mardi 6 mars 2012

QUEL RÔLE DE L'ECRIVAIN IVOIRIEN FACE AU POUVOIR ?

L’écrivain, c’est notre avis, doit pouvoir prendre position face à tous les problèmes d’intérêt national. Il a le devoir de s’exprimer clairement, en plus de ses créations littéraires, par des contributions, des conférences, des interviewes, pour donner son appréciation sur les grands sujets en vue d’éclairer l’opinion. En d’autres termes, il doit porter un regard critique sur la marche de la cité. Sans prendre forcément la carte d’un parti, il doit se donner le droit à la parole en prenant part à tous les débats politiques qui engagent le destin collectif. Dans la société française d’hier, et encore aujourd’hui, on attend des écrivains qu’ils prennent position chaque fois que se pose une question cruciale mettant en jeu la vie de la nation. On se souvient du rôle capital qu’a joué Emile Zola dans l’affaire Dreyfus.
Or, une telle option, surtout en Afrique, ne peut être sans risque. A un moment donné, l’écrivain se retrouve forcément  face au pouvoir. En position de conflit, en confrontation avec le régime au pouvoir. Si ce dernier ne le musèle pas en le jetant en prison, il lui oppose une censure. Wolé Soyinka a eu maille à partir avec presque tous les pouvoirs au Nigéria. En Guinée, Thierno Monenembo et Alioun Fantouré ont dû s’exiler pour échapper à la dictature de Sékou Touré. Bernard Dadié bien que membre du Pdci Rda de l’époque n’a jamais été tendre avec Houphouët-Boigny.
Lorsque l’on sait qu’en Afrique, les tenants du pouvoir se battent toujours pour leur maintien, l’écrivain, en raison de son pouvoir de mobilisation et de son prestige, passe pour être un adversaire redoutable voire un ennemi.
Certains princes, qui ont conscience du risque qu’ils courent en martyrisant leurs artistes, optent pour la ruse. Ils s’entourent d’écrivains et de penseurs et s’affichent comme des hommes de culture. Le plus souvent nos littérateurs se laissent, avec une certaine complaisance, entrainer. Il y eut des époques où chaque roi avait dans sa cour un poète, un philosophe. En Afrique, pour ne pas attirer leurs regards fouineurs, on les coopte simplement pour faire d’eux ministres ou  les intégrer dans les cabinets, ou bien les nommer à des postes juteux dans l’administration.
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Mais, faut-il pour ces raisons que l’écrivain se détourne de sa fonction sociale et regarde le pouvoir politique écraser le peuple ? Au nom de l’instinct de survie, le créateur  ivoirien doit-il se muer en zélateur et en adulateur pour jouir des largesses corruptrices du régime au pouvoir ?  La réponse est non. « La politique nous concerne tous, et nous serons des lâches si nous cédons à cette facilité : celle du détachement » écrivait François Mauriac pendant l’Occupation.
L’écrivain n’a pas le choix que de se mettre du côté du peuple opprimé. En Afrique, l’art pour l’art n’a pas de sens. Sans sacrifier la forme, qui est la substance vitale de l’œuvre d’art, l’écrivain africain a le devoir de se dresser contre l’oppression. Il doit éclairer le peuple en jetant la lumière sur les zones d’ombres de la gestion politique. Le pouvoir, même s’il est détenu par son parti ou par ses amis et parents, doit être considéré comme « un adversaire ». Je veux dire qu’il doit être un opposant dans l’âme. Il doit surveiller ce pouvoir, jouer un rôle de sentinelle en dénonçant les dérives. C’est sa mission, c’est sa vocation. Toute autre justification n’est que fuite, esquive et démission.
En Côte d’Ivoire, c’est ce rôle qu’ont joué Tiburce Koffi et Venance Konan, avec une outrance irrévérencieuse au moment où Laurent Gbagbo était président de la république. Au-delà des excès dont ils ont fait preuve, ils sont restés dans leur fonction qui est de dénoncer, qui est de servir de contre-pouvoir au régime qui tient les rênes du pouvoir. Aujourd’hui, le pouvoir qu’ils ont combattu a chuté. Un autre régime a pris place au palais. Faut-il pour autant se taire ? Tiburce Koffi est DG de l’ISAAC, Venance Konan est devenu DG de Fraternité-Matin. Vont-ils continuer à faire couler l’encre pour « ébranler » le pouvoir de leur bienfaiteur ? L’exercice semble périlleux…
Nommés à  des postes importants, la tentation d’être aphones ou flagorneurs du nouveau prince est grande chez nos écrivains. Tous les actes que pose le chef d’Etat arrachent aux plumes des écrivains proches du pouvoir des ovations nourries.  Voilà comment l’écrivain perd sa crédibilité. L’on répondra que les choses ont toujours été ainsi. Et ils ont raison. Mais justement c’est ce que nous sommes entrain de dénoncer. Quelque soit le pouvoir, l’écrivain doit garder son indépendance et tomber en transe chaque fois que la lumière de la vie est privée ou confisquée.
Est-ce la posture de nos démiurges aujourd’hui ? Pour le moment, leur silence devant le massacre des valeurs démocratiques et républicaines est simplement assourdissant.

Macaire Etty

Paru dans Le Filament N°19

Le 11 février 1990, Nelson Mandela a été libéré

C’est ce jour-là, le 11 février 1990, que Nelson Mandela a été libéré, et est sorti de prison.

En effet,  ce jour-là, le 11 février 1990, le plus célèbre prisonnier politique du XXème siècle, le futur président de l’ANC (Congrès national africain) et du pays, dont toute image avait été volontairement cachée par le régime de l’apartheid pendant 27 ans, a franchi les portes de la prison Victor Verster, près du Cap.
Ce jour-là, le 11 février 1990, est une journée historique dont le souvenir est ancré  dans la mémoire non seulement des Sud-Africains, mais de tous les Africains et de tous les êtres humains.
Le 11 février 1990, demeure et demeurera  une journée inscrite à jamais dans la mémoire collective de la nation arc-en-ciel et du monde enter.
Zenariah Barendse rappelle que, pendant les quelques semaines qui ont précédé ce jour de libération, «L’atmosphère bruissait de rumeurs, on ne parlait que de ça dans les réunions politiques comme dans les fêtes ». 
Chargé de couvrir l’événement pour l’agence Reuters, le photographe Graeme Williams se souvient, certes avec émotion, du matin du 11 février et raconte : «Nous sommes arrivés au lever du soleil. La foule était déjà compacte devant l’entrée du pénitencier. Il y avait des dizaines de photographes, mais aussi beaucoup d’ouvriers agricoles des environs, en habit de travail. Des policiers blancs formaient un cordon de sécurité, et trois hélicoptères tournaient en permanence au-dessus de nos têtes. Nous avions passé des heures à attendre sous le soleil. La tension était quasi insoutenable. Je devais à tout prix réussir cette photo. Une voiture est soudain apparue de l’autre côté de la grille, et Mandela en est sorti sous les éclairs des flashes. Enfin apparaissait cet homme qui, jusqu’alors, n’existait que dans nos têtes. Il a fait environ huit pas avant d’être poussé dans la voiture pour échapper à la foule ».
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Huit pas seulement pour Mandela, mais un bond aussi important pour l’Afrique du Sud que celui de Neil Amstrong sur la Lune quelques 20 ans plus tôt. Un moment historique, saisi dans une photo désormais mythique représentant cet homme de 71 ans, digne et droit, franchissant l’enceinte de la prison, sa main gauche dans celle de sa femme Winnie et son poing droit levé  en signe de victoire.

Le convoi prend ensuite la direction du Cap. Williams Graeme se trouvait dans le cortège raconte : «Le long des routes, sur les ponts, une foule immense réunissant des Blancs et des Noirs était venue le saluer ».
Quelques heures plus tard, Nelson Mandela prononçait son premier discours au balcon de l’Hôtel de Ville du Cap devant plus de 50.000 personnes dont Zenariah. Voici son témoignage : «Dès que la libération a été annoncée à la télévision, j’ai accouru vers l’Hôtel de Ville avec mon bébé de 4 mois dans les bras ».
Peter Prince, lui, a conduit 24 heures depuis la ville namibienne de Walvis Bay pour écouter la première allocution de Mandela : «L’ambiance était extraordinaire. J’avais l’impression de fêter le même jour mon anniversaire et mon mariage ! Même si Mandela n’était qu’une petite silhouette sur le podium, je pouvais sentir sa présence ».
Le photographe de l’agence Reuters se rendra ensuite sur la place de l’Hôtel de Ville, où  des troubles ont éclaté à quelques centaines de mètres du podium entre des militants de l’ANC et la police : « Cette violence était très choquante, après l’euphorie du matin, mais elle était le reflet des années tourmentées qui allaient suivre avant les premières élections démocratiques de 1994. Au début, nous pensions que dès que Mandela serait sorti de prison, tout irait bien. Mais, les choses se sont avérées bien plus compliquées ».
Vingt ans plus tard, Mandela a été élevé au rang d’icône nationale, et il a toujours été l’objet de nombreuses marques et célébrations…

Clémence Petit-Perrot 

lundi 5 mars 2012

Inspiration Blessée

De ma chambre me parle la nature
Dehors se lamente un vent grognon
Le soleil triste a fermé l’œil
Des nuages en tenues grises tels des veuves
S’entassent là-haut
Pleuvra-t-il ?

Le robinet du ciel est muet
Les herbes les têtes levées attendent
attendent...
que tombent les larmes célestes.

Ô Tristesse ! Ô stérilité
Ma plume a perdu sa verve
Une page blanche attend de moi
Le geste qui déflore !

Dans ma tête aucune lueur
Ma main frustrée tremble de peur
Où sont-ils passés tous ces mots frivoles
Qui me blessaient la tête
Qui me couraient après

Vide est ma mémoire
Je comprends les pleurs
De tous ces ventres inféconds. 

Macaire Etty


Paru dans le Filament N°19

Alassane Ouattara : Un ethnocentrisme qui n’a rien à envier au nazisme

Répondant aux griefs ethnocentriques reprochés à son régime, le président Alassane Ouattara a fait la déclaration suivante : « Il s’agit d’un simple rattrapage. Sous Gbagbo, les communautés du Nord, soit 40% de la population était exclue des postes de responsabilité… ». 

Sans entrer dans la véracité de ses propos, on ne peut pas s’empêcher d’avoir honte d’être le sujet d’un dirigeant aux propos aussi controversants. Ce Monsieur avait dit, dans les mêmes circonstances, que c’est parce qu’il est nordiste qu’on ne voulait pas qu’il soit candidat. Cela nous a coûté plus de 20 ans d’instabilité. Parce que les gens du nord se sont effectivement mis dans la tête qu’ils étaient exclus. Nous avions pensé à la boutade d’un homme aveuglé  par une ambition démesurée. Nous étions loin de croire que cela était l’expression d’un calcul minutieux pour l’application d’une politique ethniciste qui n’aura rien à envier au nazisme. 

L’idéologie nazie n’était rien d’autre que la promotion d’une race sur les autres. Ce que cette idéologie, tirée des tréfonds des théories sur la supériorité  de la race aryenne, a produit en Europe est encore vivace dans la mémoire collective de notre humanité. C’est pour tourner le dos définitivement aux affres de la barbarie hitlérienne qu’il est recommandé  de défendre, en priorité, les valeurs universelles d’humanité  avant celles très basses de la race et de l’ethnie. C’est au nom de ces valeurs qui révèlent la profondeur des grands hommes qu’on a combattu le colonialisme, le nazisme, l’apartheid et toutes les formes d’impérialisme. Et, c’est pour ne plus regarder dans le rétroviseur de notre bestialité que partout dans le monde, les organes de régulations de la presse traquent tous les propos à  caractère raciste et ethnocentrique.
Sans entrer dans la véracité de ce que Dramane Ouattara dit, et qu’aucun responsable politique n’a jamais dit en Cote d’Ivoire, je voudrais savoir de quel droit les gens du nord devraient représentés à plus de 40% dans l’administration d’un Etat qui compte 60 ethnies ? Où  serait aujourd’hui la Côte d’ivoire ou bien où allons-nous si chaque leader politique devrait faire du rééquilibrage ou du rattrapage en fonction de son ethnie ? Et puis, quand le premier responsable d’un Etat ouvre ainsi clairement le débat sur les clivages ethniques, peut-on encore reprocher à sa population de s’y engouffrer ?...
 
Joseph Marat
Source: topblogjosephmarat

La tête ne sert pas seulement à porter les cheveux, mais aussi et surtout à réfléchir…

Tout le monde le sait, le meeting du Front Populaire Ivoirien (FPI) qui a eu lieu, le samedi 21 janvier 2012, à la place Ficgayo, à Yopougon a été  perturbé et n’a pu aller à son terme. L’interruption brusque est le fait de violentes attaques perpétrées contre les militants du FPI qui entendaient marquer, en fanfare, leur retour dans la vie politique ivoirienne, en tant que leader de l'opposition.
En effet, la fête avait à peine commencé que des jets de pierres mêlés  à des gaz lacrymogènes sont venus perturber le meeting. Selon toute vraisemblance, il s’agissait précisément de gros cailloux lancés par de jeunes militants du RDR, le parti du président Alassane Ouattara, venus intimider ceux qui soutiennent Laurent Gbagbo. Ces agresseurs, des individus se réclamant d’Alassane Ouattara et du Rassemblement des républicains (RDR), sont parvenus à faire fuir la foule, affolée par ces pierres qui s'écrasaient jusque sur le podium.
Cette attaque qui a fait des morts et des blessés soulève une multitude de questions que beaucoup de personnes se posent. C’est pourquoi, comme à mon habitude, je vais me permettre de poser ces questions et dire ce que je pense.
La première interrogation porte sur l’opportunité et le bien-fondé de cette manifestation : sachant que le pays vit dans l’insécurité totale, vu que beaucoup de jeunes ont déjà été tués précédemment dans de telles manifestations, y compris dans le bouclier humain, était-il vraiment nécessaire et utile d’organiser ce meeting ?
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La deuxième interrogation porte sur les conditions d’organisation : étant donné que M. Ahmadou Soumahoro, secrétaire général du RDR, au lendemain du premier meeting du FPI à Koumassi le 4 septembre 2011, avait déclaré publiquement son désir d`empêcher par tous les moyens les meetings de l`opposition qu`il a qualifiés d`insurrectionnels et d`arrogants, étant donné que le RDR reproche au FPI d’avoir refusé de "saisir la main tendue par le pouvoir", étant donné que le ministre de l'Intérieur, M. Hamed Bakayoko n’avait donné son accord pour la tenue de ce meeting que, après plusieurs négociations et tergiversations, avait-on pris toutes les mesures et toutes les dispositions utiles pour parer à toutes éventualités, du moins pour ne pas tomber dans le piège du pouvoir ?
La troisième question concerne le cadre choisi pour ce meeting : Comment, pour une rencontre d’une telle envergure et d’un tel enjeu, s’est-on limité à un espace ouvert à tous les dangers, au lieu d’un stade ou autre terrain clôturé ? La place Ficgayo est un espace grandement ouvert où l’on célèbre généralement des funérailles et des bals populaires ; c’est un espace qui, au contraire d’un stade ou d’une salle de cinéma, n’offre aucune garantie de sécurité. A-t-on eu idée et conscience de livrer les militants et sympathisants du FPI, en bétail, pieds et poings liés, à la hargne et à la folie meurtrière des forcenés du RDR ? S’est-on imaginé un seul instant que le pire aurait pu survenir, comme par exemple l’élimination physique des dirigeants du FPI ? Et là, nous n’aurions eu que nos yeux pour pleurer.   Là -dessus, il faut saluer l’attitude responsable du PDCI qui, cette fois-ci, ne s’est pas allié au RDR dans cette manœuvre diabolique mettant en mal les principes démocratiques et confirmant, une fois de plus, la nature tyrannique du régime d’Alassane Ouattara. Cette attitude de retrait du PDCI montre-t-elle que les dirigeants de ce parti ont compris qu’il est irraisonné et dangereux d’accompagner le diable qui prend le parti de détruire nos propres parents et de brader nos ressources et la terre de nos ancêtres ?  Les dirigeants du PDCI ont-il enfin jeté le voile qui couvrait leurs yeux, en ce qui concerne les motifs et les mobiles  qui sous-tendent leur accointance avec le RDR, dans le cadre du RHDP mis en place par M. Alassane Ouattara pour parvenir à ses fins...
De tout ce qui précède, il ressort que, désormais, nous devons savoir raison garder, dépassionner le débat. Nous devons éviter les positions de courte vue. Nous devons nous comporter en êtres intelligents et pensants.  Nous devons éviter de traiter les militants en « bêtes à visage humain » et les mener à l'abattoir inutilement, je veux dire : pour rien. A quoi a servi et devait servir le meeting de Yopougon, très franchement? A-t-on imaginé ce qu’aurait pu arriver si les militants du FPI étaient déterminés et suffisamment armés  pour la riposte à cette agression?
Dieu nous a  donné  notre tête, pas seulement pour porter les cheveux, mais aussi pour réfléchir. Or, nous utilisons très peu notre tête pour cette deuxième fonction, hélas! C'est le malheur de l'Afrique. Comment organiser un meeting sur un terrain à ciel ouvert alors tout le monde sait qu'il y a l'insécurité? Comment les dirigeants du FPI peuvent-ils nous convaincre qu’on ne pouvait pas se passer de ce meeting? Et qu’avons-nous obtenu de ce meeting, si ce n’est des morts et des familles endeuillées, des handicapés à vie et que sais-je encore. C’est tout simplement malheureux !
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Avant d'accuser le RDR, accusons-nous nous-mêmes d'abord, ayons le courage de faire notre auto-critique et notre mea culpa, reconnaissons nos égarements et dérèglements de cette espèce, lesquels nous ont menés là où nous sommes aujourd'hui, y compris avec des milliers de morts, des leaders en exil et en prison, un régime anti-démocratique, etc.  C'est là  que je suis d'accord avec Mme Danièle Claverie : changeons de manière d'être et de faire la politique.
Quoiqu'il m’en coûte, c’est ce que je pense...

Léandre Sahiri

Paru dans Le Filament N°19

dimanche 4 mars 2012

Mettre un terme à la « solution »

« Que Monsieur ADO sache qu’on ne prend pas un peuple comme on va prendre une prostituée ». Venance Konan
 
Un nouvel Etat nazi est-il né ? Cette fois-ci, l’Europe est épargnée, car, c’est en Afrique que le nazisme hitlérien renaît de ses cendres. Le triste passé de notre humanité semble se conjuguer avec le présent.
En effet, Alassane Dramane Ouattara et ses rebelles, le sang des innocents ivoiriens versé, pour aucune cause valable fait craindre le pire. Le sol ivoirien a été  souillé depuis qu’il y a mis les pieds.
Si vous observez bien Ado et son régime et si votre regard est suffisamment critique, vous constaterez que nous avons à faire à un régime Nazi et non dictatorial (la différence est de taille !).

Un régime Nazi est né 

Voici les caractéristiques du nazisme : la hiérarchisation de la population, la catégorisation de la population, la détestation d’une partie de la population, la violence et les assassinats comme réponse politique. Il est aussi indispensable de savoir comment ils ont pris le pouvoir, quelles stratégies ils affectionnent, et quelles sont leurs méthodes de propagande.
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Hitler et les nazis étaient membres d'une société secrète qu'on peut qualifier de luciférienne, la Société de Thulé (qui se rattache à la "Fraternité de la mort", tout comme les Skull and Bones). Alassane Dramane Ouattara et ses proches collaborateurs sont eux aussi membres de la très sanguinaire loge maçonnique africaine.

Dans les régimes fascistes, le mensonge est érigé en méthode de gouvernement. Ecoutez Hitler et soyez attentif aux discours du président. Blanc bonnet, bonnet blanc. Un autre principe de la propagande fasciste du régime d’Ado est l'inversion de la réalité. Comme par exemple présenter la guerre de la France en Côte d’Ivoire comme « la libération du peuple ivoirien », ou bien affirmer que « la rébellion armée » conduite par Soro guillaume n’a commis aucune exaction. Tout cela fait partie de la stratégie qui consiste à organiser des crimes pour en accuser ses adversaires et justifier leur élimination. Comme par exemple les tueries de Duékoué en 2011 perpétré par les rebelles pro-Ouattara et attribuées à des « mercenaires » pro-Gbagbo.

Une autre caractéristique du fascisme et plus particulièrement du nazisme du régime d’Ado est la fanatisation de la population en attisant la haine contre les militants ou sympathisants du camp opposé dont les représentants sont devenus des boucs émissaires et la cible d'une violence encouragée et légitimée par le nouveau pouvoir. La haine en l’encontre de Laurent Gbagbo et les militants de LMP est depuis longtemps ce qui réunit le RHDP et les rebelles. Rappelons que pendant la crise post électorale, ce sont des cadres du RHDP qui encourageaient les rebelles-dozos à  aller jusqu'au bout dans la « solution… finale ». 

Ado fait régner une terreur sur les militants LMP pour les impressionner, les intimider et les éliminer. Il laisse donc prospérer sa Gestapo locale dite FRCI.
Dans cette Côte d’Ivoire de 2011, le nazisme d’Ado fait exécuter ou déporter ses opposants dans des camps de concentration de Korhogo, de Bouna, de Boundiali, etc., mène la persécution contre n’importe lequel des militants LMP. Ceux-ci sont presqu’exclus de la nouvelle société ivoirienne mise en place par Ado, avec le même modus opérandis, la même violence, les mêmes agissements, la même arrogance, et un tribalisme exacerbé.

Entre terrorisme, promptitude et amnésie.
Voici une cohorte de criminels de guerre jamais inquiétés, leurs crimes contre l’humanité  perpétrés au su et au vu de tous, une arrogance affichée, avec en clé, une  surprotection dont il bénéficie de la France et de l’ONUCI. Les crimes commis par Ado et ses rebelles depuis 2002 font de lui le chantre de l’horreur absolue, l’homme le plus monstrueux que l’Histoire de la Côte d’Ivoire ait connue...
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Aujourd’hui, au nom de quel principe la France fait-elle inculper Laurent Gbagbo et laisse Ado et ses rebelles sanguinaires ? A quoi rime ce théâtre où  seul, se joue une même rengaine, la symphonie de «la justice des vainqueurs»  ?
Avant que le pire n’émerge et rende nos discours, nos idées, nos réflexions dérisoires et caduques au profit d’un embrasement généralisé de la Côte d’Ivoire…, il conviendrait d’imposer à Ouattara, responsable de «  crimes de guerre», la condamnation claire et sans équivoque qu’il mérite. Ainsi, on pourra mettre un terme à la «Solution»  qu’il croit incarner.  

Nikitta Kadjoume

La politique et le savoir

Il est aujourd’hui triste, très triste, de constater et d’entendre dire, dans les milieux politiques, que le savoir n’est pas important. Les sociétés secrètes deviennent, de plus en plus, la nouvelle donne qui ouvre les portes du pouvoir, du bonheur et de l’existence elle-même. Des aspirants politiques, nés de la dernière lune, refusent, de la manière la plus paradoxale et en public, de reconnaître la place prépondérante qu’occupe ‘le sachant’ dans la vie d’une nation.

Que cache l’attitude de nombreux néo-politiciens qui sont réfractaires au savoir ? Et, en quoi une telle vision représente un danger ?

Qu’est-ce que le savoir ?

Le mot savoir provient du latin ‘sapere’, qui signifie : posséder de la saveur, goûter, connaître. Avec l’évolution du temps, le mot savoir, après avoir transité par une forme figurée, a pris le sens actuel et désigne un ensemble de connaissances ou d'aptitudes reproductibles et transmissibles, acquises par l'étude, l'observation, l'apprentissage et/ou par l'expérience. Le savoir désigne également l’état d’une personne qui, en quelque sorte, est « informée » ou qui a la « tête bien pleine » et la « tête bien faite ».

De même, le savoir se rend plus visible et pratique sous le nom de « savoir-faire », « savoir-vivre », etc. C’est en ce sens qu’on appelle « intellectuel » celui dont le savoir repose sur l'appropriation effective des connaissances ou la création de concepts, en parallèle avec le développement des savoirs des sciences et de la philosophie. Par ailleurs, la notion de «savoir être», utilisée notamment dans le champ de la formation des adultes, renvoie aux attitudes et comportements qu'un sujet met en œuvre pour s'adapter à un milieu.

Le savoir est une ressource indispensable et utile à tout être humain

Le savoir est une ressource de nature immatérielle indispensable à tout être humain et utile pour l'action, la performance, la réussite : « Savoir, c'est pouvoir ! ». C’est en cela que le savoir constitue une valeur ajoutée, en rapport avec l'expérience vécue, l’environnement, les intérêts et les besoins. Cette valeur ajoutée prend l'allure d'un bien et même d'un « bien social et économique », en plus de sa dimension psychologique.

L’acquisition du savoir suppose un processus continu d’apprentissage, d’études, d'assimilation et d'organisation des connaissances par soi-même ou dans les structures et des institutions mises en place par les communautés humaines, telles que la famille, l’école, etc.

Dans ces structures et institutions, l'éducation a pour mission d'aider à l'acquisition et à l'appropriation du savoir, à la socialisation de l’individu ; l'enseignement a pour but de compléter l'acquisition de connaissances et le savoir-faire, pendant que la formation professionnelle est chargée de la transmission des savoirs professionnels. Quant à la pédagogie, elle élabore les conditions de cette transmission.

Selon les époques et les cultures, la conservation du savoir et la transmission des connaissances s'appuient sur la communication orale et l'expression écrite. Des « entrepôts du savoir » sont créés et entretenus comme mémoire collective. Ce sont : les « forêts sacrées », les temples, les sanctuaires, les bibliothèques, les centres de documentation, etc.

Le savoir et la politique

Dans l’ancienne Grèce et chez les Romains par exemple, ne faisait pas de la politique qui voulait.

Certes, l’âge était pour beaucoup dans la sélection des représentants de la nation ; mais, le savoir occupait une place si importante qu’il n’était pas permis à tous les hommes, même d’un âge avancé, de faire de la politique sans un minimum de savoir. Cela veut dire qu’on pouvait être d’un certain âge, respectable, sans toutefois prétendre à un poste politique, si le minimum de connaissances (littéraires, guerrières, historiques, scientifiques et autres) n’était pas acquis.

Cette vision qui demande au dirigeant le minimum de savoir devrait être en vigueur en Afrique et sur d’autres continents du tiers-monde.

Malheureusement, alors que le savoir occupe une place prépondérante pour faire de la politique, beaucoup d’Africains refusent d’apprendre. Ils arguent que l’on n’a pas besoin d’être bardé de connaissances, ni de diplômes, pour diriger une nation ou une grande compagnie, etc. Ainsi, la nouvelle classe des politiques africains regorge de gens qui rejettent systématiquement le savoir ou refusent d’étudier, mais qui ont recours au fétichisme, aux sociétés secrètes et/ou aux armes pour arriver au pouvoir.

En Côte d’Ivoire, avec le canon à la main comme dans un film ‘Western’, Soro Guillaume est devenu Premier Ministre, sans avoir terminé ses études et sans avoir auparavant exercé une quelconque fonction. Ailleurs, Joseph Kabila est devenu le chef d’Etat en utilisant les mêmes méthodes et en s’attachant les amitiés des francs-maçons, des rosicruciens et autres sociétés secrètes qui détruisent l’Afrique pour le compte de l’Occident. Aux Etats-Unis, M. George W. Bush est devenu président de la république avec les connections de son père qui fut, lui-même, président.

Cependant, il est à noter que tous ces parvenus n’ont pas changé leur histoire personnelle, ni celle des nations qu’ils dirigent ou ont dirigée. Entre autres, M. George W. Bush qui, comme on le sait, fut traité pour alcoolisme et pour autre comportement antisocial, fut un piètre président...

Toute personne qui ne respecte pas le savoir et qui contraint les masses à se détourner du savoir, est un ennemi de la liberté individuelle et publique.

Il est temps, vraiment temps que les politiques, et singulièrement les politiques africains, cessent d’endormir les masses. Il faut qu’ils encouragent les jeunes (et même les vieux qui le désirent encore), à aller à l’école, à apprendre, à accéder aux structures indiquées pour l'acquisition et l'appropriation du savoir. C’est en procédant ainsi que les Africains réussiront à réduire et à éradiquer l’ignorance, la misère et les souffrances et sortiront de l’état dans lequel ils sont maintenus depuis des siècles par l’Occident.

Voilà pourquoi nous estimons que M. Alassane Ouattara qui a fermé les universités en Côte d’ivoire est le premier ennemi de notre pays. Avec les armes, les occidentaux et leurs alliés kidnappent, tuent, violent des Africains et exploitent les richesses de l’Afrique sans souci et sans vergogne. Dans ces conditions, pour les Africains qui sont militairement faibles, le savoir constitue la meilleure arme de défense. Formons-nous en ayant en tête l’indépendance de l’Afrique. Sans information, sans formation, sans culture politique, sans échanges, l’Africain sera annihilé par les forces brutales qui ne connaissent ni loi, ni humanisme. Il ne faut pas perdre de vue que les lois des Occidentaux changent selon leurs intérêts du moment et selon la couleur de la personne qui discute avec eux. Retenons cela et formons-nous dans ce sens, si nous tenons à vivre et à nous libérer du joug de l’occident et de certains Africains qui sont les pires ennemis de l’Afrique.

Accéder au savoir pour constituer une force de libération pour l’Afrique

C’est grâce au savoir que l’occident se positionne en norme universelle. Combien de fois n’avons-nous pas été amenés à haïr nos cultures au profit de celles venues du Nord ?...

Il faut que nous nous réveillions. Il faut que chacun de nous joue son rôle. Que chacun, chaque soir, fasse le bilan des pas posés pour libérer l’Afrique. Que chaque africain œuvre à réduire les heurts entre nous, à annihiler les conflits qui constituent une véritable plaie et la fissure par laquelle l’Occident infiltre nos rangs facilement pour nous détruire.

Le savoir est un outil. Instruisons-nous pour nous approprier cet outil pour libérer l’Afrique.

Le savoir est une arme, profitons-en. Ceci est tellement vrai que Bergson dit du savoir : « Savoir, c’est prévoir pour agir »1.

Le savoir donne également une satisfaction personnelle et permet à celui qui le possède de devenir l’éclaireur qui sort son peuple des pénombres de l’ignorance qui l’exposait à tout danger.

Le savoir est une force, instruisons-nous pour ne pas demeurer à vie nos propres « égorgeurs »2 et de mauvais enfants pour l’Afrique.

Sylvain De Bogou

Paru dans Le Filament N°19
 

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