lundi 7 novembre 2011

De l'exemple du peuple roumain

Le 24 décembre 1989, le président roumain, Nicolae Ceausescu, debout sur le balcon de son palais, à Bucarest, haranguait la foule conviée à participer, une fois de plus, sur la place de l’Université, à le célébrer : une gigantesque manifestation de soutien et de louanges.
Moins de 24 heures plus tard, suite à un soulèvement populaire pour mettre un terme à son régime tyrannique et pour en finir avec l’insécurité, la terreur et l’injustice, aggravées par des conditions économiques et sociales désastreuses, Nicolae Ceausescu a été chassé du pouvoir, et un nouveau gouvernement a été immédiatement mis en place.

Il faut souligner que, au cours de ce soulèvement, du 16 au 25 décembre 1989, on a vu les forces armées se joindre aux manifestants et fraterniser spontanément : le chef de la Securitate (c-à-dire : les services de police politique secrète) a demandé à ses hommes de ne pas tirer sur les manifestants. Face à cette situation plus ou moins confuse, Ceausescu et sa femme Elena Petrescu ont tenté de s’enfuir en hélicoptère.

En effet, les époux Ceausescu ont rejoint un hélicoptère sur le toit de leur résidence pour s'enfuir avec deux conseillers et trois hommes d'équipage dans le but de rejoindre un de leurs palais privés de province et reconstituer les forces encore fidèles à son régime. Les manifestants se sont attaqués ensuite à la chaîne de télévision publique devenue un media de propagande et de désinformation et, aux environs de 13 heures, ils sont parvenus à en prendre le contrôle.
Le 25 décembre 1989, à la suite d'un procès expéditif de 55 minutes, rendu par un tribunal auto-proclamé, réuni en secret dans une école de Targoviste, à 50 km de Bucarest, Nicolae Ceausescu et Elena Petrescu, ont été condamnés à mort et aussitôt fusillés dans la base militaire de Targoviste, payant ainsi au peuple roumain la facture de tant de crimes et de tant de mal qu’ils lui ont fait.
Le soir même, les images des corps exécutés du couple Ceausescu ont été diffusées à la télévision, en Roumanie et dans le monde entier. Leurs cadavres ont été enterrés dans le cimetière civil de Ghencea, à Bucarest, dans une tombe sans nom.
Il faut ici signaler et souligner la détermination et les actes de bravoure de la population roumaine dont la manifestation, diffusée en direct à la télévision, se transforma, le 21 décembre 1989, en une démonstration massive de protestation, les mains nues, contre le régime de Ceausescu.

Il faut aussi rendre hommage à la diaspora roumaine, dont le rôle a été déterminant, en particulier les intellectuels roumains en exil en France et en Angleterre, qui se sont mobilisés, organisés, pour recueillir des fonds et diffuser largement des analyses critiques, des informations même confidentielles, prenant ainsi une grande part à l’éveil des consciences du peuple roumain pour une participation active, individuelle et collective, dans la chute de Ceausescu.

Il faut aussi rendre un hommage mérité à certains citoyens roumains, dont entre autres, le lieutenant-général Ion Mihai Pacepa, vétéran de la Securitate (les services de police politique secrète). En 1978, le lieutenant-général Pacepa fit défection et se réfugia aux États-Unis, portant un coup sévère au régime, contraignant Ceausescu à revoir toute l'« architecture » de la Securitate. Le lieutenant-général Pacepa a énormément contribué à la prise de conscience des Roumains, en ce qui concerne la nature et les exactions du régime de Ceausescu, et ce, grâce à la publication courageuse et à la large diffusion de son livre « Red Horizons : Chronicles of a Communist Spy Chief ».
Dans ce livre, le lieutenant-général Pacepa a révélé divers détails sur le régime de Ceausescu, tels ses abus de pouvoir, sa collaboration avec des terroristes, ses entreprises d'espionnage industriel aux États-Unis, ses tractations pour obtenir le soutien des pays occidentaux et pérenniser son règne, ses efforts constants et élaborés pour faire croire que tout va bien alors que la population roumaine souffre énormément, etc.
Suite à la chute de ce tyran, Nicolae Ceausescu, la Roumanie est rentrée dans l’ère démocratique, avec en 1990, la victoire de M. Ion Iliescu à la première élection présidentielle libre et véritablement démocratique du pays.

Ce qui s’est passé en Roumanie n’est certes pas un fait nouveau dans l’Histoire des Hommes. Ce n’est pas, non plus, l’apanage des pays de l’Est, même si, à une certaine époque, la Pologne, la Bulgarie, la Tchécoslovaquie, entre autres, ont occupé les premiers paliers de l’actualité politique en la matière. En effet, en Asie, en Amérique, en Afrique aussi, on a déjà connu des chutes non moins spectaculaires de dictateurs, de tyrans et d’empereurs dont Nimeiry, Bokassa, Bourguiba, Marcos, Duvalier, Mao, Noriega, Moussa Traoré, Idi Amin Dada, pour ne citer que ceux-là.

De tous ces faits et de la révolution roumaine, on retiendra que, pour se libérer, l’on n’a pas, forcément, besoin de bombes, ni de tanks, ni de blindés, ni d’artilleries lourdes, ni de coup d’Etat militaire, ni d’aide extérieure, ni d’attendre tranquillement le décès du chef, ni de compter sur des élections dont on sait d’avance l’issue...
Il suffit, nous enseigne le peuple roumain, d’oublier ou du moins de vaincre, un tant soit peu, la peur qui nous lie les membres et l’esprit, pour, avec bravoure, défier le pouvoir jusqu’à son dernier retranchement et à sa fin et tourner, de manière décisive, les pages les plus sordides de son histoire.
C’est la conduite à tenir par toute communauté qui subit un régime véritablement contraire à son essor. C’est la voie idéale pour tout peuple faisant face à un pouvoir tyrannique qui agit contre le droit et la raison, et qui se révèle, comme celui de Ceausescu, injuste, violent, pervers.
En vérité, la révolution roumaine constitue un bon exemple à… suivre. C’est ce que je pense.


Léandre Sahiri

Publié dans le Filament N°15

vendredi 28 octobre 2011

edito du 15 octobre 2011

Après une trêve d’environ six mois, votre journal « Le Filament » reprend dès à présent ses parutions, avec nos excuses et, bien sûr, tout le plaisir et la joie de vous retrouver.

Cette trêve, il faut le préciser, était due au fait que certains membres de notre équipe de rédaction résidant en Côte d’Ivoire ont été l’objet de sévices graves de la part des rebelles rebaptisés « FRCI ». L’un d’entre eux y a même failli perdre la vie. C’est en signe de protestation contre de tels abus et par solidarité avec nos confrères que, unanimement, nous avions décidé de suspendre nos activités.

Les appels téléphoniques, les e-mails, les textes messages que nous avons reçus nous ont incités à reprendre et nous confortent dans l’idée que nous avons été bien inspirés de lancer ce journal et, surtout, que nous devons continuer de suivre la ligne de la liberté et de l’indépendance que nous avons, à dessein, choisie.

Soyez assurés que, aussi longtemps que nous le pourrons, et grâce à vos soutiens et contributions, que nous saurons toujours apprécier à leur juste mesure, nous continuerons, contre vents et marées, à garder la même ligne éditoriale, en tâchant de nous améliorer chaque jour davantage, afin que « Le Filament » demeure à votre goût et réponde à votre attente.
Merci de nous aider à agrandir le cercle de nos lecteurs et lectrices, afin de réussir à relever notre défi d’atteindre plus d’un million de personnes attendant chaque mois de lire et de partager gracieusement « Le Filament ».

Merci également de nous soutenir, sous quelque forme que ce soit et d’offrir GRATUITEMENT, « Le Filament » à vos amis, à vos parents, à vos connaissances, à vos collègues…, par e-mail, par fax, par photocopie, par courrier postal, etc. Bienvenue sur notre site : www.lefilament.info.
Bonne lecture. Portez-vous bien et à très bientôt.

Léandre Sahiri,
Directeur de Publication.
Sylvain de Bogou,
Directeur de Rédaction

lundi 28 mars 2011

centrafrique-france : de l'application des accords de défense



En 2002, à la demande de Laurent Gbagbo, Jacques Chirac refuse de l'aider à anéantir la rébellion venue du Burkina Faso. En 2007 pourtant la grande muette française combat aux côté de François Bozizé contre des rebelles.

Certains Africains ont affirmé qu'au regard de son nouvel activisme contre Laurent Gbagbo depuis décembre 2010, la France inaugurait une nouvelle politique en faveur de la "démocratie" en Afrique. Les présidentielles de Centrafrique du 23 janvier 2011 ont démontré tout le contraire. La France est et sera contre la démocratie en Afrique aussi longtemps que les Africains la laisseront faire.

Le document de 2007 suivant de Human Rights Watch, relu pour nous par Juliette Abandokwe, milaitante pour la démocratie en Centrafrique, est très édifiant. On chasse les présidents démocratiquement élus par les peuples, pour installer par les armes, des laquais. Qui s'étonnera alors que l'Afrique demeure le musée mondial de la misère, des maladies et de l'analphabétisme?

Relu pour vous


Le rôle trouble de l'armée française en Centrafrique


19 septembre 2007
Human Rights Watch


L’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch vient de publier un rapport dénonçant les exactions commises en République centrafricaine par l’armée gouvernementale et par certains mouvements rebelles.

Elle accuse l’armée et plus spécialement la Garde présidentielle d’avoir exécuté des centaines de civils, d’avoir incendié des villages entiers et d’avoir causé de ce fait le déplacement d’environ deux cent mille personnes. Les groupes rebelles sont quant à eux accusés de rançonner la population locale, d’enlever des enfants pour les intégrer dans leurs troupes et de procéder eux-mêmes parfois à des exactions sommaires.

Les troubles ont débuté en 2005, peu après la victoire contestée de François Bozizé aux élections présidentielles, avec le soutien de la France. Celui-ci était lui-même arrivé au pouvoir, en 2003, en renversant son prédécesseur Ange-Félix Patassé. Deux mouvements de rébellion sont alors nés : l’APRD, dans le Nord-Ouest, regroupant en majorité des ex-membres de la Garde présidentielle de Patassé et l’UFDR, qui s’est illustré récemment en prenant le contrôle d’une partie des villes du pays. Il a fallu l’intervention de l’armée française et de ses mirages F1 pour stopper l’avancée rebelle, qui était sur le point de pénétrer dans la capitale. Signalons également que l’APRD s’est illustrée en juin dernier en tuant, par erreur semble-t-il, une volontaire française de Médecins sans frontières, alors que le véhicule de l’ONG française traversait leur zone.

Les exactions menées contre les populations civiles sont généralement des opérations de représailles subséquentes à des attaques rebelles. Les populations souçonnées de soutenir les rebelles voient leurs villages détruits et sont obligés de se réfugier en brousse, dans des conditions sanitaires souvent déplorables (pas d’accès à l’eau potable...).

Le problème principal est qu’il est impossible, étant donné les liens entre l’armée française et les forces centrafricaines, que les militaires français ignorent ce qui se passe. Ils sont même parfois aux premières loges :

"Lors de la contre-offensive de novembre-décembre, les troupes des FACA et de la GP ont commencé à mettre le feu à des habitations dans la ville gula de Ouandja en présence des soldats français et elles ont ensuite exécuté des civils après que les troupes françaises ont poursuivi leur route." (Etat d’anarchie, rébellions et exactions contre la population civile, Human Rights Watch, septembre 2007)

En résumé, l’armée française ferme les yeux sur ce qui se passe et les politiques également.

"A ce jour, les autorités françaises ont observé un silence presque absolu sur les violations des droits humains et les éventuels crimes de guerre commis par les militaires centrafricains."

Il serait donc temps que l’armée française arrête de fermer les yeux sur les violations des droits de l’homme commises par une armée qu’elle soutient et forme en vertu des accords de défense conclus avec le régime centrafricain.

Pour triompher, le mal n'a besoin que de l'inaction des gens de bien.

Edmund Burke

Source : www.juliette.abandokwe.over-blog.com

in Le Filament N°14

En attendant le vote des betes sauvages...




Un écrivain, Ahmadou Kourouma, Ivoirien de surcroit, raconta en paraboles et comme de manière prémonitoire, dans son livre sarcastique En attendant le vote des bêtes sauvages « le côté ubuesque voire même grotesque des dirigeants mais aussi des peuples face à cette procédure de sélection politique très particulière qu’est le vote .. Sur quoi repose-t-il en dernière instance ? Il caricaturait et expliquait combien les forces en présence utilisent, les unes comme les autres, des artifices pour gagner. Mais, dans le cas précis de cette élection ivoirienne, il y a plus qu’une caricature : les enjeux sont si énormes que tous les moyens ont été mis en œuvre pour conduire à l’impasse actuelle.

La balle est maintenant dans le camp des Ivoiriens, y compris M. Gbagbo et M. Ouattara en premier lieu : ceux-ci se laisseront-ils imposer la suite de leur histoire par les circonstances des autres ? C’est à eux d’en juger... Mais, qu’ils sachent ceci : l’Afrique toute entière, l’Afrique des novateurs, l’Afrique des femmes et des jeunes, les regarde ! Comme tous les patriotes. Car, si le sang des patriotes est une semence du patriotisme, comme le dit Ernest Ouandié, trop de sang coulé finit par rendre exsangue toute forme de patriotisme. Alors, l’heure est venue : il faut se ressaisir et reprendre les élections, sans attendre le vote des bêtes sauvages.

Suzanne Kala Lobé,

Source : La Nouvelle Expression, Douala, Cameroun.

Paru dans le Filament N°14

il ne s'agit pas d'etre pro-Ouattara ou pro-Gbagbo

« Nos journaux n'ont pas besoin d'être pro-ouattara ou pro-gbagbo pour traiter de l'actualité ivoirienne. En tant qu'instrument d'information, ils devront être en faveur de la vérité, de la legitimité et de la justice. Ces éléments, s’ils sont respectés, seraient capables, à eux seuls, de justifier des articles en faveur du nouveau président élu… et d’un autre demain (dans 5 ans, j'espère bien). Il ne s'agit pas ici de défendre un individu, mais de défendre nos institutions, nos lois et notre démocratie, aujourd'hui pris en otage par un individu qui se croit le futur de notre pays… ».


Albert Kouakou Kan,

in Le banco.net, 10/02/2011

in Le Filament N°14

La Cote d’Ivoire : Hirondelle du printemps africain ?


Communauté internationale et consorts, me direz-vous un jour de quel charme improbable, de quelle virginité soudaine, vous habillez Alassane Ouattara l’ancien Premier Ministre dont on peut dire, sans méchanceté aucune, qu’il incarne un passé bien peu démocratique dont furent d’ailleurs victimes des Ivoiriens coupables d’opposition, et son âme damnée le rebelle Guillaume Soro, improbable faiseur de rois, qui promet des châtiments à tire-larigot !

Me direz-vous un jour ce que vous récompensez en eux (pour Salomé, fille d’Hérodiade, ce furent ses talents de danseuse) pour leur offrir sur un plateau comme jadis celle de Jean-Baptiste, la tête de la Côte d’Ivoire qui ne vous appartient pas !

Quels intérêts – permettez-moi une naïveté passagère, ponctuelle – vous poussent à la diabolisation subite d’un homme, Laurent Gbagbo, qui fut le seul leader ivoirien à mener une opposition impossible mais pacifique à Félix Houphouët-Boigny, à accepter la prison et l’exil, à briguer la magistrature suprême, à la gagner en venant de l’opposition, sans jamais avoir compromis son combat par l’acceptation d’un maroquin corrupteur ;

Qui peut dire avec Rabemananjara «mes doigts sont clairs comme le printemps, mon cœur est neuf comme une hostie».

Dans une chronique récente, j’interpellais les intellectuels africains, afin qu’ils prennent position, qu’ils embarquent dans ce train de la renaissance qui passe devant leur porte. Parodiant Aimé Césaire, je leur intimais de parler, afin d’attaquer à leurs bases, oppression et servitude pour rendre possible la fraternité. Quelques-uns l’avaient déjà fait. D’autres m’ont écouté, notamment Calixthe Bayala, Olympe Bhêly-Quenum, Tierno Monenembo, Achille Mbembe, etc. Lequel a tissé le moindre laurier même en papier recyclé à la «communauté internationale» ? Lequel a salué Barack Obama ou encensé Nicolas Sarkozy ? Combien ont reconnu la légitimité de Ouattara ? Lequel n’a pas apporté son soutien explicite ou implicite à Laurent Gbagbo, les plus minimalistes demandant comme lui, que l’on respecte les textes d’un état souverain ; que l’on arrête les bruits de bottes et les rodomontades grotesques – incontournable pléonasme –, que cette affaire soit laissée à la discrétion des Ivoiriens ! Quel homme politique africain a envoyé le plus petit courriel de félicitation à Ouattara ?

Qui pourrait comprendre que, au lendemain de la célébration du cinquantenaire des indépendances des anciennes colonies françaises d’Afrique, ce continent soit encore regardé avec les yeux du documentaire récemment diffusé par France télévision sur la Françafrique, documentaire inattendument prophétique, qui annonçait la victoire de Ouattara –, les explications alambiquées du réalisateur n’y pourront rien – alors qu’il avait été produit des mois avant les élections ivoiriennes ? Qui peut accepter qu’un certain Monsieur Choi se comporte encore comme un commandant de cercle ?

Nos enfants ne nous mépriseraient-il pas, à juste titre, s’ils savaient que nous étions restés muets devant le spectacle grotesque d’une furtive proclamation de la victoire d’un candidat par les ambassadeurs étrangers dans son Quartier Général.

Gaston Kelman,

(Extrait de « Pouvais-je rester sourd à tant de souffrances bafouées ? »).

in Le Filament N°14

samedi 26 février 2011

l'eglise, l'argent et la gestion des dimes et des offrandes

Chers bien-aimés frères et chères bien-aimées sœurs en Christ,

Aujourd’hui, nous abordons un sujet sensible mais dont il est nécessaire que nous parlions : L’argent et la gestion des dîmes et offrandes dans l’Eglise.


Du rôle, de l’utilisation et de la place des dîmes et des offrandes dans les églises


Les dîmes et les offrandes sont, selon les Ecritures, une contribution à la gloire de Dieu, une marque de notre obéissance à Dieu, une preuve de notre amour pour sa personne, un soutien et une assistance que nous apportons à son œuvre, à ses serviteurs et aux nécessiteux de son peuple, parmi lesquels les veuves, les orphelins et l’étranger.

Mais, force est de reconnaître, aujourd’hui, que le rôle, l’utilisation et la place de ce symbole de piété sont quelque peu dévoyés.

Les progrès actuels en matière comptable et de gestion financière ne semblent pas retenir (ou pas toujours) l’attention de nos responsables et autorités ecclésiastiques qui naviguent à vue, qui gèrent ces fonds au jour le jour, sans planification et, surtout, sans transparence aucune, bien souvent.

Avant d’aborder cet aspect spécifique de la question, j’aimerais qu’on parle d’abord un peu de la fièvre d’avidité qui s’est emparée de nos églises, sur la question de l’argent.

Aujourd’hui, dans nos assemblées chrétiennes, l’argent a atteint une côte historique de survalorisation qui amène beaucoup de « leaders » chrétiens à prêcher l’argent, rien que l’argent, jusqu’à s’adonner à des pratiques fétichistes et occultes (à la recherche d’onction, de puissance et de soi-disant charismes) pour en avoir en abondance, au mépris de l’Evangile du Maître.

Dans de nombreuses églises, aujourd’hui, vous n’êtes dignes d’intérêt que quand vous avez une situation sociale confortable ou quand vous avez beaucoup d’argent. L’église et le ministère étant devenus du business. Un business fort juteux. Aujourd’hui, on ferme une église tout juste parce qu’elle ne rapporte rien et on en ouvre une autre, sous une nouvelle dénomination. En prenant bien le soin de se donner des titres pastoraux plus pompeux et plus ronflants, pour faire sensation : Bishop, Big Prophète, Apôtre des Nations, Prophète des Nations, Monseigneur (vous avez bien lu. Et ce sont des évangéliques !), Archi-Bishop, Evangéliste la veille et le lendemain matin Révérend Docteur. Tout cela sur quelle base ?

Ainsi, on voit naître des « églises de riches » où on ne prêche que la prospérité et que fréquentent des barons et des gourous de ce pays.

Pour montrer leur niveau de déviance, certains « leaders » vont jusqu’à faire faire les offrandes de leurs assemblées dans des filets (parce qu’ils ne comptabilisent que les billets de banque). Obligeant, ainsi, les pauvres à se complexer, à se cacher ou à s’exclure de la grâce de Dieu, en renonçant à la foi ou à la fréquentation des cultes.

Chers bien-aimés frères et chères bien-aimées sœurs en Christ, comment pouvez-vous expliquer de telles pratiques ? Ces églises sont-elles vraiment de Dieu ?

Pour se justifier, certains de ces hommes de DIEU se prévalent de l’argument selon lequel il faut amener les chrétiens à être libéraux, généreux et fidèles.

Est-ce la contrainte ou plutôt un bon enseignement, tiré des Saintes Ecritures qui rend le chrétien libéral et fidèle ?

Dans ce même élan, certaines communautés ont institué des cartes de paiement de la dîme, suivies et contrôlées avec minutie, pour aider les chrétiens à cultiver la fidélité en la matière.

Est-ce normal, selon vous ? Tout juste une interrogation. Y a-t-il des inconvénients ? D’un autre côté, cela comporte t-il des avantages pour le chrétien ?


Donner ou payer la Dime ?


Parlant de paiement, la dîme doit-elle se DONNER ou se PAYER (nuance)? Plus clairement, la dîme est-elle le paiement à Dieu d’un dû (tribut, impôt) ou un don de foi et d’amour ? Doit-elle être imposée ? A quoi s’expose un chrétien qui ne s’en acquitte pas ? A quoi doit s’attendre un chrétien qui y obéit ? Doit-on même parler de dîme, aujourd’hui, quand on sait que le Nouveau Testament n’en fait pas mention pour l’église ?

Si elle doit, malgré tout, être prescrite, sur quel montant la payer ou la donner: Le SALAIRE (ou le revenu) BRUT ou le MONTANT NET DU SALAIRE qui est le salaire débarrassé de toutes les retenues légales et des charges (contribution nationale, pension, assurance, remboursement prêts, impôts, mutuelle, épargne, etc.)?

Pour en venir maintenant à la gestion financière de ces dîmes et offrandes, nous observons beaucoup de dérives et d’abus qui m’amènent à me poser les questions suivantes : Un pasteur ou un leader doit-il oui ou non rendre compte de l’utilisation de l’argent des dîmes et offrandes à son église? Si oui, sous quelle forme et suivant quelle périodicité ? Si non, ne pensez-vous pas qu’un point régulier et transparent des dépenses de l’église peut davantage motiver les chrétiens à donner pour l’œuvre de Dieu?

L’offrande annuelle, récente trouvaille, telle que pratiquée, depuis quelques années, par certaines églises évangéliques est-elle une exigence biblique? Si oui, comment doit-elle être utilisée : Comme le 13ème salaire du pasteur ou comme un don à l’église et pour quel usage? Si non, pourquoi l’a-t-on instituée? Et pourquoi maintenant et pas avant? Est-ce acceptable que des hommes de Dieu puissent s’approprier l’argent du Seigneur à leur fin personnelle ou s’adonner à une gestion opaque de l’argent des dîmes et des offrandes? Quelle est la part qu’on y réserve finalement aux veuves, aux orphelins et aux nécessiteux du peuple de Dieu, comme le prescrit l’Ecriture Sainte ?

Un pasteur a-t-il le droit de disposer de l’argent de son église comme bon lui semble, sans le contrôle d’un comité de gestion ou des Anciens? Le cas échéant, doit-on le laisser faire? Si non, comment s’y prendre, sachant qu’il est le Serviteur de Dieu?

N’est-ce pas même préférable qu’il en laisse la gestion aux Diacres et aux Anciens et qu’il se consacre à la prière et à la prédication, comme l’ont fait les Apôtres (Actes 6 :2–4)?...



La gestion opaque serait-elle la chose la mieux partagée dans les Eglises de Dieu ?


Une grande église évangélique de la place ivoirienne a décidé, depuis quelques années, de réaliser de grandes œuvres sociales. Des cotisations ont été levées, à cet effet, dans tout le pays par le moyen de l’achat annuel et individuel de stickers. Des jeunes et des adultes. Des dizaines de milliers de personnes.

Après plus de deux années de mobilisation de fonds, les cotisations recueillies ne font toujours pas l’objet, jusqu’à ce jour, du moindre compte rendu.

Actuellement, elle sollicite à nouveau le peuple pour la faramineuse somme d’un milliard de francs CFA, en vue de l’achat d’un vaste terrain urbain, à Abidjan, pour lui permettre de concrétiser ses projets. Sans avoir fait, au préalable, le moindre point des premières cotisations. Ce qui, du reste, aurait pu avoir l’avantage de propulser en avant les contributions actuelles des fidèles, (heureusement ou malheureusement) en perte de vitesse. Mais, que non !

Suis-je fondé à m’en émouvoir ou est-ce normal que la gestion opaque soit la chose la mieux partagée dans les Eglises de Dieu, au nom (ou sous le prétexte) de la théocratie?

Votre participation à la discussion est attendue, en toute fraternité ! Nous nous honorerons tout particulièrement de celle de tous les serviteurs de Dieu du forum !

Un large éventail de points a été sciemment évoqué, le sujet étant vaste. Veuillez bien intervenir sur le ou les points qui auront retenu votre attention.

Soyez richement bénis, en Jésus-Christ, notre Seigneur !

DINDE Fernand AGBO

Source : Regards croisés
 

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