, perçue ici comme une bénédiction de Dieu, serait acquise après une séance de désenvoûtement, encore mieux de « délivrance » de tout lien satanique, source d’échec et de blocage.

Ensuite, certains leaders d’Églises de réveil puissantes entretiennent des relations privilégiées avec le monde politique et économique. S’ils ne sont pas partenaires ou représentants financiers des hommes politiques, ils bénéficient, d’une manière ou d’une autre, de leur assistance et de leur protection (argent, voiture, garde du corps, etc.). En retour, du fait de leur autorité et popularité, ils contribuent à asseoir ou à légitimer le pouvoir politique, par des passages bibliques érigés en postulats tels que : « Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a point d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées de Dieu » (Rom. 13, 1), « Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu » (Mt. 22, 21)... Ainsi, ils participent, consciemment ou inconsciemment, à étouffer toute tentative de contestation sociale et, par ricochet, à entretenir et à accentuer la misère des populations. Leurs discours non engagés se révèlent donc être aux antipodes de leurs actes.

Venons-en au troisième et dernier élément. Une fois à l'étranger, tout individu est confronté à des systèmes culturels différents, parfois incompatibles. Cette différence culturelle « apparaît toujours, au premier abord, comme une menace ». Ainsi, se développe-t-il des stratégies d’auto-défense en vue de préserver une certaine identité culturelle. Celle-ci véhicule une vision du monde et détermine, consciemment ou inconsciemment, le comportement des individus. Ainsi, dans les pays occidentaux, la plupart des hommes et des femmes d'origine africaine qui adhèrent aux nouveaux mouvements religieux, le font pour des raisons essentiellement culturelles. On peut aussi noter la grande sécurité que ces églises apportent à ses membres et l'intégration sociale à travers la « communauté » que forment ces églises.



Comment fonctionnent ces églises ? Comment et pourquoi y adhère-t-on ?

C'est clair : il en faut un peu plus pour cerner les contours de la question des raisons socio-politiques de l'expansion des églises évangéliques. L’étude du phénomène de nouveaux mouvements religieux dont le foisonnement a été observé ces deux dernières décennies en Afrique et en occident, particulièrement parmi les populations immigrées d’origine africaine, autorise au moins deux réflexions : d'abord, le fonctionnement de ces mouvements repose sur la logique selon laquelle le bien (la santé, le mariage, la progéniture, la richesse matérielle etc.) et le mal (la stérilité, la maladie, la pauvreté, le chômage, le célibat forcé etc.) survenant dans la vie d’un individu ont une origine externe. Le mal viendrait des sorciers et de mauvais esprits tandis que le bien de Dieu et de bons génies

Ensuite, l’adhésion à un mouvement religieux d’origine africaine en occident est largement influencée par des motivations culturelles, à savoir le besoin de vivre sa culture et, de ce fait, d’être en cohérence avec les normes et valeurs sociales de son groupe culturel d’appartenance, normes et valeurs préalablement acquises par le processus de socialisation. Cette cohérence dans la manière de penser, d’agir et de se comporter confère à l’individu une sécurité psychologique, par rapport à lui-même et par rapport à ce groupe. Comme on le voit, il est impossible de dialoguer avec ces églises, si on ignore leurs raisons d'être et leur identité…

Jean-Paul SAGADOU, Religieux assomptionniste, Diplômé en théologie de l'Institut Catholique de Paris. Président-fondateur de l'Association Personnaliste des Amis de Mounier (APAM-Burkina), il accompagne aussi la réflexion de la Jeunesse Etudiante Catholique (J.E.C) du Burkina Faso ainsi que celle de la JEC de l'Afrique de l'Ouest francophone.

Paru dans la rubrique Religion du Filament N°8



L’échec de l’aide internationale

Les pays africains ont été contraints, au lendemain des «indépendances», d’hériter des dettes que les anciennes puissances coloniales avaient contractées pour les exploiter. A peine « libérés », ils ont été considérés insolvables par les agences de notation financière. Exceptés l’Afrique du Sud et le Zimbabwe, dirigés par des autorités blanches, ils ont été quasiment interdits d’accès au marché des capitaux et ont donc été contraints de sous-traiter leur « développement » auprès des institutions de Bretton Woods.

Depuis, une source très importante de l’endettement des pays d’Afrique subsaharienne provient des prêts du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque Mondiale (BM), mais également de la Banque Africaine de Développement (BAD), bras armé africain de ces institutions internationales.

Alors qu’ils s’adressent aux pays les plus pauvres de la planète, les prêts octroyés sont soumis à des taux d’intérêt scandaleux et à des conditions draconiennes pour les bénéficiaires qui se voient contraints, par ces institutions, à des politiques économiques austères devant, en théorie, assurer leur développement : privatisations massives des secteurs-clé de l’économie, désengagement de l’État des programmes sociaux (santé, éducation, etc.). Cependant, selon le propre constat de ces institutions, l’essentiel des programmes imposés ont été des échecs. L’Afrique se retrouve donc avec ces dettes, sans avoir bénéficié du moindre recul de la pauvreté.

Le revenu réel par habitant dans l’Afrique subsaharienne est inférieur à ce qu’il était dans les années 1970, plus de 700 millions d’Africains vivent avec moins de 1 dollar par jour. L’espérance de vie stagne, un enfant sur sept meurt avant l’âge de 5 ans, l’alphabétisation est inférieure à ce qu’elle était en 1980. Le secteur agricole a été décimé par les programmes d’ajustements structurels, au point que la sécurité alimentaire est très gravement menacée ; situation d’ailleurs reconnue par M. Zoellick, Président de la Banque

Mondiale, qui a fait un mea culpa public.

En ce qui concerne la Côte d’ivoire, un Ivoirien sur deux vit aujourd’hui avec moins d’un dollar par jour, soit environ 600 CFA. Le montant de la dette représente 60% de son produit intérieur brut (PIB). Et, situation totalement surréaliste, le pays peut rembourser plus qu’il ne reçoit de ces institutions si bien que, pour la seule année 2008, la Côte d’Ivoire a dû rembourser 251,8 milliards alors qu’elle n’a reçu que 60,14 milliards. On est en droit de se poser la question : Qui aide qui ?

Adjé Kouakou,
Producteur et Présentateur de l’émission AMANIEN.
Voice of Africa Radio à Londres

Paru dans la rubrique Amanien du Filament N°8

Côte d’Ivoire : La débauche institutionnalisée

Dix-sept pays africains, dans une liesse fiévreuse et hérétique, fêtent les cinquante années de leur indépendance, en cette année 2010. Toute l’Afrique s’embrase aux couleurs « des cinquante années d’indépendance ».En Côte d’Ivoire, comme si l’ivresse d’un seul jour était la solution que le peuple attendait pour enfin bien respirer, des sommes faramineuses, qui n’existaient pas pour réduire la souffrance des peuples, sont curieusement trouvées et dépensées.Et pourtant, le paradoxe est tel qu’on se croirait devant une aporie et une apoplexie au même instant.

Une aporie parce qu’on se trouve totalement désarmé devant ce qui se passe dans ce pays, la Côte d’Ivoire. L’éthique, il ne faut pas en parler. Et cela va du public au privé, en passant par la famille. L’Etat, si on peut le résumer aux trois institutions suivantes : l’Exécutif, le Législatif et le Judiciaire, est lui-même le nid de la corruption et de la putréfaction de la Côte d’Ivoire : « il faut corrompre pour vivre ou pour survivre », telle est la nouvelle donne. Et alors, on ne réfléchit plus, on ne pense plus, on n’ose plus poser de questions : « on se tait pour mieux manger ». Des enquêtes farfelues sont engagées sans aucun résultat ou si la chance est au rendez-vous, le résultat est simplement politicien. Le tout, au détriment des « sans voix » qui se contentent d’applaudir ou de défendre le « coupable blanchi » pour une question de géopolitique.

Ainsi va la Côte d’Ivoire où tout était, est et reste pourtant possible pour pousser l’Afrique en avant, au développement.

Ce qui se développe par contre est la Rue Princesse avec ses conséquences : croissance du SIDA et d’autres maladies sexuellement transmissibles (MST).

La Rue Princesse est le lieu de ravitaillement en belles jambes pour les ayant, il ne faut donc pas la toucher. Non !

L’école, il ne faut pas en faire cas. Les résultats de fin d’année vacillent entre 18% et 30%. Cela va du primaire au supérieur. Et, devant cette destruction volontaire de la production intellectuelle par des intellectuels qui avaient, pourtant, promis monts et merveilles, les parents, sans doute désabusés, continuent d’applaudir les « Sauveurs de la République » qui s’enrichissent sur leur dos et qui logent, à grand prix, leurs petites maîtresses écervelées dans les quartiers huppés de Cocody avec des 4x4 flambant neuf comme récompense des coups de rein donnés de temps en temps.

Dans les universités et écoles dites supérieures, la tête ne compte plus. La « raison » des fesses a pris le pas sur le cerveau. Seules les jambes, le visage bien maquillé et « l’approche de l’étudiante » envers son enseignant donnent droit aux bons résultats. Et, pendant ce temps, pour échapper à la règle d’or, la loi des fesses, du passage à la classe supérieure, les intellectuels et leurs amis dirigeant les institutions et les grandes boîtes étatiques, envoient leurs filles étudier en Occident. Et toujours, le peuple applaudit à cœur joie.

Nous parlons également de l’apoplexie, parce que l’état des choses en Côte d’Ivoire donne l’impression que les intellectuels au pouvoir, et cela en provenance de tous les partis politiques, sont tous devenus amnésiques. Ils feignent d’oublier que c’est grâce aux études faites (complétées ou non) qu’ils sont aujourd’hui au devant de l’Etat. Il y a donc lieu de se demander s’ils n’ont pas perdu le fonctionnement de leur cervelle. Ils choisissent d’utiliser les syndicats des enseignants comme des armes politiciennes et servent les Ivoiriens de discours creux qui montrent leurs incapacités notoires à placer la Côte d’Ivoire sur le chemin du développement tant souhaité, tant recherché et tant promis.

Mais, peuvent-ils jamais s’imaginer, du moins savoir que leurs mensonges et leur politique du ventre et des fesses prendront fin un jour et que l’histoire qui est le vrai juge, les condamnera, à jamais, sur l’autel des enfants indignes d’une République aux énormes potentialités.

SYLVAIN DE BOGOU, Directeur de la rédaction
sylvaindebogou@yahoo

Paru dans la rubrique actualité oblige du Filament N°8


Pour une nouvelle image de l’Afrique

Il y a près d’une dizaine d’années, notamment les 19 et 20 avril 2002, s’est tenu à l’Université des Langues et de la Communication de Milan, au nord de l’Italie, un colloque international initié par M. Baye Ndiaye, un ressortissant sénégalais installé en Italie depuis plusieurs décennies, et qui préside le Centre d’Orientation des Etudes Africaines (Cosa) de Milan. Thème du colloque : « De l’image de l’Afrique en Europe ».

Au cours de ce colloque, les participants ont été unanimes à reconnaître que, généralement, les medias occidentaux ne donnent de l’Afrique qu’une vision négative. Les participants ont dénoncé le fait que les agences de presse d’Europe et d’Amérique ne braquent leurs caméras sur le continent africain que lorsqu’une catastrophe se produit, du moins lorsque les Africains sont confrontés à des crises graves, de quelque ordre que ce soit : génocide, rébellion, inondation, coups d’Etat, fraudes, corruption, etc. Dans cet ordre d’idées, M. Mamoune Faye, journaliste au quotidien dakarois Le Soleil, avait fait remarquer que ces médias étaient presque déçus que le Sénégal n’ait pas sombré dans la guerre civile lors de la présidentielle de février-mars 2000. On pourrait dire la même chose à propos de la crise ivoirienne : les medias occidentaux étaient mobilisés et attendaient de donner des Ivoiriens l’image d’un peuple barbare en proie à la guerre civile entre le Nord et le Sud de la Côte d’Ivoire, entre musulmans et chrétiens, etc.

Mais, à mon humble avis, le problème de l’image de l’Afrique dans les medias occidentaux se pose en d’autres termes et ne nécessite pas des colloques où l’on vient, bien souvent, se masturber intellectuellement. Je pense, en effet, que les medias occidentaux ne donnent de nous que ce que nous offrons à voir au monde. En d’autres termes, si nous nous illustrons par des dérapages et des barbaries, il est tout à fait évident que nous ne ferons que les choux gras des medias occidentaux dont la plupart font de la presse à sensation. Mais, si nos actes nous élèvent à un certain niveau, nous forcerons les medias occidentaux à donner de nous une vision positive. De ce fait, il ne faut pas imputer à l’Occident la responsabilité de nos irresponsabilités, de nos manquements, des maux que nous nous imputons à nous-mêmes. Il ne faut pas se baser sur le pseudo problème des images pour occulter les dérapages de quelques dirigeants inconscients, des tares et carences de nos sociétés. C’est une fuite en avant, c’est faire fausse route que d’incriminer, en tout et à toutvent, les Occidentaux, là où nous devons, avec force courage, faire notre mea-culpa, notre autocritique et prendre des résolutions fermes pour qu’une Afrique nouvelle émerge qui contraindra, forcement et inéluctablement, les medias occidentaux, ainsi que nos propres medias, à donner de nous une image nouvelle.

C’est ce que je pense.

Léandre Sahiri, Directeur de Publication

Paru dans la rubrique ce que je pense du Filament N°8

lundi 27 septembre 2010

Côte d’Ivoire : A propos de l’inquiétante montée de la fièvre de la politique du ventre

Les élections présidentielles en Côte d’Ivoire ont engendré un phénomène qui semble normal, mais qui, en réalité, n’est que le bout de l’iceberg de la souffrance et de la facilité devenues le lot de la population. Il s’agit des groupes de soutien aux différents candidats.

En fait, ce phénomène a commencé sous Houphouët Boigny. En son temps, M. Houphouët Boigny utilisait de gros moyens pour « houphouëtiser » la conscience nationale. La corruption, l’emprisonnement des opposants vrais ou faux ; les parents des opposants n’échappaient pas à la poigne en fer de Boigny. Les parents de certains opposants étaient jetés en taule pour signifier qu’ils ont mal éduqué leurs enfants, au point que ceux-ci ont le culot de critiquer Boigny, l’omnipotent et l’omniscient qui, au demeurant, se comparait à Jésus, à Socrate et à Mahomet. C’était donc sa façon à lui, M. Houphouët Boigny, de « rééduquer », en quelque sorte, ces enfants qui ont « dévié » ou « fauté ». M. Houphouët Boigny avait tout le pays dans sa paume. Depuis les délégués PDCI et chefs de villages jusqu’aux parlementaires, en passant par les notables, les préfets et les sous-préfets et les ministres. C’était bien cela, « la démocratie à l’ivoirienne ». Sous M. Houphouët Boigny, toute personne qui refusait de payer pour acquérir sa carte de membre au PDCI était systématiquement arrêtée. Les usagers des transports publics et privés routiers étaient soumis permanemment à une fouille systématique qui aboutissait au payement de sommes plus élevées que le prix de la carte PDCI. Des groupes ethniques défilaient chez M. Houphouët Boigny, pour lui présenter des excuses et pour lui faire ou réitérer allégeance et soumission, parfois suite à « une faute » commise contre Boigny par un fils d’une ethnie donnée. Ainsi, on a assisté, en Côte d’Ivoire, aux défilés du peuple Wê dans « l’affaire du capitaine Sioh », les Bété « dans l’affaire Gbagbo », les Agnis « dans l’affaire du Sanwi », etc.

On peut comprendre et mettre de tels agissements de M. Houphouët Boigny sous le fait que la nation ivoirienne vivait un système politique de parti unique. Mais, chose curieuse, les clubs ou « cercles de soutien » ont repris du poil de la bête, sous M. Henri Konan Bédié qui, venu de son Daoukro natal, ambitionnait de transformer la Côte d’Ivoire en un « éléphant blanc ». On en comptait par dizaines, par centaines, par milliers. Ainsi, à Londres, on a eu par exemple GRAPA-PDCI qui, selon ses animateurs, fait du lobbysme pour, entre autres, remettre M. Henri Konan Bédié dans la chaise royale que M. Houphouët Boigny lui aurait laissée en héritage au palais présidentiel.

Le FPI et la politique de « je peux faire pire que toi ».

Depuis l’opposition, et avant son arrivée au pouvoir, le Front Populaire Ivoirien (FPI) a été le premier parti à critiquer, de façon la plus virulente possible, les cercles et clubs Henri Konan Bédié. En gros, le parti du président Laurent Gbagbo a démontré, par tous les moyens dont il disposait, en ce temps précis, l’impact négatif de ces pratiques qu’on qualifiait de « politiciennes et avilissantes ». On parlait même de « corruption ou achat de la conscience des électeurs, tribalisation du débat politique », etc.

La venue de Robert Guéi sembla mettre fin, plutôt émoussa la ferveur des cercles Bédié. Car, alors qu’on s’y attendait le moins du monde, le père Noël, M. Robert Guéi a aussi eu, pendant son cours règne, ses fans clubs. Mais, le contraste intervient avec le FPI du président Gbagbo.

CREA PDCI France
Aujourd’hui, le FPI détient de très loin le record des clubs de soutien a M. Laurent Gbagbo dont voici un infime échantillon : « Gbagbo Power », « Dial Gbagbo », « Deux millions de femmes pour Gbagbo », « Les Mamans Gbagbo », « Les juniors Gbagbo », « les femmes divorcées Gbagbo », « Les Prostituées Gbagbo », « Les Intoxiques Gbagbo », « Le Club des déscolarisés Gbagbo », etc. etc. A voir le nombre incessamment grandissant des clubs ou cercles de soutien, il y a lieu de chercher à savoir ce que ces nombreux groupements apportent à leurs candidats. Tout de suite, pour faciliter le débat, nous disons : un gros rien. Car, lorsque vous prenez la peine d’assister aux rencontres de ces « néo- politiques », opportunistes véreux, qui vous empêchent de dormir avec des e-mails ennuyants et des appels téléphoniques indésirables, vous retrouvez les mêmes personnes dans tous les clubs. Pis, ils sont incapables de vous montrer les nouvelles personnes qu’ils ont convaincues pour voter pour leurs candidats.

Par ailleurs, force est de relever que ces opportunistes font, tous et toutes, la même promesse : « nous avons constaté que le parti, à lui seul, ne peut pas être partout ; et donc, nous nous sommes mis en place pour convaincre les indécis et nos amis des autres partis à voter pour notre candidat ». Des mots vides et creux ! Car, si ce qu’ils disent est vrai, quelle garantie ont-ils pour prouver que ceux ou celles qu’ils croient avoir convaincus voteront, réellement et effectivement, pour leur candidat ? D’ailleurs, qu’est-ce qui prouve que ces électeurs « timides » existent ? A moins qu’on ne les prenne pour des naïfs, du moins des imbéciles …, car il est bien connu que « ce sont les imbéciles qui ne changent pas ».

Nous pensons tout simplement que ces clubs de soutien, devenus innombrables sous le FPI, sont des groupes d’escrocs aux têtes creuses qui se croient plus malins que les autres. Ils font le culte de la personne pour « manger », comme bon nombre d’Ivoiriens qui sont hélas ! tombés dans la facilité, sous l’ère FPI. Et, le tout se passe avec la complicité des autorités des différents partis et surtout avec l’aval des dirigeants du FPI qui, soit ne disent pas la vérité à M. Laurent Gbagbo, soit savent quel profit on en tire. A moins que M. Laurent Gbagbo lui-même se plaise dans cette descente dans la honte où le peuple fabrique du faux pour manger aujourd’hui et tout de suite, sans savoir de quoi sera fait demain. A moins encore que M. Laurent Gbagbo refuse d’écouter ses pairs ou ses conseillers.

Au total, il faut mettre fin à ces organisations de mendiants modernes. Car, tout cela n’honore pas celui ou celle qui les met en place et montre l’abêtissement du peuple par le leader que l’on prétend soutenir et qui n’en a vraiment pas besoin, car, de toutes les façons, au moment du scrutin, les candidats sont jugés sur leur valeur intrinsèque, leur qualité morale et leur bilan.

Sylvain de Bogou, Directeur de la Rédaction, Le Filament. sylvaindebogou@yahoo.com

Paru dans la rubrique actualité oblige du Filament N°7



Militant ou Bête humaine ?

Les graves incidents qui, en février dernier, à la suite de la dissolution du gouvernement et de la CEI, ont eu cours en Côte d’Ivoire, sous l’égide du PDCI, du RDR et autres partis regroupés au sein du « RHDP », rappellent les manifestations du 6 février 1949 à Treichville. Ce jour-là, les militants du PDCI-RDA, suivant les mots d’ordre de leurs dirigeants, étaient venus boycotter la conférence d’un de leurs adversaires politiques, M. Etienne Djaumant. Ces militants avaient molesté des gens… Il s’en était suivi des casses, beaucoup de dommages, des interventions musclées des forces de l’ordre, des arrestations, des morts, etc. Ces événements rappellent également ceux du 18 février 1992. Tout le monde sait que, ce jour-là, les leaders du FPI n’avaient pas pris de gourdins pour casser ou des bidons d’essence pour incendier des véhicules, mais ils n’avaient pas pu contrôler les militants qu’ils avaient appelés à marcher ; ils n’avaient pas pu empêcher les actes de violence de tous ordres engendrés par le suivi de leur mot d’ordre.

Ces événements rappellent également ceux du boycott actif des élections, conduit par Le RDR et le FPI alliés dans le "front républicain" pour protester contre le Code électoral de 1994. Le boycott actif, dont le mot d’ordre avait été suivi à la lettre par les militants avait suscité de vastes manifestations de rue, les plus graves de l'histoire du pays, dont des milliers d’hommes et de femmes ont été privés de leur droit et devoir de vote ou ont payé, de leurs propres vies, le prix des plus forts.

Ces événements rappellent aussi les manifestations du jeudi 25 mars 2004 et du dimanche 28 mars 2004, à Abidjan, qui ont fait de nombreuses victimes, endeuillé plusieurs familles, et attisé des foyers de tension, du fait que certains militants, comme d’habitude, se sont entêtés, en grande foule moutonnière, à suivre les mots d’ordre, en dépit de l’interdiction de la marche organisée par les partis d’opposition.
Tous ces événements invitent à revoir ou à repréciser la notion de « militant » qui, comme vous voyez, apparaît chez nous comme un véritable mal qui, dirait-on, répand la terreur. En effet, il faut apporter des réponses précises à la question suivante : « Qu’est-ce qu’est militant ? ».

Un militant n’est ni un militaire, ni un brigand.
Le terme « militant » qui vient du latin miles, militis : soldat) concernait, à l’origine, les personnes qui se battaient, les armes à la main, pour défendre (ou imposer) leurs idées et convictions propres ou celles de leur école de pensée ou de leurs maîtres. D’où, le militantisme était indissociable de la violence.
Au fil du temps, cette notion a évolué. De nos jours, on appelle militant une personne positive, respectable, engagée dans une lutte idéologique, c'est-à-dire dont l’engagement ou le combat exclut toute violence et vise à rassembler, à faire triompher son idée ou la position qu’il défend. Dans ce cas, les militants se considèrent, non pas comme des gens qui détruisent, qui démolissent, mais comme des éléments permettant à la machine sociale de sauvegarder les acquis et d'avancer. C’est en ce sens que le militant diffère du militaire, du brigand ou du bandit.
En effet, là où le militaire est, a priori, fondé à user de son arme, en tant que soldat, homme de guerre, et fait partie des forces armées, le militant s’investit dans le dialogue et dans des actions pacifiques. Là où le brigand et le bandit se caractérisent par leurs crimes, leurs actes hors la loi (vol ou de pillage) commis avec violence et à mains armées, le militant s’investit dans les échanges et dans des actions non violentes. Ainsi donc, le militantisme ne saurait être confondu au militarisme, ni au banditisme, étant entendu que là où le militaire et le brigand imposent leur loi par l’arme et la violence, le militant est tenu de respecter les lois de la république et d’agir sans violence.

Malheureusement, cette forme de militantisme n’existe pas chez nous. On assiste plutôt à ce que d’aucuns appellent «le militantisme post-it». Celui-ci consiste à s'engager pour satisfaire des besoins immédiats et concrets, à se mobiliser selon les aspirations du moment ; mais, cette mobilisation ne s'inscrit pas forcément dans la durée, ni par conviction idéologique.

Des relations entre dirigeants et militants
Dans la mesure où, dans sa conception moderne, le militantisme se veut fondamentalement une lutte idéologique, et requiert une attitude prioritairement pacifique ou non-violente, il importe que les rapports liant les dirigeants aux militants ne soient pas de maîtres à esclaves, d’exécutifs à exécutants, de dominants à dominés. On ne saurait admettre que, unilatéralement, les uns imposent, à leur gré, des décisions que les autres, à leurs dépens, subissent… C’est dans cet esprit que, en Occident, les militants de base sont associés à des prises de décision et de responsabilité, et conviés à des colloques, séminaires, «universités d’été », en vue de leur socialisation et de leur formation à l’exercice de la citoyenneté et du pouvoir.
Bien au contraire, dans les pays africains, la plupart des dirigeants politiques prennent les militants pour du « bétail électoral » lors des scrutins. En-dehors des périodes électorales, c'est-à-dire en temps ordinaires, les militants sont vus et utilisés ni plus ni moins que comme des « bêtes humaines », autrement dit des animaux à visages humains dominés par leurs instincts et manquant d’intelligence, de jugement et aptes uniquement à suivre, tels des moutons, ce que pensent ou disent leurs chefs souvent dits charismatiques, à tort ou à raison. En conséquence, les militants sont exclus de toute décision politique, et donc, ne connaissent pas, ne comprennent pas, ne contrôlent pas les politiques menées par leurs dirigeants.

Militants, pour exécuter les sales besognes ?
Certes, le fait est que de nombreux militants, du moins la plupart, sont analphabètes, et acceptent de passer pour des « bêtes humaines ». Et, dès lors, ces militants acceptent d’être infantilisés, voire animalisés. D’une part, ils prennent leur situation de misère comme une fatalité qui les réduit à vivre éternellement dans l’ombre et à la solde des dirigeants. D’autre part, dans les partis politiques, ils limitent leurs rôles et leurs activités de militants, aux statuts de bêtes de somme, et exécutent tout bêtement de sales besognes, portent fièrement les cannes et les fardeaux des dirigeants, se font les porte-voix des leaders pour diffuser leurs « idéaux » dont, très souvent, ils ignorent l’esprit et la lettre, et qui, en général, ne sont ni plus ni moins que des idioties.
Ainsi, ignorants, ces militants s’impliquent résolument, du moins irrésistiblement, sinon instinctivement, c’est à dire sans jugement, ni raison, dans des actions horribles, dans des manifestations violentes, dans des actes de vandalisme sans nom, qui défient tout entendement et toute civilité : lors des manifestations, ils détruisent ou incendient les biens publics ; ils subtilisent les urnes ; ils boycottent des élections ; ils s’adonnent, à cœur joie, à des casses, à des pillages, à des vols, à des viols, à des assassinats, à des meurtres, etc.
Et, le comble, c’est que, au moment où ces militants se livrent à ces actes de barbarie, pendant qu’ils commettent ces crimes crapuleux, les dirigeants des partis, eux, sont sous haute garde ou se la coulent douce, avec leurs femmes, leurs enfants et leurs proches.
D’ailleurs, nul n’ignore que ces dirigeants et leurs familles, à quelques rares exceptions près, se terrent, ne prennent pas part aux manifestions qu’ils suscitent ou commanditent, sous le fallacieux prétexte que leur sécurité, à eux, ne serait pas garantie. Comme qui dirait, ils seraient fous de mettre délibérément leur vie en danger, là où ils sont convaincus que des bêtes sans cornes, pourvu qu’on les excite outre mesure ou surexcite à souhait, demeurent, corps et âmes, disponibles pour s’exécuter merveilleusement, et sont prêts à mourir au nom du leader, moyennant quelques petits billets de banque, voire souvent sans rien en contrepartie.

C’est, sans doute, eu égard à ces faits qui mettent en mal le processus démocratique, que l’on affirme que les Africains ne sont pas mûrs pour la démocratie, ou que l’Afrique est malade de ses dirigeants. Mais, on oublie généralement d’ajouter que notre continent est également et surtout malade de ses populations militantes à qui font défaut, très souvent ou même trop souvent, le bon sens et la conscience.

Militants, du bon sens et de la conscience, s’il vous plaît !
Force est de reconnaître que nombre de leaders des organisations politiques se conduisent, au quotidien, comme des vers de terre, autrement dit, ils vivent nus : sans esprit critique, sans raison, sans dignité, sans jugement. Au point de nous convaincre que la seule force par laquelle ils tiennent les militants, c’est leur pouvoir d’argent. Sur cette base, leurs actes et leurs propos, loin de nous faire aller de l’avant, nous induisent à endeuiller, inutilement, nos familles, nous plongent dans l’angoisse, nous dépouillent de nos biens acquis au prix de mille efforts, nous dévalorisent aux yeux des autres communautés.
C’est pourquoi je pense qu’il est nécessaire et impérieux, chez nous, d’amener les militants à prendre et avoir conscience du fait qu’ils ont la force et la validité de leurs membres pour travailler et échapper aux pièges des pouvoirs d’argent. Les militants doivent prendre et avoir conscience qu’ils ont reçu, de Dieu et de la nature, l’intelligence et la sagesse pour ne pas se laisser abuser par les politiques. Ils doivent prendre et avoir conscience qu’ils ont les capacités et les ressources nécessaires et suffisantes pour éviter de se laisser manipuler par les dirigeants et pour nous faire éviter des situations déplorables, telles que celles que nous avons évoquées plus haut.

Et donc, c’est dommage, bien dommage que les militants africains se considèrent toujours comme des « bêtes humaines », et que comme telles, ils n’osent pas refuser la bêtise où les entraînent, la plupart du temps et à leurs dépens, les chefs, du moins les soi-disant chefs...
En avril 1792, Condorcet disait : « tant qu'il y aura des hommes qui n'obéiront pas à leur raison seule, qui recevront leurs opinions d'une opinion étrangère, en vain toutes les chaînes auraient été brisées, en vain ces opinions de commandes seraient d'utiles vérités ; le genre humain n'en resterait pas moins partagé entre deux classes : d’une part, celle des hommes qui raisonnent, et d’autre part, celle des hommes qui croient et qui subissent ; d’une part, celle des maîtres et d’autre part, celle des esclaves » .
Cette déclaration situe le rôle du parti politique et l’importance de la formation des militants pour favoriser l’établissement de l’égalité, de la dignité, de la responsabilité, pour permettre aux dirigeants et aux militants de vivre dans une sorte de symbiose, en ce qui concerne les décisions à prendre et les actions à mener, surtout lorsque ces actions engagent non seulement la vie du parti, mais celle de toutes les populations du pays.
Dans cette optique, je pense que:
- premièrement, les militants doivent regarder les dirigeants comme des êtres humains et non comme des démiurges, c’est à dire non comme des êtres omnipotents et omniscients, organisateurs de tout l’univers, infaillibles, dont les paroles doivent être bues naïvement et les mots d’ordre exécutés à la lettre, sans réfléchir ;
- deuxièmement, il faut que les dirigeants considèrent les militants comme des êtres humains réfléchis, au même titre qu’eux-mêmes, qu’ils les respectent, plutôt que de les traiter comme des bêtes humaines, c'est-à-dire comme un ensemble d’animaux sans jugement, prêts, à tous instants, à exécuter, « par tous les moyens », n’importe quel mot d’ordre, au risque et au péril de leurs vies, ainsi qu’au mépris des droits des autres citoyens. C’est ce que je pense.

Léandre Sahiri.

Paru dans la rubrique ce que je pense du Filament N°3

mardi 21 septembre 2010

ÉDITO du 15 septembre 2010

Avec la création de notre site www.lefilament.info, nous avons encore avancé. Et ce, d’un grand pas. C’est une étape très importante dans la vie de notre journal, au regard des multiples et divers avantages dont nous vous parlions dans le précédent éditorial.
Nous sommes heureux de vous annoncer que les juristes, économistes et informaticiens qui composent notre groupe de presse sont à pied d’œuvre pour d’autres innovations, afin que Le Filament demeure adapté à l’air du temps et pour qu’il réponde, encore et toujours à votre attente et à votre goût.
C’est l’occasion de vous renouveler, une fois encore, notre profonde gratitude pour votre accueil cordial et vos compliments, pour vos conseils et vos contributions.
Pour que Le Filament puisse continuer à vivre et garder le cap, continuons, tous et toutes, à l’alimenter de nos contributions, de quelque nature que ce soit. Continuons à participer aux échanges d’idées et d’informations, en toute courtoisie. Continuons à le diffuser largement. Continuons à l’offrir gratuitement à nos amis, à nos parents, à nos connaissances, par email, par fax, par photocopie, par courrier postal, etc. Continuons à élargir le cercle commun des lecteurs et des lectrices que nous sommes. Continuons à nous élever au-dessus des contingences immédiates et à nous comporter en êtres pensants. Continuons à croire, sans prétention, ni démesure, à nos rêves communs d’hommes et de femmes de l’avenir.
Excellente lecture.
Portez-vous bien et à très bientôt.

Léandre Sahiri,
Directeur de Publication




 

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